Revue de presse du 31/01/2002
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Va t-on stocker du sang de cordon ombilical ?

Des sociétés américaines multiplient les pressions publicitaires sur les futurs parents pour tenter de les convaincre de congeler le sang placentaire de leur nouveau né. Ainsi voit-on fleurir des slogans publicitaires du type « il s’agit de l’une des plus importantes décisions pour votre bébé et l’avenir de votre famille ». Après la découverte du potentiel thérapeutique des cellules souches et leur probable présence dans le cordon, une dizaine d’entreprises américaines privées se sont donc lancées sur le marché et des filiales commencent à se développer en Europe.
Les tarifs pratiqués à l’heure actuelle ne paraissent pas prohibitifs : de 275 à 1500 dollars (320 à 1750 euros) pour la collecte et la congélation et de 50 à 100 dollars (58 à 116 euros) par an pour le stockage. L’exploitation de cette technique pourrait rapporter jusqu’à 500 millions de dollars par an aux Etats-Unis. Les entreprises concernées se lancent dans de vastes campagnes de communication pour faire de  la congélation du sang de cordon un marché de masse.
Les médecins et chercheurs dénoncent quant à eux l’exploitation abusive de ces pratiques et rappellent que les perspectives thérapeutiques sont encore incertaines. Le professeur Eliane Gluckman, spécialiste d’hématologie cancérologique à St Louis  estime « que les objectifs de marketing rapide[ de ces sociétés] ne correspondent nullement à ce qu’il conviendrait scientifiquement de faire dans ce domaine ».
A l’heure actuelle, les recherches au niveau du sang du cordon ombilical ont permis d’établir formellement la présence de cellules souches capables de donner naissance aux différentes lignées sanguines. La présence de cellules souches totipotentes dans le cordon bouleverserait les perspectives thérapeutiques et ce, sans considérations éthiques.

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Monde (Eric Leser - Jean-Yves Nau) 31/01/02

 

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L'Allemagne et les cellules souches embryonnaires

Les députés allemands ont opté pour un vote de compromis à 340 voix sur 617 exprimées. Tout en maintenant le "principe sacré" en Allemagne de "l'interdiction de tuer les embryons pour la recherche", les députés ont voté l'autorisation d'importer des cellules souches embryonnaires telles qu'il en existe aujourd'hui aux Etats-Unis, en Suède, en Inde et en Australie à condition qu'elles aient été produites avant ce vote. Pour le chancelier Gerhard Schröder, partisan de ce compromis, il fallait " rendre possible dans les laboratoires allemands des recherches qui sont déjà permises aux Etats-Unis, en Israël, en Australie et dans de plus en plus de pays européens ". En désaccord, le député social démocrate Wolfgang Wodarg estime que " beaucoup de gens qui ne se sentent pas représentés dans leur pays comptent sur l'Allemagne comme une référence en Europe ". " Les allemands ne veulent pas se salir les mains, tout en profitant des recherches effectuées ailleurs " regrette-t-il. 

 

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Libération (Lorraine Millot) 31/01/02 - Le Temps (François Modoux) 31/01/02

 

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Un mini rein produit par clonage

La société Advanced Cell Technology (ACT) a annoncé dans le journal le Times avoir obtenu un mini-rein de vache fonctionnel, à partir de cellules souches issues d’un embryon obtenu lui même par clonage. D’après les maigres informations disponibles, les chercheurs auraient prélevé une cellule sur une oreille de vache avant d’introduire le noyau de cette cellule dans un ovule vidé de ses propres chromosomes. Après une décharge électrique, ils ont alors obtenu le développement d’un embryon dont ils ont réussi à isoler des cellules rénales primitives. A l’aide d’un cocktail chimique, ces cellules se sont divisées pour donner naissance à de vraies cellules rénales, cultivées sur un support approprié. Le mini-rein ainsi formé a été réimplanté chez la vache qui aurait supporté le bout d’organe greffé près de ses propres reins. Robert Lanza, vice-président d’ACT aurait même affirmé « nous pouvons clairement dire que ces reins ont produit de l’urine ».
De nouveau, ACT a communiqué par voie de presse sans avoir soumis ses résultats à l’examen d’un comité de lecture scientifique ce qui laisse supposer qu’elle ait voulu une nouvelle fois faire un coup médiatique. « Je demande à voir » a commenté Marc Peschanski, qui a travaillé sur des greffes de neurones pour les maladies de Parkinson.
La société ACT semble multiplier les expériences de clonage pour faire pression sur le Congrès américain qui doit se prononcer dans les prochains mois sur l’autorisation de production d’embryons dans un but thérapeutique.

