Revue de presse du 11/02/2002
Revue précédente

Article suivant

Réactions autour de l’Arrêt Perruche 

Jeudi dernier, la Commission mixte paritaire est parvenue à un accord sur la mise en place  d’un dispositif anti-Perruche (cf. revue de presse du 08/02/02). Dorénavant, « les parents peuvent demander une indemnité au titre de leur seul préjudice, lequel ne saurait inclure les charges particulières découlant tout au long de la vie de l’enfant, de ce handicap ». Le handicap congénital de l’enfant sera donc exclusivement pris en charge par « la solidarité nationale » en non plus par les assurances des praticiens.
Nicolas About, président de la commission des affaires sociales, qui a défendu ce projet a argumenté qu’une telle réforme permettrait d’éviter une discrimination entre deux catégories de handicapés, ceux qui pourraient faire valoir une faute médical pour obtenir de l’argent et les autres contraints de se contenter de prestations légales. Il estime désormais  que le Parlement doit rapidement songer à réétudier la loi du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des handicapés. Quant à Michèle Demessine,  sénatrice PC qui a voté avec la droite l’amendement About, elle souligne que forte de son expérience dans ce domaine « Le chemin de la judiciarisation nous conduit à une impasse, l’argent n’est pas la solution, c’est à la solidarité nationale d’accueillir et d’intégrer les handicapés. ». Enfin, Christine Boutin s’est félicitée du texte adopté par la Commission mixte Paritaire.
Pierre Fauchon, président de la commission des lois a affirmé de son côté que l’on ne pouvait restreindre ainsi le droit à réparation « il est injuste de priver les parents d’une partie de l’indemnité à laquelle ils pourraient prétendre[…] Enfin et surtout, la solution retenue est anti-constitutionnelle » ajoute t-il. Même constat de la part de Claude Evin « c’est une loi anticonstitutionnelle qui viole le principe selon lequel quiconque est victime peut obtenir réparation de l’ensemble de son préjudice. A partir du moment où la loi sur l’IVG reconnaît le droit à une femme d’avorter si son enfant est atteint d’un handicap grave quant une faute médicale l’en empêche, elle subit bien un préjudice qui dure tout au long de la vie de l’enfant ».
Quant aux médecins, ils estiment par l’intermédiaire du Dr Philippe Kolf que « députés et sénateurs ont sauvé le diagnostic prénatal » et il appelle tout comme le docteur Roger Bessis à la reprise du travail des médecins spécialistes du diagnostic anténatal.
Dorénavant, seul le gouvernement aurait la possibilité d’amender ce texte le 12 à l’Assemblée ou le 19 au Sénat, mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Quant à un éventuel recours devant le conseil constitutionnel, il semble peu probable.
C’est le 21 mars prochain que la Cour d’appel de Paris se prononcera sur l’indemnisation du préjudice moral et matériel des parents de Nicolas Perruche pour lequel la Cour de cassation a rendu l’arrêt du 17 novembre 2000.

Libération (Blandine Grosjean) 09/02/02 – Le Figaro 09/02/02 - La Croix (Marianne Gomez) 11/02/02 – Le Quotidien du Médecin (Philippe Roy) 11/02/02

 

Revue de presse du 11/02/2002
Article précédent

Article suivant

Clonage : le rôle des  cellules souches adultes

Rudolph Jaenisch du MIT à Cambridge (Massachusetts) vient de publier sur le site web de la revue Nature une étude visant à démontrer le rôle des cellules souches adultes lors des expériences de clonage animal. De nombreuses expériences de clonage ont eu lieu depuis la naissance en 1997 de Dolly, mais non sans difficultés. Dans la plupart des cas, les cellules d’adultes injectées dans un ovocyte périssent. Il faut également des centaines d’expériences avant d’obtenir un éventuel embryon de clone qui pour la plupart meurent avant de naître. Quant à ceux qui naissent, ils sont souvent malades. Pour les scientifiques, ces échecs seraient du à la qualité des cellules souches. Ainsi les cellules totalement différenciées, qui sont majoritaires dans les tissus d’adultes se prêteraient particulièrement mal à ces expériences de clonage, du type de celles employées pour Dolly. En revanche, on vient de découvrir dans les tissus adultes une autre catégorie de cellules souches, beaucoup plus rares et plus immatures, qui ont la capacité de générer diverses sortes de cellules selon l’environnement dans lequel on les plonge. « Notre étude suggère que ce serait de préférence ces cellules souches –présentes dans tous les organes adultes à de très faibles fréquences – qui sont sélectionnées, à l’insu de l’expérimentateur, dans les expériences réussies de clonage »à déclaré l’un des membres de l’équipe à l’origine de l’étude.

Libération (Corinne Bensimon) 11/02/02

 

Revue de presse du 11/02/2002
Article précédent

Revue suivante

Du cartilage à partir de cellules souches adultes

Une équipe de chercheurs de l’université de Duke, a réussi à obtenir des cellules cartilagineuses, osseuses et graisseuses à partir de cellules souches adultes prélevées dans les tissus situés à la périphérie de la rotule. Cette technique pourrait permettre de disposer de lignées cellulaires contrôlées, utilisables en chirurgie reconstructive ou cosmétique pour les cellules graisseuses, et en orthopédie pour les cellules cartilagineuses et osseuses. Grâce à cette découverte, les chercheurs envisagent de réaliser des greffes cellulaires d’ici 5 ans, sans risque de rejet immunitaire, et qui plus est, à partir de cellules facilement accessibles. 

Le Quotidien du Médecin (Dr Isabelle Catala) 11/02/02