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Le nombre d’avortements ne
cesse de croître en France, mais quel est l’impact psychologique de
l’avortement auprès de toutes les personnes impliquées dans cette
pratique ?
Enquête dans les hôpitaux
Pendant plusieurs mois,
Sabine Faivre a mené une enquête au sein de l’hôpital ; elle a observé
de façon « neutre » et écouté les personnes, de l’assistante sociale au
médecin, des femmes et des couples concernés aux conseillers conjugaux
et aux équipes d’infirmiers ; elle a ainsi retranscrit la réalité vécue
aujourd’hui par chacun des acteurs1.
Des acteurs isolés
Chacun est le maillon isolé
d’une chaîne, sur laquelle il a souvent le sentiment de n’avoir aucune
prise, et qui peut le contraindre à des choix qui transgressent sa
liberté de conscience ; chacun tente aussi de se protéger à la mesure de
ses moyens, le plus souvent en se blindant derrière un mur de silence et
de mensonge pour ne pas reconnaître l’échec de la loi sur l’IVG. A tous
les niveaux, les témoignages sont souvent poignants et si beaucoup de
personnes ont le sentiment de bien faire, l’atmosphère générale qui
règne est celle d’un lieu où le désespoir et la mort ont finalement le
dernier mot ; certains médecins avouent « nous, on croit servir,
alors qu’on enfonce », « l’IVG, ça peut bousiller complètement
une femme (…) mais on n’a pas le choix »…
Quel accompagnement ?
L’enquête menée par Sabine
Faivre montre surtout l’immense solitude et le manque d’information des
femmes qui avortent : vouloir dissuader une femme d’avorter, ne
serait-ce qu’en présentant les alternatives à l’avortement, les aides
possibles… c’est courir le risque de tomber sous le coup d’une poursuite
pénale. Si tout le monde sait intimement que « l’après IVG » sera
douloureux, l’assistante sociale qui se risquerait à aborder le sujet,
dans un but d’information, pourrait être accusée d’avoir voulu dissuader
la femme, alors que ce défaut d’information est ressenti comme une
entrave à la liberté de choisir. « Une femme enceinte en détresse qui
hésite, c’est un peu comme un grain de sable risquant de gripper
l’engrenage ; dans ces conditions, il vaut mieux ne pas perdre trop de
temps », raconte une assistante sociale. Depuis que la loi a inscrit
le délit d’entrave à l’IVG dans le code pénal, les acteurs sociaux
savent qu’ils n’ont pas le droit d’intervenir. La difficulté s’accroît
avec une disposition de la dernière loi : depuis le 4 juillet 2001, les
femmes peuvent même venir avorter sans entretien préalable avec les
assistantes sociales.
A la limite de la
maltraitance
L’auteur raconte la
souffrance de mineures qui ont avorté sous la contrainte et la pression
de leur famille ou d’un tiers, alors qu’elles désiraient garder leur
enfant ; depuis que l’incitation à l’avortement n’est plus un délit
condamnable, comment distinguer l’incitation de la contrainte lorsqu’il
s’agit d’une personne vulnérable et dépendante ?
Mensonge et tabou
A tous les niveaux, on
rencontre un énorme mensonge :
-
mensonge sur les raisons : les femmes avancent l’argument économique
pour ne pas reconnaître qu’elles sont incapables de gérer leur sexualité
et leur fécondité ;
-
mensonge sur la réalité de l’acte : certaines équipes préfèrent l’IVG
chirurgicale parce qu’elles voient la femme partir au bloc et revenir
presque dans le même état ; elles n’ont rien vu, rien entendu, cela leur
permet de gommer l’événement. « Les femmes qui vivent l’IVG sous RU 486
le vivent encore plus mal, parce qu’elles assistent à leur avortement en
direct ; elles récupèrent elles-mêmes les débris de l’avortement » ;
-
mensonge sur les conséquences : la souffrance liée à l’avortement est
taboue, elle n’est pas reconnue dans notre société. Pourtant, les femmes
qui consultent pour un suivi post-IVG savent que pour parvenir à
dépasser leur souffrance et à se reconstruire, il leur faudra apprendre
à nommer l’enfant perdu.
En résumé, l’IVG est vécue
comme un drame totalement isolé : isolé en amont des alternatives qui
pourraient permettre de l’éviter, et isolé en aval des propositions
d’écoute et d’accompagnement qui pourraient permettre de le soigner. Tel
qu’il est conçu, le dispositif ressemble à une sorte d’entonnoir dans
lequel les individus n’ont d’autre choix que s’y engouffrer. Tous
reconnaissent que l’échec contraceptif mène à coup sûr vers
l’avortement. Devant l’urgence à agir, la solution ne serait-elle pas
dans l’éducation à une sexualité responsable qui aurait l’avantage
d’être au service des hommes, dont on parle peu, autant que des femmes ?

