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Le
professeur Jacques Milliez, chef du service de gynécologie obstétrique
de l'hôpital Saint-Antoine à Paris et membre du Comité d'éthique
de la Fédération internationale de gynécologie obstétrique,
explique pourquoi il ne partage pas l'avis du CCNE sur l'extension du
DPI à la création de "bébés-médicaments".
Pour Jacques Milliez, les conclusions de cet avis lui "paraissent
floues" et semblent "avoir omis d'explorer toutes les
conséquences de l'extension du diagnostic préimplantatoire".
Car en ouvrant la possibilité de repérer parmi les embryons issus
d'une fécondation in vitro ceux dont les groupes tissulaires sont
compatibles avec ceux d'un(e) aîné(e), "on procède à un
tri qui, pour moi, ouvre la voie à une dérive eugénique"
commente Jacques Milliez.
Le
professeur souligne que dans la loi du 4 mars 2002 relative aux
droits des malades, il est stipulé que « nul ne peut faire
l'objet de discriminations en raison de ses caractéristiques génétiques
». « nul » concerne-t-il l'embryon ?
Aux
Etats-Unis et en Grande Bretagne, où le DPI étendu aux
"bébés- médicaments" est autorisé, Jacques Milliez
rappelle qu'au début du XXème siècle, c'est en Californie qu'ont eu
lieu les premières pratiques eugénistes : "on y procédait
à la stérilisation des « incapables ». Aujourd'hui, aux États-Unis
comme au Canada, on autorise la sélection des embryons en fonction de
prédispositions au diabète, à l'hypertension artérielle ou au
cancer du sein". C'est pourquoi Jacques Milliez prévient
"de concession en concession, on en arrive à la
transgression. La prochaine étape, au nom de la compassion pour la détresse
des parents, peut être d'accepter le clonage". C'est à dire
accepter qu'un être humain soit issu d'une reproduction non sexuée.
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