Revue de presse du 12/02/2002
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Nouveau cas d'homicide sur fœtus 

En juin dernier, les magistrats de la Cour de Cassation répondaient négativement à la question " peut on condamner pour homicide l'auteur de la mort d'un fœtus ? ". Dans le code pénal, l'incrimination d'homicide concerne " autrui ".  Pour certains magistrats le fœtus n'est pas " autrui " car, pour eux, le fœtus n'est pas une personne, terme qui s'appliquerait à l'enfant " né vivant et viable " (revue de presse du 29/02/01).
Aujourd'hui, un autre cas d'homicide involontaire revient devant la Cour de Cassation. 
Les faits remontent au 17 novembre 1991. Lors d'un accouchement, le bébé à venir révèle une malformation cardiaque. Néanmoins la sage femme n'ose pas appeler le médecin mais attend qu'il reprenne son service. Le lendemain matin, alors que la femme est toujours en salle de travail, le médecin constate le décès du fœtus in utero. En janvier 2000, le médecin et la sage femme sont condamnés en appel, le premier pour défaut de surveillance de grossesse, la seconde pour "négligences et imprudences". La Cour d'Appel de Versailles a considéré alors que " l'enfant était à terme depuis plusieurs jours et que si les fautes n'avaient pas été commises, il avait la capacité de survivre par lui-même, disposant ainsi d'une humanité distincte de celle de sa mère ". Le médecin attaque aujourd'hui cette décision devant la Cour de Cassation, instance compétente en matière de responsabilité médicale. Il est néanmoins possible que l'affaire soit reportée et renvoyée pour plus tard devant l'assemblée plénière. Pour Dominique Commaret, avocate générale à la Cour de Cassation, le processus de l'accouchement ayant été enclenché " toute la question est de savoir si la phase de la naissance doit être rattachée à la situation du fœtus ou à celle de l'enfant nouveau-né ". L'avocate plaidera pour que la protection pénale refusée au fœtus soit à tout le moins accordée à l'enfant en train de naître, " cela serait conforme à une jurisprudence quasi constante " ajoute-t-elle, cela mettrait fin à une jurisprudence de 120 ans. 

La Croix (Marianne Gomez) 12/02/02 - Genethique.org 

 

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Décès prématuré pour des souris clonées

La revue Nature Genetics rapportent les travaux des chercheurs de l’Institut national des maladies infectieuses de Tokyo sur des expériences de clonage de souris. Les chercheurs ont cloné 12 souris par transplantation nucléaire. 10 sont mortes avant 800 jours alors que les souris vivent en moyenne 4 ans. Ces souris clonées présentaient à l’autopsie un foie et des poumons défectueux ainsi qu’un système immunitaire  endommagé. Les chercheurs ont constaté que les chromosomes des souris clonées étaient plus vieux que ceux de rongeurs du même âge. Or la division cellulaire est due à l’activité des télomères qui sont des morceaux d’ADN situés à l’extrémité des chromosomes. Quand ces  télomères disparaissent la cellule cesse de se diviser, vieillit et meurt. Un phénomène comparable avait déjà été observé chez Dolly dont les chromosomes sont plus vieux que la brebis elle-même.

Cybersciences (Aurélie Deléglisse) 11/02/02 – Quotidien du Médecin (Dr Emmanuel de Viel) 12/02/02 - Le Temps (Anne Crisinel) 13/02/02 - Thérapeutique & Informations 13/02/02 - Le Monde (Catherine Vincent) 15/02/02

 

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Diagnostic anténatal : vers un guide de " bonnes pratiques "

Dans le cadre de l'amendement anti-Perruche et de la loi sur le droit des malades, le Comité technique de diagnostic prénatal (CTDP), présidé par Pr Claude Sureau, travaille à établir un guide de " bonnes pratiques " du diagnostic anténatal. Sous l'égide de l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé, le CTDP devrait élaborer un document sur la formation des praticiens, le statut universitaire, le contenu des actes et les standards de communication et d'information des patients.
Par ailleurs, le délai de responsabilité des libéraux devant la justice, actuellement de 30 à 48 ans, est fixé à 10 ans dans la loi sur les droits des malades.
Enfin, le CTDP devrait rencontrer la direction de la Sécurité sociale en ce qui concerne les honoraires des consultations et des échographies. 

