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Lundi 23 décembre 2002
Revue de presse du 23/12/02
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 Les dangers du clonage reproductif

Alors que le gynécologue italien Séverino Antinori et la secte des raëliens ont annoncé à plusieurs reprises la naissance de bébés clonés pour la fin de l'année, le journal La Croix  revient dans son édition du jour sur les dangers du clonage à visée reproductive.
Rappelons que chez l'animal, la quasi totalité des tentatives de clonage se sont soldées par un échec. Quant aux rares animaux qui ont vu le jour par cette technique, la plupart d'entre eux sont morts prématurément ou sont atteints de malformations. L'enfant créé par clonage, s'il ne meurt pas in utero, serait donc voué à naître anormal.
S'il existe quelques courants qui ne sont pas opposés au clonage reproductif, cette technique pose de très graves questions éthiques. 
Tout d'abord le clonage est un mode de reproduction asexué. A partir de quoi ou de qui, se structurera donc l'enfant "cloné"? Puis vient la question de la parenté, l'enfant cloné étant le jumeau de son"père" ou de sa "mère". Dans ce cadre, il sera bien difficile pour l'enfant de trouver ses repères et de construire sa propre personnalité.
Axel Kahn s'interroge quant à lui sur l'espace de liberté et d'épanouissement qui sera laissé à l'enfant en rappelant que "l'une des bases de notre liberté, c'est notre indéterminabilité...".Françoise Héritier, anthropologue, dénonce quant à elle la menace qui règnerait sur la diversité génétique "l'entre-soi l'emporterait sur l'altérité puisque le recours au corps de l'autre ne serait plus nécessaire pour se reproduire, ce qui  entraînerait la perte du lien social (...). La société deviendrait non viable".
Enfin  Jean-Paul Renard, directeur de recherche à l'INRA et responsable du seul laboratoire de clonage en France assimile le clonage à du "terrorisme" et souligne que ce que font les partisans du clonage n'a rien à voir ni avec la science ni avec la connaissance car ils ne remplissent aucune des conditions déontologiques de la profession.

Consultez notre dossier clonage

La Croix (Marianne Gomez) 23/12/02 

 

 
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Débat autour de l'éthique médicale

En septembre dernier, le Dr Jean-Luc Chagnon était accusé d'entrave à la liberté d'autrui dans le cadre de la loi du 4 mars 2002 pour avoir transfusé une patiente qui pourtant s'y était refusé. Cette dernière, adepte de la secte des témoins de Jéhovah avait saisi le tribunal administratif de Lille en référé pour "atteintes eux libertés fondamentales".(cf revue de presse du 06/09/02)
Le docteur  JL Chagnon et Véronique Fournier qui dirige le Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin reviennent sur cette affaire et rappellent quelques règles à appliquer dans des situations similaires.
En premier lieu, il s'agit de vérifier le degré de liberté du patient face à cette décision ainsi que de vérifier s'il ne fait pas l'objet de pression vis à vis de son entourage.
La deuxième règle à respecter serait de vérifier la qualité des informations qui lui sont données : informations médicales et informations quant aux arguments qui sous-tendent la position de son entourage.
Enfin troisième règle : faire en sorte que la décision ne vienne pas d'un médecin isolé mais avoir recours à des avis extérieurs.
Après avoir analysé en fonction de ses critères, l'affaire des témoins de Jéhovah, les 2 praticiens souhaitent que dans ce genre de débat ce ne soit pas la Justice qui tranche et qu'elle ne condamne ni l'une ni l'autre des parties.
Pour eux, il faut avoir recours à ce qu'il convient d'appeler l'éthique médicale c'est à dire prendre en compte chaque situation particulière, s'attacher à identifier les valeurs qui s'affrontent, vérifier que les règles qui sont aussi des règles éthiques aient bien été respectées, et promouvoir la compréhension des arguments d'autrui. 

Le Monde 21/12/02  

 

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