www.genethique.org

 

La revue de presse du mercredi 10 juillet 2002
Revue de presse du 10/07/2002
Revue précédente

Article suivant

CCNE : "Réflexions sur l'extension du DPI"

Après plus d'un an de débat, le CCNE  a rendu hier un avis sur l'extension du DPI à des enfants atteints de gaves maladies génétiques (cf notre revue de presse du  mardi 09/07/02).Par cet avis, il souligne qu'il n'a pas souhaité "ériger une doctrine censurante ou permissive" mais "faire prendre conscience de la gravité des enjeux".
Le DPI est autorisé en France depuis la loi du 29 juillet 1994, mais il est limité aux couples qui ont "une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d'une maladie génétique d'une particulière gravité". Le débat avait été lancé après l'histoire en l'an 2000 de la petite Molly, atteinte d'une affection du sang et qui avait pu être sauvé après une greffe de cellules provenant du cordon ombilical de son petit frère Adam, né après DPI pour
sa compatibilité immunologique avec sa soeur. Ce cas a donné des idées en France à des parents d'enfants atteints de ce type de maladie. Ainsi Sylvie et Pierre, parent d'un petit Aurélien de 4 ans qui souffre de la même maladie que Molly et qui espèrent sauver leur fils grâce à la naissance d'un frère ou d'une soeur "compatible" : "si je n'essaie pas, j'aurai l'impression de n'avoir rien fait pour Aurélien" souligne Sylvie qui affirme cependant comprendre le débat éthique qui s'instaure autour de cette question.
Le CCNE affirme ainsi qu'"il est compréhensible que les parents en détresse et l'équipe médicale, confrontée à la maladie grave et mortelle d'un enfant souhaitent mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour le traiter", mais il recommande que "les praticiens donnent une information claire et précise aux parents sur les avantages et les inconvénients d'une telle recherche de compatibilité". Rappelons que le taux de réussite des fécondations in vitro ne dépasse pas 20% et qu'il est possible qu'aucun des embryons obtenus ne soit compatible avec l'enfant malade. Qu'advient -il alors des embryons ainsi obtenus? "Cette question a divisé le Comité" reconnaît le professeur Sicard.
Pour le professeur Axel Kahn "ce débat doit prendre en compte les 4 protagonistes concernés", c'est à dire l'enfant malade "qui est en droit de demander à la société de bénéficier des moyens licites pour surmonter sa maladie", les parents "dont c'est le devoir de demander que leur enfant guérisse", le médecin "qui ne peut pas faire comme si la possibilité de guérison n'existait pas, mais qui a une responsabilité fondamentale envers l'enfant à naître" et enfin et surtout cet enfant à naître "dont le droit absolu est d'être le sujet de sa propre vie".
(NDLR : Il serait juste d'évoquer également les 5èmes protagonistes : les embryons produits mais pas compatibles qui sont voués à la destruction ou à la congélation, car c'est surtout sur eux que repose le problème éthique)
Pour conclure, le Comité souligne qu"il n'est pas question d'interpréter cet avis comme une autorisation donnée à des équipes médicales de pratiquer ce type de procédure." Et pourtant le Monde titre " Le Comité d'éthique entrouvre la porte aux "bébés-médicaments".
Pour compléter cet article, lire en ligne
l'avis n°72 Réflexions sur l’extension du diagnostic pré-implantatoire
le dossier diagnostic pré-implantatoire

Le Monde (Sandrine Blanchard) 10/07/02 - Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 11/07/02 - Le Point n°1556 - Gènéthique 12/07/02 

 

Revue de presse du 10/07/2002
Article précédent

Article suivant

Clonage : les raéliens relancent le débat

Les responsables de la secte raélienne ont annoncé qu'ils montreraient les premières images de la création d'embryons humains par clonage dans le cadre d'une manifestation scientifique organisée du 10 au 12 juillet à Tokyo.
A la suite de l'annonce en février 1997 de la création par clonage de la brebis Dolly, les responsables de la secte avaient annoncé leur intention d'appliquer cette technique à l'homme à des fins de reproduction. Dans un premier temps, ils avaient envisagé de "recréer" un enfant décédé à l'âge de 10 mois mais les parents avaient finalement abandonné leur projet. Par la suite, la société Clonaid avait envisagé de cloner un homme de 59 ans atteint d'une maladie incurable et qui devait léguer sa fortune à la femme qui aurait offert ses ovocytes pour réaliser son projet.
Rappelons que le principe du clonage est le même que celui mis en oeuvre pour créer des animaux qui jusqu'alors présentent des taux élevés d'anomalies et de mortalité précoce. Cette technique de clonage reproductif est aujourd'hui condamnée par la quasi totalité des structures nationales et internationales. Mais peu de pays disposent effectivement de textes législatifs l'interdisant et le sanctionnant.
Par ailleurs, l'équipe du professeur Antinori a annoncé au mois de mai dernier (cf notre revue de presse du 27/05/02) que trois femmes seraient aujourd'hui enceintes d'embryons conçus selon cette technique.

Le Monde (Jean-Yves Nau) 10/07/02

 

Revue de presse du 10/07/2002
Article précédent

Revue suivante

Qui sont les parents des jumelles?

La naissance en Grande Bretagne de jumelles noires portées par une mère blanche à la suite d'une confusion lors d'une fécondation in vitro, soulève le problème de savoir qui sont les vrais parents des jumelles et à qui revient la garde des enfants. L'affaire sera portée devant la Haute Cour en octobre. La loi britannique qui date de 1990 est formelle : la mère qui a porté l'enfant a le droit de le garder. Mais cette loi s'applique t-elle à ce cas?
Selon la loi, la mère porteuse est bien la mère légale des deux enfants mais le père biologique peut très bien réclamer leur garde. Lors d'un cas similaire aux Etats-Unis, la mère qui avait donné naissance au bébé d'un autre couple avait du rendre l'enfant à ses parents biologiques. En revanche, aux Pays Bas, un couple blanc qui avait donné naissance à des jumelles noires après une confusion de sperme avait gardé les enfants.
La justice a été saisie de cette affaire non pas par les parents mais par la clinique, suivie de près par la Haute Autorité en charge de la fécondation assistée et de l'embryologie afin de préciser le statut des parents et de déterminer l'intérêt des enfants (cf. revues de presse du 09/07/02).

TF1.fr 10/07/02 - Courrier International (The Sun, The Daily Telegraph, The Guardian, The Independant) 10/07/02 - Le Monde 11/07/02 - Le Figaro (Jacques Duplouich) 11/07/02

 

Retour accueil revue de presse