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Lettre d’information et d’analyse sur l’actualité bioéthique |
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N°67 - juillet 2005 |
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220 000 avortements
par an : que faire ?
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Ce recueil passionnant, dirigé par Elisabeth Sledziewski avec la collaboration d'Agnès Guy, réunit philosophes, historiens, médecins, psychologues, témoins et travailleurs sociaux, autour d'un phénomène affligeant : la persistance d'un taux élevé d'IVG dans notre pays (environ 1 conception sur 4 et 1 enfant pour 3 mis au monde). Comment expliquer un tel échec, dans une société de haut développement sanitaire ? Que faire pour y remédier ? Les contributeurs s'expriment à partir d'expériences et de convictions différentes, les uns admettant, les autres refusant de voir dans l'avortement un droit. Mais tous se déclarent alarmés par la fréquence du recours à l'IVG et soulignent l'urgence d'une meilleure prévention de l'avortement. Leur rencontre démontre que, contrairement à ce qu'affirment les "ivégistes", le débat de principe sur ce grave sujet est loin d'être clos. Il a même connu en France, depuis l'allongement du délai légal de l'IVG en 2001, un rebondissement dont ce recueil est le témoin et qui lui a donné l'occasion de s'enrichir de la confrontation de sensibilités diverses. "L'ivégisme" Pour la philosophe Elisabeth Sledziewski, les conditions d'une prise de conscience des dangers de "l'ivégisme" sont réunies aujourd'hui. L'auteur appelle "ivégisme" "l'idéologie qui exalte l'avortement volontaire comme un droit fondamental des femmes et fait de sa conquête législative un enjeu décisif de leur émancipation. (...) Il voit dans la liberté d'avorter, l'emblème de tous les combats contre la société sexiste." L'affirmation et le renforcement de ce droit sont pour les "ivégistes" le critère fondamental de légitimité d'un Etat et la preuve de sa capacité à s'ouvrir au progrès et à la modernité. "Selon la vulgate "ivégiste", l'exercice du droit à l'avortement volontaire est normalement inscrit dans le destin de toute femme." Il ne pose évidemment aucun problème éthique. L'IVG est "une leçon de liberté, de vie, d'humanité." "L'idéologie" ivégiste" s'est dotée en trente ans d'un argumentaire offensif très virulent (...). Son discours dénonce les objections éthiques "en les réduisant à une réaction fanatique, obscurantiste et mysogine". Or pour l'auteur toutes les bonnes volontés doivent être mises à contribution pour lutter contre "une banalisation dont on ne peut s'accommoder" et pour refuser le fatalisme d'un triomphe de la "culture Perruche", qui sape les fondements de l'humanisme contemporain. Il est urgent de prendre conscience de la nécessité de "soulever la lourde chape de conformisme "ivégiste" et d'affronter les choses comme elles sont, en prenant la mesure de leur complexité". L'auteur regrette aussi les modèles "ringards" de la féminité attachés à "l'ivégisme". La valeur accordée par le féminisme à l'IVG exclue la maternité de la féminité et s'aligne sur un modèle incroyablement viril. La liberté de la femme de "plaquer son fœtus" comme autrefois le séducteur plaquait la femme qu'il avait engrossée. Belle victoire de la femme... Travaillons à des modèles féministes plus riches et moins ringards, propose l'auteur. Des chiffres fantaisistes Gérard-François Dumont dans "Nombre véritable des avortements" et Sylvie Caphon dans "Faute de gant d'amour" évoque les vives polémiques entourant le nombre d'IVG avant sa légalisation : estimations des plus fantaisistes avancées par les stratèges. On a pu lire ainsi qu'après la seconde Guerre mondiale de 800 000 à 1 million d'IVG en France se pratiquaient chaque année... Or pour l'IVG comme pour tout phénomène social, on ne doit pas déroger à la vérité des chiffres scientifiquement établis. G. F. Dumont, montre que les estimations