Revue de presse du 26/02/2002
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Pour la recherche sur les cellules souches adultes

François Guillaume, ancien ministre et député de Meurthe-et-Moselle, s'inquiète que les chercheurs et les politiciens persistent à vouloir instrumentaliser l'embryon en prônant l'utilisation des embryons surnuméraires et des cellules souches embryonnaires pour la recherche. Car, explique t'il, " la recherche offre une troisième source de tissus régénérateurs à partir de cellules souches adultes prélevées sur le malade lui-même, donc protégées du rejet immunitaire, (...) et ne posant aucun problème éthique ". C'est pourquoi, il est temps pour lui " de mettre un terme à cet univers scientifique flou " et d'appeler " l'homme politique à légiférer pour fixer des repères, en s'éclairant des diverses opinions philosophiques et religieuses qui, tout au long des millénaires de l'humanité, lui ont forgé son code de valeurs dont les principes essentiels sont restés immuables ". 
Marie-Jo Thiel, professeur de théologie morale (université Marc-Bloch, Strasbourg), constate que " l'attitude éthique est immédiatement contrariée par " l'exception éthique " légalisée ". Elle montre que la loi n° 75-17 relative à l'avortement, qui " garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie " et qu'" il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi ", est devenue par la législation de 2001 un véritable droit. Ce qui lui paraît être " le franchissement le plus décisif et le plus grave est cette exception éthique de mise à disposition embryonnaire ".
Elle déplore que les recherches sur les cellules souches adultes ou celles du cordon ombilical ne bénéficient que de fonds négligeables car leurs résultats sont loin d'être dérisoires et qu'elles n'offrent aucun problème de compatibilité immunitaire. Marie-Jo Thiel rapporte que, selon les chercheurs sur les cellules souches embryonnaires, les résultats thérapeutiques ne sont qu'une promesse pour 2015 ou 2020 et que ces cellules souches embryonnaires recèlent un important risque cancérigène. Il est certain, ironise-t-elle, que les cellules souches adultes n'offrent guère de "marché cellulaire" à la clé.

Lisez l'interview de professeur Gérard MILHAUD, Professeur à la Faculté de Médecine Saint-Antoine, précurseur de la recherche sur les cellules souches adultes. 

La Croix 26/02/02

 

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Des "bébés-médicaments" en France ?

Le Conseil Consultatif National d'Ethique (CCNE) devra rendre dans quelques semaines son avis sur l'autorisation ou non de créer des " bébés-médicaments " répondant à la demande des professeurs René Frydman (hôpital Antoine-Béclère, Clamart) et Arnold Munich (hôpital Necker, Paris). 
Le Professeur René Frydman explique qu'  " au lendemain de l'annonce de la première américaine [octobre 2000] j'étais pour ma part un peu réticent à la mise en oeuvre d'un tel procédé, mais à l'écoute des couples directement concernés ma position a évolué ". 
D'après les lois de bioéthique, le diagnostic pre-implantatoire ne peut être autorisé qu' " à titre exceptionnel " et un décret d'application précise que " seule la pathologie liée à l'anomalie génétique parentale susceptible d'être transmise peut être recherchée chez l'embryon au cours des analyses conduisant à ce diagnostic ". Pour Axel Kahn de l'Institut Cochin de biologie moléculaire de Paris " deux cas de figure peuvent d'ores et déjà être envisagés. Soit l'enfant à traiter souffre d'une affection pour laquelle le diagnostic pre-implantatoire est possible et autorisé, soit ce n'est pas le cas et les parents souhaitent concevoir pour soigner un enfant atteint, par exemple de leucémie. Il me semble que si le premier cas ne soulève pas de problèmes majeurs le second pose une série de questions graves pour un bénéfice relativement faible, compte tenu des succès obtenus à partir des greffes de sang de cordon ombilical ne respectant pas les règles de la compatibilité immunologique ". 
Ce débat se tient au moment où la Grande Bretagne autorise pour la première fois la sélection d'un bébé capable de sauver son frère (cf. revue de presse du 21/02/02).

Rappelons que cette technique soulève de graves questions éthiques liées à l'instrumentalisation de l'enfant conçu comme médicament pour guérir son frère. Sans parler de tous les embryons qui ont été en même temps que lui conçus puis supprimés puisqu'ils n'offraient pas les critères génétiques requis (ndlr).

La revue de presse quotidienne présente toutes les opinions exprimées dans la presse sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Monde (Jean-Yves Nau) 26/02/02 - Le Quotidien du Médecin (Delphine Chardon) 27/02/02 

 

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Vatican : une médecine au service de la vie

L'Académie Pontificale pour la Vie se réunie du lundi 25 au jeudi 28 février à Rome sur le thème " nature et dignité de la personne comme fondement du droit à la vie – les défis du contexte culturel contemporain ".
Mgr Sgreccia, vice-président de l'Académie, appelle les catholiques et non catholiques à s'unir dans la défense pour la vie. A la question " existe-t-il une morale valable pour tous les êtres humains ? ", il  explique que " la réponse est dans le respect du droit naturel, qui précède la religion catholique, et qui est présent dans le cœur de l'homme. La loi morale naturelle est un principe valable pour tous et qui suppose une conception élevée de l'homme, qui doit être respecté pour sa dignité intrinsèque et pour la défense de son bien authentique. Il est évident que la loi et le droit naturel sont à la base de la dignité humaine et qu'ils ne peuvent être dégradés ou troqués contre des expédients de type artificiel ou culturel [clonage humain, fécondation artificielle]".Il rajoute que " c'est l'union entre la loi naturelle et les lois de la science qui nous permet de considérer l'homme dans son ensemble ".
De son côté, le pape Jean-Paul II a affirmé qu' " il ne faut jamais perdre de vue la finalité du bien authentique de l'homme et ne jamais céder à la tentation d'une médecine et d'un progrès scientifique sans règles et sans valeurs, qui pourrait devenir une forme dangereuse de "contrôle technologique" de la vie". Le pape a encouragé la recherche scientifique à continuer de développer des thérapies pour combattre ou pallier la douleur, tout en rappelant l'importance d'apporter un soutien personnel au malade. 

Zenit.org 25/02/02