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De l’insuline avec le sang de cordon
D’après une étude menée par les équipes du Pr Colin McGuckin (Newcastle
Center for Cord Blood, Newcastle University) et du Pr Larry Denner
(Stark Diabete Center, University of Texas Medical Branch), il est
possible de créer des cellules productrices d’insuline à partir de
cellules souches de sang de cordon. Ces résultats ouvrent des
perspectives nouvelles pour le traitement du diabète insulino-dépendant
(ou diabète de type 1), maladie due à la destruction des cellules du
pancréas qui assurent la synthèse de l’hormone régulatrice de la
concentration du sucre dans le sang. Dans cette étude publiée dans
Cell Proliferation de juin 2007¹, les chercheurs expliquent avoir
réussi à transformer des cellules souches de sang de cordon en cellules
productrices d’insuline en 21 jours.
Quels espoirs thérapeutiques ?
Ces travaux pourraient permettre de remplacer les greffes de fragments
de tissus pancréatiques contenant des cellules de Langerhans
productrices d’insuline. Nico Forraz, co-auteur de l’étude précise "pour
les personnes souffrant de diabète de type 1, nous envisageons
d’utiliser les cellules souches pour créer des cellules sécrétant de
l’insuline, mais aussi les cellules immunitaires présentes dans le sang
de cordon, qui pourraient permettre de "calmer" les racines auto-immunes
de cette affection qui détruit des régions du tissu pancréatique".
Les banques de sang de cordon
Si l'intérêt thérapeutique de ces études se confirme, la nécessité
d'obtenir des unités de sang de cordon en quantité va très vite
s'imposer.
En France, les autorités sanitaires et éthiques sont opposées à la mise
en place de banques de sang de cordon privées. Pour le Comité
consultatif national d’éthique (CCNE), la constitution de banques
privées pour un usage strictement autologue du sang de cordon est
contraire au principe de solidarité de notre système de santé. En 2002,
le CCNE recommandait donc aux pouvoirs publics de promouvoir un
important développement des banques publiques de sang de cordon à
destinée essentiellement allogénique².
La situation française
En janvier 2006, la France possédait 5 150 unités stockées de sang de
cordon, ce qui ne la plaçait qu'au 16e
rang mondial en nombre d'unités par habitant. Aujourd'hui, en juin 2007,
5 800 unités de sang de cordon sont conservées dans les banques
publiques françaises. Pour être au même niveau que nos voisins
européens, notre stock devrait s'élever à 50 000.
Or sur les quatre établissements hospitaliers faisant œuvre de banques
publiques, deux ont dû arrêter pour des raisons financières. Il ne reste
plus aujourd’hui que deux banques de sang de cordon, à Bordeaux et à
Besançon, celle de l’hôpital Saint Louis à Paris, devant être à nouveau
opérationnelle d’ici peu.
Ce retard est tempéré par la qualité des greffons français pour lequel
la France s'affiche dans le "peloton de tête". Ainsi, l'enjeu de
la France pour rester dans la compétitivité internationale est
d'augmenter la taille de sa banque, tout en conservant l'excellente
qualité de ses greffons.
Un retard à rattraper d’urgence
L’étude qui vient d’être publiée devrait contribuer à rappeler l’urgence
qu’il y a, dans notre pays, à développer la conservation par congélation
du sang de cordon ombilical. "Dans chaque sang de cordon, il est
possible d’obtenir environ 500 000 cellules souches", rappelle Nico
Forraz de l’Institut des Cellules souches de l’Université de Newcastle.
Avec 120 millions d’enfants qui naissent chaque année dans le monde, les
cellules souches de sang de cordon seront prédominantes dans la
recherche sur les thérapies cellulaires.
La Virgin Health Bank
Sir Richard Branson, fondateur et président de Virgin, a annoncé, en
janvier 2007, la création d’un nouveau modèle de banque de sang de
cordon. La Virgin Health Bank sera la première banque de ce type à la
fois privée et publique. Moyennant la somme d’environ 2 270 euros, les
parents qui le souhaitent pourront faire conserver le sang de cordon de
leur enfant pendant 20 ans.
Financée par ses clients et ses investisseurs, la Virgin Health Bank
donnera, gratuitement, 80% de chaque prélèvement à une banque publique.
Les 20% restants resteront la propriété exclusive de la famille.
Par ailleurs, Sir Richard Branson s’est engagé à reverser tous les
bénéfices perçus par le groupe Virgin à la recherche sur les cellules
souches adultes. 
1. Directed Engineering of umbilical cord blood stem cells to produce
C-peptide and Insuline ; L. Denner, Y. Bodenburg, J. G. Zhao, M.
Howe, J. Cappo, R. G. Tilton, J. A. Copland, N. Forraz, C. McGuckin, R.
Urban (2007); Cell Proliferation 40 (3), 367-380.
2. Avis de l’Académie nationale de médecine du 19 novembre 2002 et avis
du CCNE du 12 décembre 2002. |