Revue de presse du 29/01/2002
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La " dérive " bioéthique 

Le philosophe Christian Godin analyse le sens dans lequel s'engage les révisions des lois de bioéthique. S'il note l'embarras des médecins, des politiques, de l'opinion publique, il remarque que ce sont les laboratoires et entreprises de biotechnologies qui assurent que " toute loi d'encadrement est un obstacle à contourner ". Le philosophe doute que les interdictions d'aujourd'hui soient intemporelles car " tout en affirmant solennellement un interdit (sur le clonage), on a autorisé dans le même temps ce qui avait été interdit avec non moins de solennité il y a huit ans (la recherche sur l'embryon)". Sur la voie qui autoriserait le clonage thérapeutique, il constate que les mots sont déjà manipulés à l'exemple de la démonstration d'Henri Atlan qui " propose de remplacer les termes de " clonage thérapeutique " par ceux de "transfert de noyau somatique" "(cf. revue de presse du 18/01/02 ). Il est dangereux, note C.Godin, que " ce qui devrait être pensé universellement et définitivement, parce que pensé en fonction de principes, se trouve pensé localement et provisoirement, parce que pensé en fonction d'intérêts". 
Christian Godin rappelle que " le respect de la personne humaine est un absolu moral, ce n'est pas un concept biologique ". Il s'inquiète du devenir des quelques 100 000 embryons surnuméraires, " comment ne pas penser déjà, devant l'énormité du chiffre, à la production industrielle, à l'armée de réserve ? ".  " Les recherches sur l'embryon ne sont pas des recherches pour l'embryon mais des recherches pour ceux qui en bénéficieront. L'embryon est donc traité comme un matériau ". Pour lui, les verrous symboliques sautent petit à petit au profit d'une éthique des techniques et des résultats, tout comme " la spéculation financière a remplacé la spéculation scientifique ".  

L'Humanité (Christian Godin) 28/01/02

 

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Les enjeux financiers des brevets du vivant

Le génome humain fait l'objet d'une course aux brevets de la part des laboratoires publics et privés. Les demandes de brevets croissent à grande vitesse. En 1996 : 200 000 demandes étaient déposées à l'Office américain des brevets et 300 000 en l'an 2000 *. Les américains sont les premiers détenteurs de brevets. A l'Office américain des brevets (USPTO), un peu plus de 5 000 brevets sur les biotechnologies étaient enregistrés par les Etats Unis, contre quasiment 1500 par l'Union européenne en 2000. L'écart est moins frappant à l'Office européen des brevets (OEB) où néanmoins les Etat Unis dominent avec 1400 brevets déposés en 1997 contre un peu plus de 1 000 par l'Union Européenne **. 
Cette course aux brevets touche le domaine des biotechnologies, des ressources végétales susceptibles d'acquérir une valeur commerciale, des plantes ou des animaux transgéniques. 
La brevetabilité du vivant est de plus en plus contestée par les opposants à la mondialisation, les pays du sud mais aussi de plus en plus de personnalités politiques et scientifiques des pays industrialisés. Devant l'enjeu financier, ils veulent encadrer davantage cette pratique et réviser le droit à la propriété intellectuelle.
Par ailleurs, de nombreux pays du Sud s'inquiètent du "biopiratage". Ils accusent les multinationales des pays industrialisés de ne pas rémunérer les ressources naturelles et leur savoir traditionnel dont ils se servent. Le commerce des médicaments élaborés sur la base des médecines traditionnelles représente à lui seul plus de 32 millions de dollars (37 millions d'euros) par an.

* source USPTO/OEB
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source OCDE

Le Monde Economie (Martine Laronche et  Antoine Reverchon) 29/01/02

 

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Thérapie génique pour lutter contre l’infertilité 

Aujourd’hui dans les pays industrialisés, 20% des couples en âge de procréer souffriraient d’infertilité. 5% des infertilités seraient dues à des troubles de la spermatogenèse. Rappelons que la genèse des spermatozoïdes est rendu possible par l’interaction de 2 types de cellules : les cellules germinales et les cellules de Sertoli. Une anomalie de ces dernières peut entraîner une stérilité.
Une équipe de chercheurs de l’université d’Hawaii a mis au point un modèle animal de stérilité chez des souris, du à un mauvais fonctionnement des cellules de Sertoli. Les chercheurs ont introduit le gène manquant au sein de ces cellules ce qui a permis de restaurer partiellement la spermatogenèse chez ces souris. Cependant, pour réussir la fécondation à partir de spermatozoïdes ainsi obtenus, il a fallu pratiquer une injection intracytoplasmique (ICSI) au niveau des ovocytes. Les souris qui sont nées de cette expérience sont nées également stériles.

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Quotidien du Médecin (Isabelle Catala) 29/01/02