L’avortement en Suisse
En
1982, le remboursement de l’avortement a été imposé aux caisses maladies
privées sur présentation d’un double avis médical. Depuis le 1er
octobre 2002, une simple signature de la mère permet l’avortement
jusqu’à la 12è semaine et au delà, un seul avis médical suffit jusqu’à
la veille de la naissance. De plus, les mineures de moins de 16 ans
peuvent avorter sans l’accord de leurs parents.
Le coût réel de l’avortement
Depuis 1988, Pro Life, une association
suisse, fait la démonstration économique que ses membres sont de bons
risques pour les caisses d’assurance-maladie. Ainsi des compagnies
d’assurances helvétiques proposent de réduire de 10 à 40% les primes des
assurances complémentaires des assurés qui renoncent à l’avortement et
éventuellement à l’assistance médicale à la procréation. La
démonstration est faite : les personnes attachées au respect
de la vie ont un comportement qui permet des économies dans le domaine
de la santé. En effet, le coût de l’avortement ne se réduit pas à celui
de l’acte lui-même. Des études
scientifiques internationales récemment publiées méritent attention.
Après l'avortement, le taux de mortalité des femmes augmente globalement
de 60% dans les années qui suivent, la grande prématurité augmente de 70%, d'autres recherches indiquent un taux élevé de récidive à
l’avortement1.
Un comportement responsable
Les membres de
Pro Life se responsabilisent face à
la banalisation de l’avortement et à
l’explosion des dépenses de santé : ils s’engagent à renoncer à leur
droit au remboursement d’un éventuel
avortement offert par l’assurance de base obligatoire et à promouvoir le
respect de la vie dans toutes ses
phases.
Outre les économies directement liées
au refus de
l’avortement, on constate que généralement
les membres pro-life fument moins, boivent moins, dépriment moins. Les
deux plus grandes caisses de maladie suisses s’intéressent aux membres
pro-life en constante augmentation.
Dès
2004, les groupes Helsana et CSS leur offrent, via leurs caisses
partenaires SANSAN et Auxilia, leurs assurances complémentaires,
non obligatoires, à un tarif
préférentiel.
L’objection de conscience
Josef Zisyadis,
conseiller national du Parti ouvrier populaire (POP) a déposé ce
printemps une interpellation urgente visant à faire interdire aux
assureurs d’accorder des rabais « éthiques ». Le Conseil fédéral
(haute autorité politique suisse) vient de déclarer, le 30 mai 2006,
qu’il ne peut être question de mettre en cause le principe de
l’objection de conscience ; en l’occurrence, quiconque a le droit de
renoncer pour lui - même à une prestation de l’assurance de base
obligatoire. D'autre part, il confirme la liberté pour les caisses
maladie de rétrocéder les économies découlant d'un comportement plus
responsable, au moins pour les assurances complémentaires privées.

1.
Deaths associated with Pregnancy Outcome : a Record Linkage Study of Low
Income Women, Reardon et al. Southern Medical Journal, vol. 95, n°8,
August 2002. |
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Chaque
année, 12 000 fécondations in vitro sont réalisées en Belgique,
entre 2 500 et 3 000 enfants naissent par ces techniques et sur les
10 000 couples concernés, 3 700 viennent de l’étranger. Pourtant,
jusqu’à présent, la médecine reproductive et la génétique humaine ne
faisaient pas l’objet d’une législation spécifique, à l’exception de
deux arrêtés royaux relatifs aux normes des centres d'assistance
médicale à la procréation (AMP) et des modalités de remboursement des
fécondations in vitro. Le Sénat belge vient de voter la première
loi qui organise l’AMP et le texte devrait être définitif avant la fin
de la présente législature.
Baliser les pratiques
Le projet de loi parle d’ « auteur(s)
du projet parental », une notion floue qui vise tous les couples,
mariés ou non, hétérosexuels ou homosexuels ainsi que les célibataires.
Il fixe une limite d’âge pour les femmes : 45 ans maximum pour le
prélèvement d’ovules et la demande d’implantation ; 47 ans pour
l’implantation d’embryon et l’insémination. Les patientes mineures
(moins de 16 ans) sont exclues, sauf exception médicale (par exemple,
une jeune fille atteinte d’un cancer qui veut préserver ses ovocytes
avant un traitement de chimio-thérapie). Il autorise le diagnostic
préimplantatoire et la conception de "bébé-médicament".
Enfin, le texte permet l’insémination et
l’implantation post-mortem d’embryons surnuméraires si le père a donné
son accord de son vivant.
L’enfant : objet d’une convention
La loi prévoit une convention entre les
patients et le centre d’AMP, précisant leur identité, leur âge, leur
adresse et la méthode utilisée. Le sort des embryons surnuméraires y est
évoqué, notamment pour régler les situations embarrassantes telles
qu’une séparation, une divergence d’opinion insoluble entre les auteurs
du projet parental, le décès de l’un d’eux : cryoconservation pendant 5
ans (sauf dérogation), affectation à la recherche ou don. 24 000
embryons surnuméraires sont congelés chaque année. En effet, la
recherche sur les embryons surnuméraires et la création d’embryons pour
la recherche est permise en Belgique depuis mai 2003.
