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Le 18 avril 2007, la Cour suprême des États-Unis a validé, par 5 voix
contre 4, la loi interdisant l’avortement par naissance partielle sur
tout le territoire des États-Unis (Partial-Birth Abortion Ban Act), loi
fédérale adoptée en octobre 2003 par les deux chambres du Congrès et
promulguée le 5 novembre par le Président George W. Bush. Toutes les
juridictions inférieures saisies par les partisans de l’avortement
avaient invalidé cette loi au motif qu’elle ne comporte pas d’exception
si la santé de la femme est menacée ; en 2000 et pour la même raison, la
Cour suprême avait aussi invalidé une loi similaire du Nebraska. Par
cette récente validation, c’est la première fois depuis la décision "Roe
vs Wade" autorisant l’avortement en 1973 que la Cour met un frein à
l’avortement au niveau national.
L’avortement par naissance partielle
Cette méthode d’avortement tardif, au-delà de douze semaines, dite "par
dilatation et extraction", consiste à extraire d’abord les jambes et
le torse du fœtus, puis à aspirer chirurgicalement le contenu de la
boîte crânienne de l’enfant pour faciliter le passage de la tête. Cela
permet de tuer l'enfant avant sa naissance complète et évite ainsi que
sa mort provoquée ne soit considérée comme un homicide.
Environ 10% des 1,2 millions d’avortements pratiqués chaque année aux
États-Unis ont lieu au-delà du troisième mois de grossesse, et cette
technique concerne quelques milliers d’entre eux.
Discussions sur l’avortement
Certes, cette victoire pour les pro-life est modeste. La décision de la
Cour suprême ne permet d’éliminer qu’un des nombreux procédés
d’avortement ; aucun bébé ne sera sauvé par cette décision car il existe
bien d’autres méthodes pour avorter les fœtus arrivés à un stade avancé.
Néanmoins, l’arrêt reconnaît que "le gouvernement possède un intérêt
légitime et substantiel à protéger et défendre la vie fœtale". C’est
la première fois en 34 ans que la Cour autorise une restriction à
l’avortement, et, comme le conclut le cardinal Rigali, président du
Comité des évêques américains pour les activités pro-life : "La Cour
affronte la réalité tragique de l’avortement de façon plus claire et
plus libre ; elle en parle de façon plus transparente qu’avant. Nous
espérons que cette décision marque le début d’un nouveau dialogue sur
l’avortement ; un dialogue impartial, qui accorderait une attention
particulière aux réels intérêts des enfants pas encore nés ainsi qu’à
leurs mères, à la nécessité d’une profession médicale éthiquement juste
et au besoin désespéré de la société d’une base de respect pour chaque
vie humaine".
L’arrêt "Roe vs Wade" controversé
L’avortement a été légalisé aux États-Unis par l’arrêt "Roe vs Wade" en
1973. Les deux femmes à l’origine de cette décision, Norma McCorvey et
Sandra Cano ont déclaré, en juin 2005, devant la Commission des affaires
juridiques du Sénat, que "des avocats s’étaient servis de leur
détresse pour mener un combat qui n’était pas le leur" ; elles n’ont
d’ailleurs jamais avorté et demandent aujourd’hui l’interdiction de
l’avortement. Leurs avocats d’aujourd’hui ont notamment insisté sur le
fait que les récentes connaissances scientifiques sur l’avortement et
ses conséquences nécessitent un nouvel examen, mais la Cour suprême a
refusé jusqu’à présent de réexaminer sa position. De même, le Dr Bernard
Nathanson, un des investigateurs du lobby pro-avortement Naral, explique
comment dans les années 70, il a manipulé l’opinion publique par des
chiffres fictifs : "nous savions que les avortements illégaux
provoquaient chaque année la mort de 200 à 250 femmes, aux médias nous
annoncions 10 000". Aujourd’hui, le Dr Nathanson marche aux côtés
des manifestants contre l’avortement.
Laisser chaque État légiférer ?
Sans renier sa décision "Roe vs Wade", la Cour suprême pourrait laisser
chaque État édicter sa propre législation sur l’avortement. Prenant le
risque d’un recours devant la Cour suprême, la Louisiane et le Dakota du
sud ont voté en 2006 une loi interdisant l’avortement sauf en cas de
danger pour la vie de la mère. La Georgie, l’Ohio, la Caroline du sud,
le Tennessee, le Mississipi, l’Indiana et le Kentucky pourraient
également interdire ou rendre plus difficile le recours à l’avortement.
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