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Les questions
relatives à la vie ont fortement marqué la récente campagne électorale
américaine ; lors de la seconde rencontre télévisée entre George Bush et
John Kerry, les questions de l’avortement et des cellules souches ont été
au cœur du débat, des sujets sur lesquels l’opinion américaine est très
partagée, certainement l’un des enjeux majeurs de la campagne.
Les positions de George Bush ont largement contribué à sa réélection,
comme elles inquiètent certains de ses adversaires.
Financement limité
de la recherche sur les cellules embryonnaires
George Bush s'est toujours déclaré opposé à l'utilisation de cellules
souches embryonnaires. En août 2001, il a autorisé le financement public
de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, en le limitant aux
64 lignées de cellules déjà développées en laboratoires dans le monde.
G. Bush a justifié sa décision en affirmant à propos de ces lignées
existantes que « la décision sur la vie ou la mort a déjà été prise et
que cela permet d’explorer les promesses et les potentialités de la
recherche sur les cellules souches sans franchir une ligne morale
fondamentale ». Il a affirmé qu’en aucun cas son autorisation ne
serait élargie à de nouveaux embryons, en précisant qu’il s’opposerait par
tous les moyens, y compris un veto, à une loi qui accorderait un
financement fédéral à de nouveaux travaux.
Interdiction de
tout clonage humain
La Chambre des représentants, à majorité républicaine, a adopté en juillet
2001, le Human Cloning Prohibition Act, interdisant toutes formes de
clonage humain, à des fins reproductives ou thérapeutiques.
Interdiction de l’avortement tardif
En octobre 2003, George Bush a signé la loi interdisant l’avortement
tardif ou avortement par naissance partielle, pratiqué au deuxième
trimestre de grossesse et au delà, qualifiant ces avortements par
dilatation et extraction, de « pratique barbare ». Cette loi
fédérale est la première à poser des limites à l’interruption volontaire
de grossesse, légalisée par une décision de la Cour suprême, « Roe contre
Wade », en 1973.
Personnalité
juridique du fœtus
La loi sur les victimes non nées (Unborn Victims of Violence Act, Public
Law n°108-212 du 1er avril 2004) prévoit que si une infraction est commise
contre une femme enceinte, le responsable sera poursuivi pour un double
délit ou homicide, contre la femme et son fœtus ; elle définit l’enfant
non né comme « un membre de l’espèce Homo sapiens, à quelque stade de
développement que ce soit, porté dans l’utérus ».
Planning familial :
financements gelés
L’aide des Etats-Unis fixée à 34 millions de dollars a été gelée en 2002,
l’administration Bush voulant s’assurer que le Fonds des Nations unies
pour la population (FNUAP) ne finançait pas de campagne en faveur des
avortements et des stérilisations forcées, notamment en Chine. Le 22
janvier 2001, George Bush avait déjà annoncé le rétablissement de
directives interdisant toute aide financière à des programmes de planning
familial dans le monde, promouvant les interruptions volontaires de
grossesse comme méthode de contrôle des naissances.
Les craintes du
planning familial...
« Le Monde » rappelle les trois principales raisons d’inquiétude du
Planning familial. D’abord la nomination de nouveaux juges à la Cour
suprême ; George Bush n’a jamais caché son opposition à l’avortement ; le
rapport de force pourrait être inversé et une majorité républicaine
pourrait revenir sur l’arrêt « Roe contre Wade » qui a autorisé
l’avortement aux Etats-Unis. La seconde inquiétude porte sur
l’interdiction faite par la Food and Drug Administration de vendre sans
ordonnance la pilule du lendemain. La troisième concerne l’information
sexuelle auprès des adolescents pour lesquels l’administration Bush a
promu des programmes d’éducation "à l’abstinence seulement". |
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200
chercheurs, venus du monde entier pour la première édition des Journées
Internationales Jérôme Lejeune sur les maladies génétiques de l'intelligence
(trisomie 21, X fragile, Williams Beuren, syndromes rares...) ont confronté
leurs points de vue pendant deux jours. 30 orateurs parmi les meilleurs
spécialistes mondiaux ont donné le résultat de travaux sur les apports de la
génétique fondamentale, les études expérimentales et la clinique dans la
recherche d'un traitement pour ces maladies. Une des particularités de ce
congrès était de permettre la rencontre et l'échange entre scientifiques
travaillant en génétique fondamentale et ceux au contact des patients. Ces
journées étaient présidées par le Pr Stylianos Antonarakis, directeur de la
division de génétique médicale de l’université de Genève, coordinateur du
consortium sur le séquençage du chromosome 21 et vice-présidées par le Pr
Rethoré, directeur médical de l'Institut Jérôme Lejeune, membre de l'Académie
de médecine, et le Pr Vekemans, chef du service de cytogénétique à l'Hôpital
Necker.
Connaître la trisomie 21
Aujourd’hui, si l’on connaît les pathologies associées à la trisomie 21
(cardiopathies, vieillissement précoce ...), on ne comprend pas les mécanismes
qui en sont la cause. C’est pourquoi l’Institut Jérôme Lejeune a lancé une
vaste étude épidémiologique afin de trouver des corrélations entre les
caractéristiques génétiques des patients et la manière dont la maladie
s’exprime chez certains d’eux. Baptisé Intrepid, ce protocole devrait inclure
jusqu’à 800 patients.
Une voie d’approche thérapeutique
Une autre piste de recherche concerne l’enzyme cystathionine bêta-syntase,
produite en excès chez les personnes trisomiques 21, à l’origine d’une partie
des particularités physiques des malades et sûrement aussi impliquée dans la
déficience mentale. Un programme de recherche a été lancé sur cet enzyme.
Surnommé CibleS 21, il vise à identifier une molécule capable d’inhiber la
CBS.
D'autres pistes de recherche
Le Pr Antonarakis explique que dans la trisomie 21, «seuls 5 % de la
séquence du chromosome ont une fonction importante. Il faut maintenant
identifier cette fonction, puis trouver les séquences en trois copies qui sont
liées à la maladie et, enfin, proposer une thérapie». Le chromosome 21
porte plus de 300 gènes et on peut espérer, sinon parvenir à l’inactiver en
totalité un jour, du moins moduler l’action de certains de ces gènes. Une voie
d’approche thérapeutique serait donc de contrôler la surexpression de ces
gènes en recourant à des inhibiteurs.
D’autres chercheurs comme le Pr. Michel Vekemans, travaillent sur la non
disjonction des chromosomes, la cause première de la trisomie 21.
Soigner : la vocation du médecin
Le Prix scientifique international Jérôme Lejeune d'un montant de 30.000 euros
a été remis au Pr Stylianos Antonarakis par Jean-François Mattei, ancien
ministre de la Santé. Il récompense la contribution exceptionnelle du Pr
Antonarakis au progrès dans la découverte de pistes nouvelles pour la
compréhension et le traitement des MGI. Le jury présidé par le Professeur
Michel Vekemans associait 10 scientifiques et un représentant des donateurs de
la Fondation Jérôme Lejeune.
Dans son discours, Jean-François Mattei confiait "je veux dire mon
admiration et ma gratitude pour un maître auquel je dois tant ... c'est un
honneur pour moi d'avoir été élève de Jérôme Lejeune" ... "Jérôme
Lejeune était un visionnaire. (...) Avec l'arrivée et la banalisation du
diagnostic prénatal, il avait senti qu'une course allait commencer" entre
la recherche pour la guérison des patients trisomiques et leur élimination.
J.-F Mattei a rappelé que "la vocation du médecin reste de soigner."

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