Les
coûts de l’AMP en Belgique
La
FIV est prise en charge pour qui est affilié à une mutuelle, y compris
les personnes homosexuelles. Chaque traitement revient à 1 587 euros par
cycle, dont 170 euros à la charge du patient et 6 cycles par femme
pourront être remboursés. Pour l’année
2001,
l’assistance médicale à la procréation a coûté
20 millions d’euros
pour 9 462 cycles avec transfert d’embryons « frais » et 2 410 cycles
avec transfert d’embryons congelés, 452 dons d’ovocytes et 48 dons
d’embryons. Le taux de réussite d’une FIV est de 20%. En ce qui concerne
les inséminations, 800 inséminations de sperme avec donneur ont été
relevées en 2002 ; la compensation financière est de 50 euros par don et
le forfait d’accès à la banque de sperme est de 600 euros.
Les
limites
En plus des limites liées à l’âge de la
femme, le projet de loi interdit l’implantation simultanée d’embryons
provenant de donneurs d’embryons surnuméraires différents. Il prévoit
que les embryons surnuméraires d’un même donneur ou couple de donneurs
ne peuvent conduire à la naissance d’enfants chez plus de six femmes
différentes. En revanche, la loi ne limite aucunement le nombre d’ovules
qui peuvent être fécondés et par là même encourage la production
d’embryons surnuméraires réclamés pour la recherche.
Les
questions en discussion
concernent la règle de l’anonymat du donneur qui s’oppose au « droit »
de l’enfant à connaître ses origines et la possibilité de l’appariement
(qui consiste à rechercher des caractéristiques physiques proches des
parents d’accueil) qui ne pourrait pas être considérée comme une
pratique à caractère eugénique. Enfin, la maternité de substitution
(mère porteuse) n’est pas évoquée ni interdite.
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"Soins palliatifs :
la mort des unités est-elle à craindre ?"
Tel était le thème de la journée organisée par la Maison médicale Jeanne
Garnier à l’Assemblée nationale, le 9 mai dernier. Alors que l'on évoque
beaucoup les soins palliatifs et que la loi Leonetti du 25 avril 2005
insiste sur l’urgence à développer l’accompagnement en fin de vie, qu’en
est-il en France aujourd’hui ?
Rapport de la Cour des Comptes
Un rapport de la
Cour des Comptes de septembre 20051
relève que la France reste très éloignée des recommandations du Conseil
économique et social qui préconisait 5 lits de soins palliatifs pour
100 000 habitants (la moyenne est actuellement de 1,2 lits) et insiste
sur les inégalités d’accès aux soins palliatifs, tant au plan
géographique (le centre, le sud-ouest, les zones rurales et celles avec
une forte population vieillissante étant très mal équipées en structures
hospitalières de soins palliatifs) que pathologique ; si les malades
atteints de cancer sont relativement bien accompagnés, les personnes
âgées y ont trop rarement accès, de même que les malades relevant
d’autres pathologies, telles que les maladies neurologiques, cardiaques,
pulmonaires, Alzheimer en phase avancée… Enfin, la Cour des Comptes
regrette que les moyens financiers affectés ces dernières années aux
agences régionales d’hospitalisation (ARH) pour les soins palliatifs
n’aient pas été intégralement dépensés : le taux d’utilisation de ces
enveloppes a été de 61% en 2001 et 40% en 2002. Les ARH ont du répondre
à d’autres priorités du Ministère de la Santé…
L’organisation des soins palliatifs
Il existe trois
types de structures qui accompagnent les malades en fin de vie :
- les unités de soins palliatifs (USP) qui assurent des fonctions
de soin, de formation, d’enseignement et de recherche clinique, 78 en
France ;
- les équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP), au nombre de
326 mais plusieurs départements en sont encore dépourvus ;
- les réseaux de soins palliatifs et de service d’hospitalisation à
domicile (HAD), au nombre de 93 dans 58 départements et 23 régions.
Des chiffres inquiétants
En France, deux demandes
d’admission sur trois reçoivent une réponse négative, et on constate que
le nombre de lits en USP a diminué de plus de 6% entre 2002 et 2003 (de
834 à 782) et que l’effectif médical a diminué de 107 à 91 pour le même
nombre de lits. Pourtant, la loi Léonetti qui conduit à prendre des
décisions de limitation ou d’arrêt de traitement actif oriente
naturellement de nombreux patients vers les unités de soins palliatifs
qui ne peuvent les accueillir faute de place !
Satisfaction des familles
94% des familles ont été
satisfaites ou très satisfaites de la prise en compte de la douleur de
leur proche. Mais beaucoup regrettent d’avoir dû attendre pour être
accueillies, du fait du manque de place en soins palliatifs (55%) ou de
la mauvaise organisation entre les services de santé.
Lieu de vie et école de
vie
Une enquête réalisée
auprès de familles ayant eu un proche hospitalisé à la Maison Jeanne
Garnier montre que pour 67% d’entre elles, il s’agit d’un lieu de vie et
non d’un mouroir et que le temps vécu dans cet établissement a été utile
en leur permettant de vivre une période intense et des échanges profonds
avec leurs proches. Les unités de soins palliatifs constituent aussi une
école de vie. Alors que les étudiants en médecine achèvent leurs études
sans avoir reçu une formation digne de ce nom en matière relationnelle
et d’éthique médicale, Marie de Hennezel propose, dans son rapport, le
passage obligatoire dans une structure de soins palliatifs au cours des
études de médecine. Cette mesure n’est pourtant pas réalisable
aujourd’hui, étant donné le petit nombre de structures existantes.

1 -
Rapport jamais publié et mentionné dans La Croix, 9 mai 2006. |
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