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Le
Dr Antinori vient de démentir avoir obtenu une première grossesse
par clonage humain, propos qui avait été publié le 12 juillet dans
le journal Libération (cf revue de presse du
vendredi 12/07/02). Il a probablement pris conscience d'avoir
réalisé un délit. En effet, l'Italie est en train de se doter d'une
législation interdisant le clonage humain. Elle prévoit une peine de
10 à 20 ans de prison, une lourde amende et la radiation de l'ordre
des médecins. Déjà adopté par la Chambre des députés, ce projet
sera discuté au Sénat cette semaine.
Dans son démenti, Séverino Antinori affirme "qu'il
n'a jamais parlé de clonage qui est un terme cinématographique et
pas scientifique mais qu'il a seulement commenté certains aspects de
la reprogrammation génétique cellulaire, recherche dans laquelle il
est actuellement impliqué (...) avec une attention particulière pour
la production de cellules souches comme source pour réparer des
cellules cardiaques, nerveuses, hépatiques et embryonnaires, en particulier
dans les cas graves de stérilité masculine".
Revenant sur ces propos, le généticien Axel Kahn s'insurge contre
l'argument de la stérilité : "Permettre à un couple de
fabriquer et d'adopter le jumeau d'un des deux conjoints, en l'occurrence
le père, ce n'est pas une thérapeutique de la stérilité"
souligne t-il. Il rappelle que les partisans du clonage thérapeutique
emploient des périphrases du type "isolement de cellules
souches embryonnaires à partir d'embryons obtenus par transfert
somatique de noyau" pour mieux faire accepter leurs travaux,
mais qu'il s'agit en fait bien de clonage. Axel Kahn rappelle
qu'à ses yeux le clonage est une technique précieuse pour comprendre
les mécanismes de la différenciation cellulaire. D'un point de vue scientifique et éthique, rien ne s'oppose à ces
expériences sur les mammifères, excepté sur l'être humain. Seules des considérations
financières peuvent expliquer que ces expériences soient menées sur
l'homme : cela coûte moins cher que sur d'autres types de
mammifères. De plus cela pourrait rapporter gros en cas de clonage
reproductif...
Quant au Conseil présidentiel américain sur la bioéthique,
il s'est prononcé jeudi contre le clonage reproductif "premier
pas vers le contrôle génétique de la génération future".
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