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L'Association
française contre les myopathies a organisé jeudi dernier un débat
sur le thème "Cellules souches et clonage thérapeutique :
les experts face aux malades". Le but était de confronter
des experts en matière de thérapie cellulaire à un panel de 12
personnes issues d'associations de malades. La thérapie cellulaire qui
vise à remplacer les cellules lésées des malades par des cellules
saines suscite effectivement de nombreux débats éthiques.
Les associations de malades, après 2 jours de formation
organisée par l'AFM, ont pu poser tout au long de
la journée des questions aux chercheurs sur les avancées des
recherches en cours.
Les scientifiques présents étaient : A. Kahn, L. Degos, J-P
Renard, M. Peschanski et A. Fischer. Chacun d'entre eux était
favorable à la recherche sur l'embryon et certains parmi eux
favorables au clonage thérapeutique. La recherche sur les cellules
souches adultes a été évoquée mais peu approfondie et ce, malgré
la parution récente d'un article retentissant dans Nature décrivant
l'incroyable plasticité de ces cellules (cf. revue
de presse du 24/06/02). Par ailleurs, le professeur
Marc Peschanski a posé les termes d'un vrai débat : jusqu'où peut
aller la science? Même s'il reconnaît que la
recherche doit être encadrée, il estime que le scientifique doit
pouvoir bénéficier d'une liberté totale afin d'aller jusqu'au bout
de ses recherches.
Face à ces experts, il y avait donc les 12 personnes du panel.
Pour ces patients confrontés quotidiennement à la maladie, la
thérapie cellulaire marque effectivement l'avènement d'une médecine
régénératrice. Une question se pose alors : est-il légitime
d'organiser un débat avec un groupe concerné par la maladie, pour
juger de l'éthique médicale? Les personnes malades ou les parents
d'enfants handicapés veulent nécessairement tout mettre en oeuvre
pour obtenir la guérison. Mais, n'est ce pas là, les mettre devant
un choix impossible : celui de devoir trancher entre une guérison à
tout prix qui entraîne la transgression de principes éthiques
(l'embryon n'est pas un matériau de recherche) et la renonciation à
la guérison?
Notons qu'entre les experts et les malades dont les objectifs
convergent, il n'y avait personne pour prendre la défense de
l'embryon. Le Père Vespieren qui était attendu s'est en effet
excusé. Un médecin catholique a fait entendre la voix de l'embryon,
seule intervention en ce sens au cours de la journée.
Le panel va maintenant rédiger des propositions
pour traduire ses attentes face à ces recherches. Celles-ci seront
rendues publiques en septembre et proposées à l'Assemblée nationale
avant la
reprise du débat sur le projet de loi bioéthique. Il faut souligner
cependant que plusieurs associations de parents d'enfants malades ou
handicapés, qui refusent d'utiliser l'embryon comme outil de
guérison n'ont pas
été retenues pour faire partie de ce panel.
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