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Hier,
Jean-François Mattei, ministre de la santé, de la famille et des
personnes handicapées a été entendu en audition par la commission
des Affaires sociales du Sénat, présidée par M. Nicolas About,
sur le projet de loi relatif à la bioéthique.
Sur la recherche
sur l’embryon, Jean-François Mattei a souligné qu’il n’était
pas question de revenir sur le principe fondamental fixé par
l’article 16 du code civil qui « garantit le respect de
l’être humain dès le commencement de sa vie ». Il a
considéré que l’embryon pouvait être un objet d’étude si
l’on respectait son intégrité et si les recherches étaient menées
dans l’intérêt de l’embryon précisant que la médecine avait
toujours progressé par transgressions successives. Il a souligné que
les recherches ne pourront être menées que sur des embryons in vitro
conçus dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation
(AMP) et pour lesquels il n’existe plus de "projet parental".
Le bien-fondé de cette recherche sera réexaminé au bout de cinq
ans.
Jean-François Mattei a qualifié le clonage thérapeutique,
« porte ouverte au clonage reproductif ». Afin
d’empêcher toute tentation de clonage reproductif, Jean-François
Mattei a souhaité la création, dans le code pénal, d’une nouvelle
incrimination, baptisée « crime contre la dignité de la
personne humaine », qui viserait tant le clonage à but
reproductif que les pratiques eugéniques tendant à l’organisation
de la sélection des personnes.
Pour Jean-François Mattei, la France doit se distinguer par un
engagement important dans la recherche sur les cellules souches
adultes. Il a expliqué que les perspectives thérapeutiques des
cellules souches embryonnaires apparaissaient encore lointaines mais a
jugé indispensable de mener de front, pendant quelques années, des
recherches sur les cellules embryonnaires et sur des cellules souches
adultes, afin de comparer leur potentialité et leur innocuité pour
l’homme.
S’agissant de l’assistance médicale à la procréation
(AMP), il a fait part de son intention de revenir sur l’autorisation
du transfert d’embryon post mortem en cas de décès de l’homme,
introduite dans le projet de loi par l’Assemblée nationale.
Par ailleurs, Jean-François Mattéi envisage de regrouper les
activités de l’Agence de la procréation, de l’embryologie et de
la génétique humaines (APEGH) et de l’Etablissement français des
greffes (EFG) en une Agence de la biomédecine et des produits de
santé. Celle-ci comporterait cinq départements dédiés
respectivement aux médicaments, aux dispositifs médicaux, au sang,
aux organes et aux tissus, à l’assistance médicale à la
procréation, à la médecine embryonnaire et fœtale et à la
génétique humaine.
Concernant la brevetabilité d’éléments du corps humain,
Jean-François Mattei a expliqué que la France, pour respecter les
dispositions de l’article 5 de la directive européenne 98-44/CE,
devait trouver une formulation juridique empêchant qu’un brevet
puisse interdire aux chercheurs de mener des recherches concernant des
applications nouvelles sur des molécules, gènes ou autres éléments
du corps humain qui seraient déjà couverts par un brevet.
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