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Jeudi 5 décembre 2002
Revue de presse du 05/12/02
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Séquençage du génome de la souris

En mai 2001, la société américaine Celera Genomics annonçait avoir séquencé 99% du génome de la souris mais l'accès des données était payant (cf. revue de presse du 09/05/01). La revue Nature* annonce aujourd'hui le séquençage du génome de la souris par un consortium public international, le Mouse Genome Sequencing Consortium.
Le décryptage du génome de la souris, après celui de l'homme en février 2000, va permettre de comprendre quand, comment et à quel niveau fonctionnent les gènes chez la souris et de comparer avec ceux de l'homme. Les deux génomes semblent contenir un nombre comparable de gènes, estimé à 30 000 et la souris partage près de 80% de ses gènes avec l'homme. Cette étude croisée entre les génomes murin et humain devrait permettre de progresser dans la connaissance du génome humain et profiter à la recherche biomédicale. 
Les premières recherches ont montré que les séquences répétées non codantes repérées sur le génome humain existent également chez la souris et qu'elles sont localisées dans les mêmes zones. C'est le résultat qu'annonce Stylianos Antonarakis et son équipe de l'université de Genève après avoir comparé le chromosome 21 humain à son équivalent chez la souris. Cette découverte est d'autant plus intéressante, rapportent les journaux, que dans l'évolution l'homme et la souris se sont séparés il y a environ 60 millions d'années. D'autres équipes comme celle de Marie-Laure Yaspo du Max Planck Institute (Berlin) travaillent aussi sur le chromosome 21. Aujourd'hui, on ignore la fonction de 60% des gènes du chromosome 21.
La Fondation Jérôme Lejeune, 1er financeur en France de la recherche sur la trisomie 21, participe au financement des programmes de recherche des équipes de Marie-Laure Yaspo et de Stylianos Antonarakis. Le docteur Henri Bléhaut, coordinateur de la recherche à la Fondation Jérôme Lejeune, explique que : "de plus en plus d'équipes souhaitent l'élaboration de solutions thérapeutiques, en particulier pour la trisomie 21".

* Nature du 5 décembre 2002.

La Croix (Marie Verdier) 05/12/02 - Le Figaro (Catherine Petitnicolas) 05/12/02 - Le Quotidien du Médecin (Elodie Biet) 05/12/02 - Libération (Corinne Bensimon) 05/12/02 - Le Monde (Jean-Yves Nau et Hervé Morin) 06/12/02 - Gènéthique

 

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Auditions sur les lois de bioéthique au Sénat

Dans le cadre de l'examen des lois de bioéthique qui aura lieu les 29 et 30 janvier 2003 au Sénat, Nicolas About et Francis Giraud, président et rapporteur de la commission des affaires sociales du Sénat, ont entamé hier les auditions de médecins et de chercheurs. Ils ont entendu : le Pr Claude Huriet, le Pr Axel Kahn, le Pr Arnold Munnich (hôpital Necker - Paris), le Pr Israël Nisand (Strasbourg), le Pr Laurent Degos (hôpital St Louis - Paris) et le Pr Didier Sicard  (président du CCNE).

La recherche sur l'embryon a été la clef du débat. Ont été évoqués 2 cas de recherche sur l'embryon : la recherche sur les embryons surnuméraires qui n'ont plus de "projet parental" et la création d'embryons pour la recherche. Le Pr Huriet, évoquant le rejet du clonage thérapeutique, a souligné la contradiction qu'il y aurait à dire que "d'un côté on affirme qu'il n'est pas acceptable de produire des embryons pour la recherche (et que) de l'autre on le fait !".

A propos des cellules souches embryonnaires, le Pr Axel Kahn a rappelé qu' "on ne sait pas si ces cellules peuvent effectivement contribuer à la fabrication de tous les organes. L'expérience n'a pas été faite chez l'homme. Par ailleurs, les expériences menées chez l'animal montrent que les cellules ne fonctionnent pas toujours normalement et surtout qu'elles sont cancérigènes". Le Pr Laurent Degos a rajouté que "la thérapie cellulaire embryonnaire n'a jamais prouvé son efficacité thérapeutique". Quant à Claude Huriet et Arnold Munnich, ils ont regretté que le projet de loi ne mentionne pas la recherche sur les cellules souches adultes qui "ne pose aucun problème éthique". 

L'après midi, une table ronde était organisée avec Sadek Beloucif, professeur d'anesthésie-réanimation au CHU d'Amiens, Michel Gugenheim, grand rabbin, Patrick Vespieren, théologien, Geoffroy de Turckheim, président de la commission oecuménique de la Fédération protestante de France, Stéphane Meyer, conseiller de l'Ordre du Grand Orient de France et Alain Manville, conseiller de la Grande Loge de France.
Consulter le dossier "Révision des lois de bioéthique" de Gènéthique.

La Croix (Marianne Gomez) 05/12/02 - Gènéthique

 

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"Vers un eugénisme libéral ?"

Dans son dernier livre*, Jürgen Habermas explique que nous sommes en train de vivre une grande "révolution" : celle de la soumission de la vie à la biotechnologie. "Doit-on laisser les sociétés réguler notre destin génétique ?". Il montre que si les pratiques eugénistes semblent hors de portée, elles ne sont nullement invraisemblables. Il prend comme exemple le développement des diagnostics pré-implantatoires et des travaux sur les cellules souches embryonnaires
Si c'est au sein de notre communauté humaine que nous devons discuter des règles à adopter, les générations suivantes revendiqueront peut-être leur participation à ce débat. "Est-ce que nos enfants seront heureux d'apprendre que nous avons "trafiqué" leur patrimoine génétique ?"
Habernas explique que "sous prétexte d'éviter des pathologies dont l'extrême gravité est indubitable, la société ne doit pas laisser se développer un eugénisme négatif". Pour lui, ce n'est pas "aux apprentis sorciers de la biotechnologie de décider seuls de la vie qui vaut d'être vécue". 

L'avenir de la nature humaine : vers un eugénisme libéral ? de Jürgen Habermas chez Gallimard.

La Croix (Jean-François Petit) 05/12/02 - Libération (Robert Maggiori) 09/01/03

 

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