www.genethique.org 

Revue de presse du 06/06/2002
Revue précédente

Article suivant

Le statut juridique de l'embryon en jeu

Le 29 juin 2001, suite à un accident de la route dont avait été victime une jeune femme enceinte de 6 mois, la Cour de cassation avait refusé la reconnaissance d’un homicide involontaire sur foetus (arrêt Grosmangin) (cf. revue de presse du 29/06/01). 
Aujourd'hui, la chambre criminelle de la Cour de cassation examine un autre cas d’homicide involontaire sur foetus en assemblée plénière. En novembre 2001, une femme perdait son enfant in utero en salle de travail (cf. revue de presse du 12/02/02) à la suite de fautes médicales. En janvier 2000, la Cour d'appel de Versailles condamnait la sage femme pour "négligences et imprudences" et le gynécologue obstétricien pour son défaut de surveillance (seul le médecin a fait ensuite un recours en cassation). Les magistrats de la Cour d'appel ont reconnu l'homicide involontaire sur foetus et ont précisé que "si les fautes n'avaient pas été commises, il  [l'enfant] aurait eu la capacité de survivre par lui-même, disposant ainsi d'une humanité distincte de celle de sa mère". 
En juin dernier (arrêt Grosmangin), la Haute Cour statuait que "seul l'enfant né vivant et viable peut disposer d'un régime juridique propre" brisant ainsi une jurisprudence séculaire qui avait toujours protégé le foetus dans ce type d'accidents (depuis l'arrêt de la Cour d'appel de Douai, 1882, condamnant une sage femme qui avait causé la mort d'un enfant in utero en procédant à l'accouchement). Aujourd'hui, l'avocat général, Dominique Commaret, propose de modifier cette nouvelle jurisprudence de la Cour. Pour elle, l'enfant à naître doit être assimilé à un nouveau né et doit donc pouvoir bénéficier d'une protection pénale. La démonstration de l'avocat général a été à la fois très humaine et très juridique mettant la Cour de cassation devant ses contradictions quant aux arrêts qu'elle avait déjà rendus.
L'avocat de la jeune femme ayant perdu l'enfant, Me Françoise Thouin-Palat, plaidera en faveur d'une "protection de la vie dès son commencement". Sinon, comment expliquer à la mère qu'elle n'a rien perdu en perdant son enfant ? 
Pour nombre de juristes la décision de la Cour de cassation, si elle refuse aujourd'hui de reconnaître l'homicide involontaire sur foetus, s'expliquerait par la crainte de soulever des contradictions dans le droit français en ce qui concerne l'IVG, la procréation médicalement assistée et les recherches scientifiques sur l'embryon. 

Le Figaro (Marie-Amélie Lombard) 06/06/02

 

Revue de presse du 06/06/2002
Revue précédente

Article suivant

Bernard Debré sur l'euthanasie

Bernard Debré, ancien ministre, se livre dans les colonnes du quotidien Libération à une critique sévère de l'euthanasie.
" Cette loi sur l'euthanasie active est indigne du monde dans lequel nous vivons. Elle traduit essentiellement le rejet de la différence par ceux qui font la loi, elle ouvre la voie à une méta-humanité matérialiste et desséchée " qui " déshumanise dès la conception jusqu'à la mort ". 
De la conception on est "en train de fabriquer des bébés parfaits, sans tare, des bébé choisis " à la mort avec "notre "gomme" qui permettra d'effacer ceux qui encombrent ". 

Libération 06/06/02

 

Revue de presse du 06/06/2002
Article précédent

Revue suivante

La science, nouveau rempart contre le clonage ?

Dans le journal l’Express, Jacques Attali dénonce l’incapacité de la communauté internationale à s’opposer au clonage humain.
Aujourd’hui, le clonage des animaux connaît des taux d’échecs très importants et conduit à de nombreuses malformations. Malgré cela, rien ou presque n’est fait au niveau des instances internationales pour interdire le clonage humain.
C’est pourquoi, Jacques Attali suggère que la science vienne au secours de la science, non pas en constituant une menace pour son intégrité comme cela est le cas avec le clonage mais au contraire en la défendant. Ne pourrait-on pas imaginer alors de mettre en place un mécanisme génétique permettant à chacun de protéger son unicité, de telle façon que toute tentative de le cloner échouerait ?

L’Express 06/06/02

 

Retour accueil revue de presse