Revue de presse du 25/02/2002
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La pratique de la FIV... 20 ans après

Il y a 20 ans naissait Amandine, premier " bébé-éprouvette " français né par fécondation in vitro (cf. revue de presse du 22/02/02). Depuis cette naissance, 100 000 autres enfants sont nés en France par FIV. Chaque année sont enregistrées 45 000 FIV et 10 000 naissances. 

La FIV est une technique de procréation assistée comprenant 4 étapes : la stimulation ovarienne, la ponction d'ovocytes, leur fécondation par les gamètes mâles et le transfert dans l'utérus de la mère de l'embryon obtenu après deux jours de culture in vitro. Pour remédier à l'infertilité masculine, l'ISCI représente actuellement près de la moitié des fécondations in vitro. Cette technique a été mise au point par des chercheurs belges en 1992. Ce sont les biologistes eux-mêmes qui injectent directement un spermatozoïde, aussi rare ou peu mobile soit-il, dans l'ovocyte alors que dans le cadre de la FIV, les ovocytes et spermatozoïdes sont simplement mis en contact. 

La faculté libre de Médecine de l'Université Catholique de Lille, a été le premier établissement catholique à avoir pratiqué la fécondation in vitro : Emilie est née en 1986 à l'hôpital Saint Philibert. Il fallait respecter 3 conditions pour que la FIV soit pratiquée : un couple stable, une fécondation avec les gamètes du couple et pas de production d'embryon surnuméraire. Cette activité a été maintenue même après l'instruction du Vatican, Donum Vitae, qui condamnait la procréation artificielle. Finalement, l'hôpital doit y renoncer en 1996 car il réalise trop peu de FIV et le taux de réussite est insuffisant. A l'époque le recteur de l'université refuse de faire appel de cette décision car " nous étions en désaccord avec cette logique productiviste ". Depuis, l'hôpital a conservé son service de gynécologie et reçoit une centaine de couples par an pour traiter leur infertilité. Le quart d'entre eux est réorienté vers des centres d'assistance médicale à la procréation (AMP).

La revue de presse quotidienne présente toutes les opinions exprimées dans la presse sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

La Croix (Marinne Lamoureux) 25/02/02 -  Libération (Julie Lasterade) 25/02/02 - Le Monde 26/02/02

 

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Autoriser la création de "bébés médicaments" ?

Le Professeur René Frydman, a sollicité le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE) pour autoriser la création par assistance médicale à la procréation de " bébés-médicament ". Selon lui, " à ce jour, six ou sept couples dont un enfant est très malade nous ont fait une demande de ce type. Techniquement, nous sommes tout à fait prêts à le faire ". De son côté, Jacques Montagut, médecin biologiste à Toulouse et spécialiste de le reproduction, s'interroge sur " le devenir de ces enfants remèdes. Que se passera-t-il et quel poids portera-t-il si, malgré sa naissance, le traitement ne marche pas car la greffe de ces cellules ne promet pas une guérison dans 100 % des cas, et si malgré tout son frère ou sa sœur venait à décéder ? Quelle culpabilité en gardera-t-il toute sa vie ? ". 

Les techniques de la FIV et du diagnostic pré-implantatoire (DPI) rendent possible de créer des embryons puis de sélectionner in vitro celui génétiquement compatible avec le frère ou la sœur atteinte d'une grave maladie. A la naissance de l'enfant ainsi sélectionné, les médecins prélèvent des cellules souches pour les greffer au frère ou à la sœur malade. 

Le premier " bébé-médicament " est né aux Etats-Unis en octobre 2000 (cf. revue de presse du 05/10/00). La naissance d'Adam, conçu pour sauver sa sœur Molly, avait nécessité la conception de 15 embryons. A cette époque, les spécialistes français étaient restés réticents. Pour la première fois en Grande Bretagne, un couple vient d'avoir recours à cette technique (cf. revue de presse du 21/02/02). 

René Frydman, en interpellant le CCNE sur ce sujet, relance le débat sur l'utilisation de l'embryon.

