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Jeudi
dernier, la Commission mixte paritaire est parvenue à un accord sur
la mise en place d’un
dispositif anti-Perruche (cf. revue de
presse du 08/02/02). Dorénavant, « les parents peuvent
demander une indemnité au titre de leur seul préjudice, lequel ne
saurait inclure les charges particulières découlant tout au long
de la vie de l’enfant, de ce handicap ». Le handicap
congénital de l’enfant sera donc exclusivement pris en charge par
« la solidarité nationale » en non plus par les
assurances des praticiens.
Nicolas About, président de la commission des affaires
sociales, qui a défendu ce projet a argumenté qu’une telle réforme
permettrait d’éviter une discrimination entre deux catégories de
handicapés, ceux qui pourraient faire valoir une faute médical
pour obtenir de l’argent et les autres contraints de se contenter
de prestations légales. Il estime désormais
que le Parlement doit rapidement songer à réétudier la loi
du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des handicapés. Quant à
Michèle Demessine, sénatrice
PC qui a voté avec la droite l’amendement About, elle souligne
que forte de son expérience dans ce domaine « Le chemin de la
judiciarisation nous conduit à une impasse, l’argent n’est pas
la solution, c’est à la solidarité nationale d’accueillir et
d’intégrer les handicapés. ». Enfin, Christine Boutin
s’est félicitée du texte adopté par la Commission mixte
Paritaire.
Pierre Fauchon, président de la commission des lois a affirmé
de son côté que l’on ne pouvait restreindre ainsi le droit à réparation
« il est injuste de priver les parents d’une partie de
l’indemnité à laquelle ils pourraient prétendre[…] Enfin et
surtout, la solution retenue est anti-constitutionnelle »
ajoute t-il. Même constat de la part de Claude Evin « c’est
une loi anticonstitutionnelle qui viole le principe selon lequel
quiconque est victime peut obtenir réparation de l’ensemble de
son préjudice. A partir du moment où la loi sur l’IVG reconnaît
le droit à une femme d’avorter si son enfant est atteint d’un
handicap grave quant une faute médicale l’en empêche, elle subit
bien un préjudice qui dure tout au long de la vie de l’enfant ».
Quant aux médecins, ils estiment par l’intermédiaire du
Dr Philippe Kolf que « députés et sénateurs ont sauvé
le diagnostic prénatal » et il appelle tout comme le
docteur Roger Bessis à la reprise du travail des médecins spécialistes
du diagnostic anténatal.
Dorénavant, seul le gouvernement aurait la possibilité
d’amender ce texte le 12 à l’Assemblée ou le 19 au Sénat,
mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Quant à un éventuel
recours devant le conseil constitutionnel, il semble peu probable.
C’est
le 21 mars prochain que la Cour d’appel de Paris se prononcera sur
l’indemnisation du préjudice moral et matériel des parents de
Nicolas Perruche pour lequel la Cour de cassation a rendu l’arrêt
du 17 novembre 2000.
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