1. La vérité sur
l’avortement aujourd’hui, Sabine Faivre, ed. Téqui, 2006 |
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Nombre record d’IVG en 2004
Une récente étude de la
DREES1 indique que le nombre d’avortements ne cesse
d’augmenter en France, pour atteindre 210 664 en 2004 (dernière année
recensée), soit une hausse régulière de 1,8% par an depuis 1995. La part
des IVG médicamenteuses continue de croître (elles représentent 42% en
2004, 38% en 2003) et surtout le nombre d’avortements chez les mineures
est en constante augmentation depuis 1990 et atteint 11 500 en 2004,
soit une jeune fille de 15-17 ans sur cent.
De la contraception à l’IVG
En parallèle, les méthodes
contraceptives sont largement utilisées. 71% des personnes concernées y
ont recours, 68% des 15-19 ans déclarent prendre la pilule et 56%
recourir aux préservatifs. En outre, la « contraception d’urgence »
s’est très fortement développée depuis 1999, date à laquelle elle est
devenue accessible en pharmacie sans prescription médicale. Depuis 2000,
elle peut être distribuée par les infirmières scolaires ; et depuis
2002, elle est gratuite en pharmacie pour les mineures. Plus d’un
million de comprimés de Norlevo ont été vendus en 2005, soit six fois
plus qu’en 1999 ; mais dans 7,5% des cas, la prise d’une « contraception
d’urgence » n’a pas suffi à éviter une grossesse. Rappelons que selon la
période du cycle féminin où elle est prise, soit elle empêche que la
fécondation ne se réalise et a un effet contraceptif, soit, comme
certains le pensent, elle agit en empêchant la nidation de l’embryon
déjà conçu et a alors un effet abortif.
La hausse du nombre d’IVG ne
semble donc pas s’expliquer par une moindre utilisation des
contraceptifs, bien au contraire. Et une étude de l’Inserm, De la
contraception à l’avortement, sociologie des grossesses non prévues2,
le confirme en indiquant que ¾ des grossesses non prévues sont
interrompues par une IVG.
Il est donc illusoire de
croire que la contraception comme la « pilule du lendemain » peut
endiguer l’avortement ; bien au contraire, cette étude confirme que le
développement d’une mentalité contraceptive conduit à toujours plus
d’avortements.

1. Les IVG en
2004, DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation
et des statistiques), Ministère de la santé, Etudes et résultats n°522,
sept. 2006
2. De la
contraception à l’avortement, sociologie des grossesses non prévues,
Questions en santé publique, N. Bajos, M. Ferrand et équipe GINE,
Inserm, 2002 |
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Les 20 et 21 novembre 2006,
se sont tenues à Paris les Journées Cliniques Jérôme Lejeune (JCJL)
consacrées aux perspectives thérapeutiques et à la prise en charge des
personnes atteintes d’une maladie génétique de l’intelligence (trisomie
21, syndromes liés à l’X, syndromes rares…). Médecins et scientifiques
du monde entier ont présenté leurs travaux et leurs observations
cliniques. On peut signaler la présence du Pr. Mobley, président du
Comité scientifique du Congrès (Stanford), du Pr. Tassé (Chapel Hill),
du Pr. Hagerman (Sacramento), du Pr. Sommelet (Nancy)… 450
professionnels de nombreux pays (chercheurs, médecins et paramédicaux) y
ont participé.
Meilleure prise en charge
L’objectif de ces Journées
est de présenter les avancées cliniques et les progrès techniques
réalisés pour une meilleure prise en charge de la personne atteinte
d’une maladie génétique de l’intelligence.
Plusieurs intervenants ont
abordé la problématique de la douleur chez ces patients : « L’interprétation
de la douleur est très abstraite pour les personnes déficientes
mentales, mais ce n’est pas parce que qu’elles ne s’en plaignent pas
qu’elles ne la ressentent pas », a insisté le Pr. Tassé.
Enfin, des programmes de recherche ont
été présentés notamment CiBleS21, un programme à visée thérapeutique
mené par l’Institut Jérôme Lejeune1.
Une maladie orpheline de
recherche
En France, 50 000 personnes
sont trisomiques 21 ; pourtant, cette pathologie reste une maladie
orpheline de recherche. Il n’existe aucune politique publique de
recherche sur cette maladie.

1. L’Institut Jérôme Lejeune
suit actuellement 3 800 patients atteints d’une maladie génétique de
l’intelligence. |
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