Rappelons que le procédé qui consiste à créer des embryons et à les sélectionner selon leur code génétique pose des problèmes éthiques très graves. Par ailleurs, il serait inquiétant de voir se généraliser la naissance d'enfants conçus comme instruments de guérison. Quelle place auront-ils dans leur famille ? (ndlr).
Consultez le dossier Gènéthique : diagnostic pre-implantatoire (DPI)

La revue de presse quotidienne présente toutes les opinions exprimées dans la presse sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Parisien (Corinne Thébault) 25/02/02 - Libération (Julie Lasterade) 25/02/02 

 

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Un plan national pour développer les soins palliatifs

Bernard Kouchner a dénoncé lors d’un colloque consacré au « développement des soins palliatifs », l’incurie de l’hôpital dans l’accompagnement des mourants. Ce dernier a demandé une « enquête précise » sur la prise en charge de la fin de vie et s’est engagé à adresser au monde hospitalier des directives fortes.
Rappelons que la loi du 9 juin 1999 reconnaît le droit « à toute personne malade dont l’état le requiert d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement ». Mais « les besoins restent très importants » pour assurer à chacun « le droit à une mort digne » a rappelé Bernard Kouchner. En France, il existe encore trop peu de structures permettant d’accueillir des personnes en fin de vie alors qu’on estime que 150 000 à 200 000 personnes en auraient besoin. C’est pourquoi le ministre a présenté un programme national (2002 – 2005 ) d’un budget de 24,39 millions d’euros pour développer les soins palliatifs. Le premier objectif est de développer ces soins palliatifs à domicile : « 70% des Français affirment vouloir mourir chez eux, 75% meurent aujourd’hui à l’hôpital » a affirmé le ministre. Pour cela il est prévu de mieux rémunérer les professionnels libéraux qui se consacrent à cette activité, de poursuivre la formation de bénévoles et de doubler en 5 ans le nombre de places d’hospitalisation à domicile pour passer de 5 000 à 10 000. Au niveau des régions, le plan prévoit également de « poursuivre le développement des structures de soins palliatifs » dans les établissements de santé pour que chaque région dispose d’ici à 2005 d’une « unité d’au moins 10 lits ». Enfin, le ministère veut en finir avec l’image des mouroirs et souhaite « sensibiliser et informer l’ensemble du corps social ». Une campagne va donc être lancée sur les thèmes « la médecine n’est pas seulement curative », « mourir fait partie de la vie » ou « donner sens à la fin de vie ».

 
Consultez le dossier Gènéthique : euthanasie et soins palliatifs .

Le Monde 25/02/02

 

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Myriad Genetics : le débat rebondit

L’Institut Curie, l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) ainsi que l’Institut Gustave Roussy viennent de faire opposition à un second brevet sur un test de dépistage déposé par la société américaine Myriad Genetics auprès de l’Office européen des brevets (OEB). Ce brevet, comme le précédent déjà contesté en octobre 2001, concerne une méthode pour le diagnostic d’une prédisposition au cancer du sein et de l’ovaire, associé au gène BRCA1, et porte sur 34 mutations spécifiques de ce gène. La firme exige donc que l’ensemble des laboratoires de la planète utilise ses tests de dépistage et refuse qu’ils fassent les analyses avec des stratégies différentes de la sienne. Outre les dérives financières liées à ce monopole, les experts de l’Institut Curie dénoncent le manque de fiabilité du test . Par ailleurs, les chercheurs soulignent que ce monopole entrave le développement de la recherche dans le domaine du cancer.
Les gouvernements belges et hollandais s’apprêtent eux aussi à déposer une opposition à ce même brevet auprès de l’Office européen des brevets. Enfin des universitaires américains, canadiens et australiens contestent les trop larges prétentions de Myriad. La procédure juridique risque de durer plusieurs années mais d’ici là les brevets restent valables. Or la firme a déjà déposé une demande sur un troisième brevet qui assure à Myriad l’exclusivité commerciale sur toutes les applications thérapeutiques futures, notamment la thérapie génique. Si tel était le cas, le coût des traitements des femmes atteintes d’une forme héréditaire du cancer du sein deviendrait rapidement inaccessible au plus grand nombre.

Le Quotidien du Médecin (Delphine Chardon) 25/02/02 – Le Figaro (Dr Catherine Petitnicolas) 25/02/02 – AP HP 22/02/02 - Le Monde (Jean-Yves Nau) 02/03/02