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Alors
que le gynécologue italien Séverino Antinori et la secte des
raëliens ont annoncé à plusieurs reprises la naissance de bébés
clonés pour la fin de l'année, le journal La Croix revient
dans son édition du jour sur les dangers du clonage à visée
reproductive.
Rappelons que chez l'animal, la quasi totalité des tentatives
de clonage se sont soldées par un échec. Quant aux rares animaux qui
ont vu le jour par cette technique, la plupart d'entre eux sont morts
prématurément ou sont atteints de malformations. L'enfant créé par
clonage, s'il ne meurt pas in utero, serait donc voué à
naître anormal.
S'il existe quelques courants qui ne sont pas opposés au
clonage reproductif, cette technique pose de très graves questions
éthiques.
Tout d'abord le clonage est un mode de reproduction asexué. A
partir de quoi ou de qui, se structurera donc l'enfant
"cloné"? Puis vient la question de la parenté, l'enfant
cloné étant le jumeau de son"père" ou de sa "mère".
Dans ce cadre, il sera bien difficile pour l'enfant de trouver ses
repères et de construire sa propre personnalité.
Axel Kahn s'interroge quant à lui sur l'espace de liberté et
d'épanouissement qui sera laissé à l'enfant en rappelant que "l'une
des bases de notre liberté, c'est notre indéterminabilité...".Françoise
Héritier, anthropologue, dénonce quant à elle la menace qui
règnerait sur la diversité génétique "l'entre-soi l'emporterait
sur l'altérité puisque le recours au corps de l'autre ne serait plus
nécessaire pour se reproduire, ce qui entraînerait la perte du
lien social (...). La société deviendrait non viable".
Enfin Jean-Paul Renard, directeur de recherche à l'INRA
et responsable du seul laboratoire de clonage en France assimile le
clonage à du "terrorisme" et souligne que ce que
font les partisans du clonage n'a rien à voir ni avec la science ni
avec la connaissance car ils ne remplissent aucune des conditions
déontologiques de la profession.
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