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Catastrophe ! On veut donner aux animaux des « droits », comme les
droits de l’homme ! Pourquoi ? En s’attaquant à cette question, les
auteurs, un philosophe et un journaliste, s’interrogent en profondeur
sur ce qui sépare l’homme de l’animal. Ce qu’ils découvrent bouscule nos
idées et sonne l’alarme pour l’avenir de notre espèce. Un livre décapant
!
De La Fontaine au New Age
La Fontaine aimait
les bêtes, mais il considérait que l’être perfectible et admirable,
c’était l’humain. Dans l’idéologie du New Age, l’admirable est l’animal.
La vérité n’est pas dans l’homme mais dans la nature. Les humains
d’aujourd’hui ne sont plus censés partager des idées mais des émotions
et le seul domaine où l’on parle d’intelligence, c’est précisément les
études qui cherchent à la repérer chez l’animal...
Votre chien vous parle, mais vous ne le comprenez pas ?
Dialogue de sourds ?
Ce n’est pas vous qui êtes sourd, c’est l’animal qui est muet ! Ne
confondons pas communication et langage. L’homme veut faire connaître à
l’autre, non seulement ce qu’il a « senti », mais ce qu’il a « compris
». Se borner à réagir à une impression par un cri, ce n’est pas du
langage, c’est du réflexe et c’est proche de l’animal. Celui-ci
communique par un signal, qui déclenche une action. Le mot utilisé par
l’humain est un signe, habité par un sens et orienté vers la
transmission d’une connaissance.
L’intelligence humaine agit en se libérant de l’affectivité et en
mettant les choses à distance. Ainsi, le mot « pain » pourra continuer à
intéresser l’homme après qu’il se sera nourri. Autrement dit, il y a
deux principes différents de représentation et de communication : le
concept et l’image. Le concept ouvre l’intelligence à « l’être de la
chose », c’est le propre de l’homme ; l’image vient du monde sensible,
qui déclenche une représentation et pousse à l’action, c’est le
psychisme de l’animal. En somme, la parole humaine exprime la réflexion,
alors que le comportement animal est un ensemble de réactions
d’adaptation entre un organisme et son milieu.
L’animal et la bête
L’animal, c’est l’être animé, doté d’une âme. Parmi ceux-ci, Aristote
distinguait les « animaux » doués de la parole et tous les autres, les «
bêtes ».
Les instincts animaux ne sont pas l’équivalent de la raison humaine :
- la raison est une unité de conduite, fondée sur des processus logiques
et une libre capacité de réflexion. L’homme est un animal doué de
sensibilité, capable de réflexion, de discours et de concept,
- la bête est sous l’emprise de ses tendances et de ses réponses à
l’environnement. Elle est douée de sensibilité, mais privée de raison.
Seul l’homme est capable de comportements qualifiés à tort de « bestiaux
» ; la grandeur de l’homme se dessine en creux dans l’abîme du mal.
L’homme peut utiliser dans la méchanceté toute son intelligence.
L’animal ne peut être cruel car il n’est pas humain. Préméditer un acte,
jouir de la souffrance de l’autre, toutes les cruautés dont l’homme est
capable n’a pas d’équivalent chez la bête.
La bête et l’homme
Ce qui pose un problème aujourd’hui, ce n’est pas la bête, c’est
l’homme. Il perd de vue sa propre originalité. Nous avons de plus en
plus de mal à assumer le paradoxe humain : être des animaux de ce monde
mais également autre chose que de la matière.
Les droits de l’animal ?
Donner des droits juridiquement et politiquement reconnus aux bêtes,
c’est contester la notion même de Droit, qui est propre à l’homme. C’est
abattre l’anthropocentrisme qui place l’homme au centre de la Création.
Ainsi, les droits de l’animal tueraient les Droits de l’Homme.
Hyper-écologie / biotechnologie
Les défenseurs des droits de l’animal sont des ultra-écologistes
pourfendeurs de l’industrie biotechnologique mais ils partagent le même
non-dit : ils oublient le visage et le mystère de l’homme. La dignité
humaine n’est plus au centre. On ne parle plus de l’homme, on parle du «
vivant » qui n’est qu’un matériau. L’hyper-technologie s’arroge le droit
de manipuler l’humain ; l’hyper-écologie résorbe l’humain dans le «
Grand Tout » de la Nature. Ces deux courants font la même impasse sur
l’originalité de l’espèce humaine ; la dignité humaine n’est plus au
centre. Ils oublient ainsi l’essentiel qui est de distinguer entre
la protection d’une espèce et le respect d’une personne et cela
souligne, s’il en était encore besoin, l’urgence de la vigilance
philosophique. 
1. Nous sommes
des animaux mais on n’est pas des bêtes - Libres propos d’un philosophe
sur les animaux et les hommes – Ed. Presses de la Renaissance –
Avril 2007
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