Le Quotidien du Médecin (Philippe Roy) 12/02/02

 

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Soins palliatifs à domicile

Le centre François-Xavier Bagnoud (CFBX) propose une alternative à l'hospitalisation pour les personnes atteintes de maladies graves en leur permettant de vivre chez elles les derniers moments de leur vie. Il semblerait que parmi 70 % des personnes qui décèdent à l'hôpital, la plupart auraient préféré finir leurs jours à la maison.
L'équipe du CFBX est multidisciplinaire : infirmières, aides-sociales, médecins, mais aussi assistantes sociales, psychologues, une animatrice et des bénévoles qui assistent chez elles la personne gravement malade.
Le CFBX a également des activités de documentation, de formation et de recherche, plus particulièrement sur le maintien à domicile des enfants gravement malades. 

Le Quotidien du Médecin (Audrey Bussière) 12/02/02

 

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L'Eglise catholique d'Irlande et le référendum sur l'IVG 

L'Eglise catholique d'Irlande a demandé aux catholiques irlandais de voter en faveur du référendum gouvernemental, prévu le 6 mars, qui autorise l'interruption volontaire de grossesse uniquement en cas de " risque réel et substantiel de perte de la vie de la mère ". Les évêques irlandais y voient une " mesure anti-avortement ". Ils estiment que " les catholiques peuvent voter en liberté de conscience pour soutenir cette mesure, même si elle n'est pas à la hauteur de ce qui pourrait être souhaité ".

La Croix 12/02/02

 

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L’Office européen des brevets va t-il accorder un monopole à une société américaine ?

En 1996, une société américaine Mercator Genetics découvre le gène ainsi que les 2 mutations responsables de l’hémochromatose, une maladie liée à l’accumulation de fer dans l’organisme entraînant des anomalies hépatiques et endocriniennes. La société dépose alors des brevets auprès de l’office des brevets américains (USTPO) portant sur la séquence du gène et sur la technique mise au point par la société pour repérer les mutations. En 2001, les droits d’exclusivité sur le test sont rachetés par la société Bio-Rad. Aujourd’hui après avoir imposé son test de dépistage sur le sol américain par le biais de ses 3 brevets, la société tente d’élargir ses droits à l’étranger. Des brevets ont ainsi été déposés au Japon, en Australie, en Afrique du Sud et en Europe. Ils sont en cours d’examen, mais si l’Office européen des brevets (OEB) venait à les délivrer, on assisterait à une situation de monopole commercial.

Cette affaire nous rappelle, le cas de Myriad Genetics, accusée de s’être assurée l’exclusivité commerciale sur le test de dépistage des cancers du sein et de l’ovaire.
En France 150 000 personnes sont concernées par l’hémochromatose et 25 000 à 30 000 tests sont réalisés chaque année.  Par ailleurs, beaucoup exigent un dépistage systématique de la population, ce qui explique les enjeux économiques en cours. Les laboratoires qui réalisent encore eux même ce dépistage attendent donc avec crainte le verdict de l’OEB.
Si  l’OEB délivrait ces 3 brevets à la société Bio-Rad et si la France continuait à utiliser ses propres tests malgré l’obligation de n’utiliser que celui d’outre-Atlantique, elle serait alors en parfaite illégalité, même si elle n’a pas encore transposé la directive européenne « relative à la protection des biotechnologies ». Le seul recours possible serait alors une procédure d’opposition auprès de l’OEB, procédure qui s’étend sur plusieurs années sans suspendre pour autant l’action des brevets.

Le Quotidien du Médecin (Delphine Chardon) 12/02/02