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Des risques graves
La Food and Drug Administration (FDA), l'agence américaine chargée, entre
autres, du contrôle des médicaments, a ordonné des mises en garde plus
sévères contre les risques d'infection ou d'hémorragies utérines graves
consécutives aux avortements par RU 486 (mifépristone). Il sera désormais
fait mention, parmi les risques sérieux, des infections graves, des
hémorragies et la mort pouvant survenir après la fin de la grossesse.
Sept décès enregistrés
En effet, entre août 2001 et janvier 2004, sept décès ont été répertoriés
au Canada, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Suède et en Espagne. La
dernière victime est une jeune californienne de 18 ans, décédée d'une
septicémie à la suite d'une infection de l'utérus. La FDA a déjà reçu 676
déclarations d'effets secondaires liés à la mifépristone, dont 17
grossesses extra-utérines, 72 hémorragies sévères et sept cas d'infections
graves.
Le RU 486, pour être efficace, doit être associé à des prostaglandines et
les patientes doivent être étroitement surveillées.

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Aujourd’hui, le
chercheur intervient dans des domaines que les grandes civilisations ont
toujours considérés comme sacrés : la vie, la mort et l’homme. Et les
consciences acceptent ces exploits en s’adaptant aussi vite que progresse
la technologie. Ce livre d’entretiens entre Jacqueline Dauxois et Marc
Andronikov, médecin chef de service des urgences à l’hôpital Antoine
Béclère de Clamart, qui porte en lui toute la lumière du christianisme
orthodoxe, bouscule utilement le consensus mou sur les avancées
scientifiques (1).
A-t-on le droit de refuser ?
Techniquement, on peut tout faire à l’homme. On peut… mais n’a-t-on pas
aussi le droit de refuser ? A-t-on le droit de refuser de se considérer et
de considérer les autres autrement que comme des assemblages d’organes et
de tissus interchangeables ? Quels soins peut-on accepter ? Qui décide de
ce que deviennent nos corps lorsque la conscience les abandonne ?… Est-il
admissible qu’un médecin des urgences puisse décider qu’un malade, qui est
perdu, doive absolument être réanimé au moyen de toutes les machines
respiratoires, toutes les assistances circulatoires… pour qu’on puisse lui
prélever ses organes ? Depuis la loi Caillavet de 1976, le consentement de
la personne est implicite et quiconque n’a pas déclaré de son vivant qu’il
s’opposait au prélèvement d’organe l’accepte. Qui le sait ?
« La mort n’est pas la mort »
La mort n’est plus définie par l’arrêt des trois fonctions vitales ;
aujourd’hui, seule la mort cérébrale est considérée dans le milieu
scientifique et dans la loi comme la mort mais cette définition qui
autorise tous les prélèvements sur les personnes en coma dépassé
n’est-elle pas une erreur scientifique ? On affirme que le cerveau
détermine la mort parce que les atteintes au cerveau sont aujourd’hui
irréversibles alors qu’on peut suppléer aux autres organes, au cœur,
aux poumons par la réanimation. On définit les réalités médicales et la
personne elle-même en fonction de ce qu’il est possible de réaliser
techniquement aujourd’hui. Or la mort est un processus, puisque
toutes les fonctions ne s’arrêtent pas en même temps... Mais la notion de
mort cérébrale permet de prélever avant que les organes qui ne sont pas
encore atteints commencent à souffrir.
Ainsi « le concept d’équivalence entre la mort et le coma dépassé repose
sur trois erreurs grossières : prendre une continuité pour un point,
prendre une partie pour le tout, prendre l’avenir vraisemblable pour un
événement déjà réalisé. »
Le sexe aux urgences : une société déresponsabilisée
Un exemple parmi d’autres, puisé dans ce livre riche d’expériences :
depuis que la pilule abortive, dite du lendemain, est en vente libre, les
jeunes filles ne viennent plus la réclamer aux urgences. Mais on y voit
toujours arriver dans la nuit ou au petit matin, des jeunes gens pleurant,
réclamant la protection médicale parce que leur préservatif a éclaté et
qu’ils craignent d’attraper le sida. L’hôpital est alors sollicité en
urgence pour fournir les trithérapies !
L’homme : un amas de cellules ?
« Mettez un préservatif et faites ce que vos voulez », vous n’aurez plus
de responsabilité vis-à-vis de votre corps et vis-à-vis du corps de
l’autre », clament les publicités. L’homme est réduit à ses organes, ici
l’organe du plaisir ou à ses cellules. Et finalement, dès lors que l’homme
n’est pas plus qu’un amas de cellules, cloner n’est pas pire que de
réduire les embryons surnuméraires, expérimenter sur eux ou les
transformer en cosmétiques, que d’avorter, que de choisir les
caractéristiques génétiques d’un enfant et éliminer celui qui ne peut être
utilisé…A toutes les étapes de la vie, l’homme est encouragé à s’affaler
dans ce qu’il croit être le bien-être au lieu de se redresser pour faire
face. Ce livre oblige à réfléchir.
Établissement français des greffes
Quelques jours après la parution de l'ouvrage, l'actualité nous révèle
l'évolution importante des demandes de greffes d'organes en France. A
cette occasion, l’Établissement français des greffes (EFG) propose une
évolution des pratiques. Afin de pallier le manque de greffons, cet
organisme souhaiterait faire évoluer la réglementation (décret du 2
décembre 1996) afin de rendre possibles les prélèvements en cas d’arrêt
cardiaque ; les organes pourraient alors être utilisés, à condition de les
préserver en y injectant très vite un liquide de refroidissement, par
l’intermédiaire d’un cathéter ; le comité d’éthique de l’EFG a estimé
qu’on pouvait mettre en place ces techniques avant l’entretien avec la
famille ; en cas d’opposition de celle-ci, la sonde serait retirée.
Certitude morale de la mort clinique ?
Enfin quelques jours plus tard, tout en encourageant le don gratuit
d’organes, le Pape Jean Paul II a rappelé qu’il était nécessaire d’établir
avec une certitude morale la mort clinique d’une personne avant de
procéder au prélèvement. Il a demandé à cette occasion à l’Académie
pontificale des sciences de donner une définition précise de la mort.

1 - J. Dauxois et Dr M. Andronikof,
Médecin aux urgences, ed . du Rocher, janv. 2005
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