officielles élaborées par l'INED dans les années 60-70 se situaient très en deçà des chiffres fantasmagoriques des medias et des hommes politiques et qu'ils étaient encore excessifs. Aujourd'hui malgré les affirmations surestimant le nombre d'IVG en France avant la loi et sous estimant leur nombre après la loi, les faits sont têtus : le nombre d'avortements est plus élevé depuis la loi qu'auparavant. IVG : un moindre mal ? Est-ce tragique ? Sans doute, répond Jacques Milliez. "L'avortement heurte douloureusement l'instinct de maternité, le plus profond de la féminité. Chaque fois il laisse une cicatrice, un vide, une blessure intime qui fait souffrir rien que d'en reparler." Mais d'affirmer aussi que, si l'avortement est une transgression, pour le médecin, la transgression est peut-être un devoir. Liberté de la femme, droit du foetus
Israël
Nisand considérant que les droits du fœtus s'amplifient avec l'âge, estime
que l'allongement du délai légal de l'IVG a rouvert le débat du statut de
l'embryon et du fœtus. (cf. sur les droits de l'embryon, la contribution
de V. Bourguet). Il montre que l'allongement n'est pas une solution car il
ne fait que repousser de quelques jours la problématique du délai et
interfère avec les délais d'interruption de grossesse pour cause médicale
(possible jusqu'au dernier jour de grossesse). Il suggère pour résoudre
cette difficulté, une prise en charge collégiale de l'IVG au-delà du délai
légal. Afin de protéger les droits du fœtus qui se sont accrus au long des
semaines de gestation, les parents ne devraient plus décider seuls et
seraient aidés et conseillés par des médecins et des représentantes des
droits des femmes.
(Contributions de B. Avon, M. Beccaria, V. Bourguet, S. Chaperon, C. Chevallier, F. Couret, J-M. Delassus, M. Delcroix et M. Vincent, F-G. Dumont, F. Goumaz, J. Guibert, F. Guirriec, H. Kafé et N. Brouard, J. Kotoujansky, C. Le Batard, P. Lecorps, D. Marcilhacy, J. Milliez, I. Nisand, R. Prédal, D. Rampon, E. G. Sledziewski, S. Treiner, M. Winckler).
220 000 avortements par
an : que faire ?
Panoramiques, n° 60, 3e trim 2002 ; 207 pp |
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Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, |
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Démaquiller les mots Le Lexique veut remédier à une «manipulation du langage » présente dans les grands débats de société. Trop souvent on fait basculer l'imaginaire des citoyens sans qu'ils s'en rendent compte... N'est-ce pas plus facile de pratiquer une "réduction embryonnaire" qu'un avortement ? D'avoir une "aventure extra conjugale" plutôt qu'être adultère ? D'éliminer un "zygote" ou un "amas cellulaire" plutôt qu'un embryon ? Ce "maquillage des mots" est utilisé pour travestir la vérité. Démaquiller les mots c'est favoriser l'émergence d'une réflexion juste et objective. Préfacé par le cardinal A. Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, le Lexique réunit les contributions de 72 spécialistes de différentes nationalités, parmi lesquels il faut citer : Mgr Vingt-Trois et Mgr Ricard, T. Anatrella, G.-F. Dumont, M.-T. Hermange, X. Lacroix, J.-D. Le Caillon, J.-M. Le Méné, J.-M. Meyer, J. Suaudeau, et parmi les nombreux auteurs étrangers : C. Casini, R. Colombo, M. Schooyans, J. Wilks. Le projet qui a donné naissance au Lexique remonte à la Conférence Internationale du Caire sur la population et le développement (1994) organisée par les Nations Unies. Mgr Jean-Pierre Ricard a expliqué que « certains des participants à cette Conférence s’aperçurent (...) qu'on utilisait, un langage curieux, presque codé, dans lequel certaines expressions apparemment anodines, mais en fait ambiguës ou à double sens, revenaient régulièrement et pouvaient donner le change sur les véritables intentions des organisateurs de la Conférence. Ces mêmes participants s’aperçurent ainsi que cette manipulation du langage n’était pas propre à la Conférence du Caire, mais semblait être