 

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Le Figaro (Fabrice Nodé-Langlois) 31/01/02 - Le Quotidien du Médecin 04/02/01

 

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Jurisprudence Perruche : le Sénat débat, les praticiens font grève

Les sénateurs sont toujours en discussion sur les nouvelles dispositions concernant l’indemnisation des handicaps congénitaux prévue par le projet de loi sur les droits des malades.
La commission des affaires sociales a repris l'amendement de Madame Michelle Demessine, sénateur PC du Nord, selon lequel " les parents peuvent demander une indemnité au titre de leur seul préjudice " ; " ce préjudice ne saurait inclure les charges particulières découlant, tout au long de la vie de l'enfant, de ce handicap dont la compensation est  assumée par la solidarité nationale ". Ce texte, soutenu par Nicolas About, président de la Commission des affaires sociales,
rassure les professionnels de santé et satisfait également une partie des associations de défense des personnes handicapées. Pour elles, c'est à la solidarité nationale de prendre en charge le handicap quelle que soit son origine.
Mais pour la commission des lois du Sénat cette version  " réduit considérablement la responsabilité médicale ".  Le Sénat devra trancher cet après midi. 
Du côté des praticiens, la fédération des médecins de la naissance lance la menace d'un " arrêt total du suivi des grossesses et des accouchements à partir du 1er mars ". Michael Serfaty, gynécologue-obstétricien depuis 13 ans, a décidé de " ne plus mettre d'enfants au monde " quand il a reçu le nouveau montant de sa prime d'assurance en responsabilité civile professionnelle de 9000 euros au lieu de 4420 euros l'année dernière. Il explique : " ce n'est plus un métier heureux " car " on nous demande d'être infaillibles alors qu'on est épuisés " car " le risque juridique est devenu une épée de Damoclès constante ".

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Le Figaro (Laurence de Charette) 31/12/01 - Le Monde (Sandrine Blanchard) 31/01/02 - Genethique.org

 

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Réactions après la révision des lois de bioéthique

Alors que l’Assemblée Nationale a adopté en première lecture le projet de loi relatif à la bioéthique, l’hebdomadaire Famille Chrétienne nous livre les réactions du Père Patrick Verspieren, directeur du département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres, ainsi que celles de Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune.
Pour le Père Verspieren, les députés en adoptant le projet de loi ont « accepté que l’embryon humain soit traité comme un objet ». Il souligne que  « la réification de l’embryon humain, dont les capacités ne sont pas encore apparues ne peut qu’affaiblir l’obligation du respect de l’homme qui a perdu ces mêmes capacités. » Revenant sur la question du clonage thérapeutique, il souligne que son intérêt est aujourd’hui contesté par certains scientifiques. Argumentant contre le clonage reproductif, il estime « qu’il représenterait une prise de pouvoir sur l’enfant clone, bouleverserait l’ordre des générations et changerait radicalement le sens de la procréation ». Le Père Verspieren dénonce l’attitude des hommes politiques qui évitent à ses yeux de se prononcer sur ce sujet et de prendre de véritables positions juridiques. Enfin, revenant sur la création de l’Agence de la procréation et de l’embryologie, il craint qu’elle soit non seulement un moyen de masquer l’importance des décisions prises mais également un moyen pour le Parlement de se défausser de ses responsabilités.

Quant à Jean-Marie Le Méné, il souligne que sous ses aspects apparemment rassurants ce projet de loi masque en réalité l’explosion des derniers verrous de l’éthique et un mépris de l’embryon. Revenant sur l’interdiction du clonage thérapeutique, il dénonce que celui ci soit motivé par des incertitudes techniques et non par le respect de l’embryon. Par conséquent, il craint une autorisation prochaine du clonage thérapeutique et de fait du clonage reproductif. La recherche sur l ‘embryon est selon lui la décision la plus grave. En effet, au delà de l'autorisation donné à la recherche sur les embryons surnuméraires, le projet de loi stipule que la création d’embryons pour la recherche sera autorisée pour évaluer de nouvelles techniques de procréation médicalement assistée. De nouveau, cette faille laisse la porte ouverte au clonage qui sera le recours en cas d’insuffisance des techniques autorisées.

Enfin il souligne qu’avec la  création de Agence de la procréation et de l’embryologie, l’évolution de la bioéthique sera désormais confiée « à un petit groupe d’experts bien pensants » et du coup sera soustraite au débat.

 

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Famille Chrétienne (Maryvonne Gasse) 02 au 08/02/01