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Lettre d’information et d’analyse sur l’actualité bioéthique |
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N° Précédent |
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N°64 - Avril 2005 |
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Adoption d’une loi ambiguë sur les droits des malades et la fin de vie |
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Le Parlement français a adopté le 12 avril 2005 la proposition de loi relative aux droits des malades et à la fin de vie qui instaure un droit au "laisser mourir". Finalement, le Sénat s'est rallié au texte voté à l'Assemblée nationale le 30 novembre 2004 (cf. Lettre Gènéthique de décembre 2004). Pas d'obstination déraisonnable Le texte prévoit que les actes médicaux ne doivent pas être poursuivis par une "obstination déraisonnable", expression qui a été préférée à celle d'acharnement thérapeutique. Les travaux de la mission Leonetti, dont s'est inspirée la loi, ont permis de rappeler quelques principes de déontologie médicale connus des médecins, mais ignorés du grand public, en particulier celui selon lequel il est possible d'éviter l'acharnement thérapeutique. La loi précise désormais qu'une personne en phase terminale peut décider de "limiter ou d'arrêter tout traitement" et autorise l'administration de médicaments anti-douleur, même s'ils accélèrent le décès. Interruption de l'alimentation et de l'hydratation ? De l'aveu même de ses promoteurs, ce texte tend à permettre l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation, ce qui constituerait une forme d'euthanasie, demandée par les familles ou une personne de confiance, au nom d'un malade incapable de s'exprimer. Comme l'a souligné Anne-Marie Payet, lors du débat au Sénat, il faut considérer les soins d'hygiène, l'alimentation et l'hydratation, même artificiels, comme des soins minimaux, ordinaires, proportionnés, dus à la personne et non comme des actes médicaux. Un
amendement, déposé dans ce but et voté, n'a finalement pas été retenu, Philippe
Douste-Blazy ayant demandé une nouvelle délibération pour écarter cet amendement
et faire adopter le texte sans modification. Or la loi manque de clarté sur ce
point.
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Terri Schiavo est morte jeudi 31 mars. Cette femme de 41 ans était décrite par certains comme étant dans un état végétatif depuis 1990, suite à un accident cardio-cérébral. Le 18 mars dernier, sa sonde d'alimentation avait été débranchée à la demande de son mari qui avait fait valoir devant la justice qu'elle n'aurait pas voulu d'une telle vie.
Etat végétatif ?
Des soins dus
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Jean-Paul II a développé avec force sa pensée autour de la « théologie du corps »1. Communion des personnes
Jean-Paul II s’est appuyé sur le récit de
la Création dans la Genèse, pour fonder sa réflexion sur le corps humain.
Les signes corporels de la sexualité sont compris dans leur finalité,
expression de la communion des personnes. Contraception et prévention du sida
Jean-Paul II a souvent rappelé la
position de l’Eglise sur la contraception et la prévention du sida. En
1993, en Ouganda devant des jeunes, il expliquait à propos du sida que «
le langage sexuel honnête exige un engagement à la fidélité qui dure toute
la vie. Le lien sexuel fidèle de la chasteté est l’unique manière sûre et
vertueuse pour mettre fin à cette plaie tragique ». Avortement
Pour Jean-Paul II, "la légalisation de
l'interruption de grossesse n'est rien d'autre que l'autorisation, donnée
à des adultes, avec l'aval de la loi, de priver de sa vie, avant qu'il ne
voie le jour, un être humain qui ne peut se défendre". Le Pape y
voyait les fruits d'une "culture de mort", alors qu'il défendait
envers et contre tout, une "culture de vie".
1. La sexualité selon Jean-Paul II, Yves Semen, Presses de la Renaissance, 2004 |
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Droit à la vie : l'objection de conscience des hommes politiques |
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L’objection de conscience, attestée depuis l’Antiquité, se pose avec une acuité nouvelle depuis la légalisation de l’avortement et de l’euthanasie. Si ces lois prévoient souvent une clause de conscience, Michel Schooyans rappelle, dans la Revue de la recherche juridique de janvier 2005, l’urgence de l’objection de conscience des hommes politiques "face à la conspiration contre la vie".1 Une responsabilité partagée
Après avoir éclairé la
conscience morale des médecins, l’Eglise constate aujourd’hui combien il
est urgent d’éclairer aussi la conscience morale des hommes politiques.
Lorsque la loi met en
péril le droit à la vie, l’objection de conscience apparaît, non comme une
option héroïque, mais comme un devoir de tout homme politique chrétien et
de tout citoyen. Dans l’encyclique Evangelium Vitae, Jean-Paul II
rappelle les devoirs de l’homme politique : « Appelés à servir l’homme
et le bien commun, les responsables de la vie publique ont le devoir de
faire des choix courageux en faveur de la vie, surtout dans le domaine des
dispositions législatives… Objection de conscience
Le devoir des hommes
politiques chrétiens, et des chrétiens en général, en matière de respect
de la vie est rappelé clairement dans une note doctrinale à propos de
questions sur l’engagement et le comportement des
1.
L’objection de conscience en matière de matière de santé : le cas des
hommes politiques,
Michel Schooyans,
Revue de la recherche juridique, 2005-1 |
lettre
mensuelle gratuite, publiée par la Fondation Jérôme Lejeune.
Directeur de la publication : Jean-Marie Le Méné et Rédacteur en chef :
Aude Dugast
Contact : - 31 rue Galande 75005
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