devenue une habitude dans ce secteur particulier de l’ONU. Conscients de ce que des personnes non averties pourraient se laisser prendre à ce jeu sémantique dans d’autres réunions internationales, et voter, sans s’en rendre compte, en faveur de motions opposées à leurs convictions, ces délégués demandèrent alors au Conseil pontifical pour la famille, de publier une sorte de lexique des expressions ambiguës ou à double sens utilisées.» Eclairer l'intelligence Homme, femme, quelle différence ? Comment envisager la santé reproductive des femmes ? Jusqu'où le médecin peut-il orienter ses patients dans leurs choix ? Face aux foisonnements des tendances en bioéthique et la teinte a-normative et utilitariste de la bioéthique anglo-saxonne, l’Église rappelle la nécessité d’une base philosophique et anthropologique sérieuse pour de tels débats. Une partie des impasses actuelles dans le domaine de la bioéthique vient de ce que l’on a souvent abandonné les normes universelles du jugement éthique au profit de décisions pragmatiques, prises au nom de biens partiels, et fortement teintées de subjectivisme. Il ne s'agit pas pour l'Église de défendre une morale confessionnelle mais d'éclairer l'intelligence et la raison en vue d'un dialogue tourné vers la vérité. Une partie importante du lexique concerne la famille (couple, homosexualité, "gender") mais aussi la vie humaine, et les menaces qui pèsent sur elle aujourd’hui, en particulier dans ses débuts et lors de son déclin (contraception, avortement, interruption médicale de grossesse, procréation médicalement assistée, euthanasie, démographie)... L'exemple des PMA Procréation assistée et Fécondation in vitro (FIV) par Mgr Bruguès : " En fait le terme même de procréation assistée est parfaitement trompeur car il ne s'agit pas là le plus souvent d'une "assistance" (...) mais d'une substitution. Substitution du médecin manipulateur de gamètes au mari, substitution d'un acte technique à l'union des corps.(...) Même si un jour le progrès des techniques permettait d'éviter la destruction massive d'embryons humains liée aujourd'hui à la pratique de la FIV (96 % des embryons ne sont ainsi "créés" que pour leur perte) qui la rend inacceptable, il n'en faudrait pas moins continuer à dénoncer un procédé qui en fin de compte est déshumanisant." Sont ensuite détaillées les techniques de FIV, (avec ou sans don de gamète, mère porteuse, congélation d'embryon à moins 196°C, "réduction embryonnaire"...) puis les objections morales. "A ses débuts la Fivete a été présentée comme une technique de lutte contre l'infertilité. En réalité elle ne traite pas l'infertilité (...). On avait bien perçu que cette technique ouvrait des perspectives abyssales pour l'avenir de l'homme, telles que l'ectogénèse, la gestation d'embryons humains par des espèces animales, le clonage, la substitution du noyau de l'embryon par un noyau prélevé sur un être humain adulte, sans parler de la médecine dite prédictive." Avec le recul, "nous voyons mieux pourquoi l'Eglise a condamné fermement ces pratiques". Adieu le prêt à penser... A la frontière du droit et de la médecine, et articulé sur la réflexion philosophique, le Lexique est un retour aux sources. Les grands thèmes philosophiques y sont abordés sans complexes : liberté (union libre, libre choix, etc.), droit (droit des femmes, droit à l'enfant, etc.), souffrance... Il ne
s'adresse donc pas uniquement aux catholiques mais à tous les hommes de
bonne volonté qui refusent le "prêt à penser" et souhaitent trouver
des réponses aux questions qu'ils osent encore poser,
particulièrement aux hommes politiques, aux parlementaires, aux éducateurs,
aux ONG et aux centres de formation.
Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques, 1008 pp, Editions Téqui, juin 2005.
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Pro-choice"
: pro avortement
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Dugast
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