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Le
philosophe Christian Godin analyse
le sens dans lequel s'engage les révisions des lois de bioéthique.
S'il note l'embarras des médecins, des politiques, de l'opinion
publique, il remarque que ce sont les laboratoires et entreprises de
biotechnologies qui assurent que " toute loi d'encadrement
est un obstacle à contourner ". Le philosophe doute que
les interdictions d'aujourd'hui soient intemporelles car " tout
en affirmant solennellement un interdit (sur le clonage), on a
autorisé dans le même temps ce qui avait été interdit avec non
moins de solennité il y a huit ans (la recherche sur
l'embryon)". Sur la voie qui autoriserait le clonage
thérapeutique, il constate que les mots sont déjà manipulés à
l'exemple de la démonstration d'Henri Atlan qui " propose
de remplacer les termes de " clonage thérapeutique " par
ceux de "transfert de noyau somatique" "(cf. revue
de presse du 18/01/02 ). Il est dangereux, note C.Godin, que
" ce qui devrait être pensé universellement et
définitivement, parce que pensé en fonction de principes, se
trouve pensé localement et provisoirement, parce que pensé en
fonction d'intérêts".
Christian Godin rappelle que " le respect de la
personne humaine est un absolu moral, ce n'est pas un concept
biologique ". Il s'inquiète du devenir des quelques 100
000 embryons surnuméraires, " comment ne pas penser déjà,
devant l'énormité du chiffre, à la production industrielle, à l'armée
de réserve ? ". " Les recherches sur
l'embryon ne sont pas des recherches pour l'embryon mais des
recherches pour ceux qui en bénéficieront. L'embryon est donc
traité comme un matériau ". Pour lui, les verrous
symboliques sautent petit à petit au profit d'une éthique des
techniques et des résultats, tout comme " la spéculation
financière a remplacé la spéculation scientifique
".
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