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Lettre d’information et d’analyse sur l’actualité bioéthique |
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N°51 - Mars 2004 |
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Embryon, mon amour, Jérôme Lejeune à Maryville - Céline Siorac, |
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Août 1989 : le procès de Maryville S’il s’agit d’un être humain, il devra, aux termes de la loi, être confié à garde ; s’il est qualifié de bien, rien ne s’oppose à sa destruction. L’avocat de la mère invite alors à témoigner Jérôme Lejeune, connu aux Etats-Unis pour avoir reçu le prix Kennedy à la suite de sa découverte de la trisomie 21, membre de l’Académie américaine des Arts et des Sciences, de l’Académie pontificale des sciences… et dont il espère que les remarquables talents de généticien contribueront à éclairer le magistrat.
Qu’est-ce qu’un embryon ? Initiation aux mystères de la génétique Au contraire, la génétique nous montre que la première cellule de l’embryon en sait plus et est plus spécialisée qu’aucune cellule se trouvant plus tard dans notre organisme. Jérôme Lejeune explique que dès la fusion des gamètes, toute l’information génétique humaine est donnée ; c’est pourquoi il n’y a pas lieu de distinguer selon les différents stades d’évolution. Il compare l’ordonnancement des chromosomes à la réunion de toute l’information nécessaire et suffisante pour dicter la symphonie de la vie : dès la conception, la symphonie se joue elle-même, autrement dit, un nouvel homme commence sa carrière.
Qu’est-ce que la conception ?
Le jugement de Salomon
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Accueillir un enfant condamné à mourir « Un enfant pour l’éternité » retrace l’aventure bouleversante d’une mère qui, confrontée au diagnostic prénatal de la trisomie 18, décide de mener à terme sa grossesse et d’accueillir son enfant condamné à mourir dès sa naissance. C’est un déchirement de suivre pas à pas cette maman qui aime de toutes ses forces l’enfant qu’elle porte mais qui est condamnée à pleurer déjà sa mort inexorablement annoncée. On est brisé, comme elle, son mari et ses enfants, par la tempête de sentiments contradictoires qui s’affrontent douloureusement tout au long de cette attente mais ce cheminement conduit à un sentiment étonnant de plénitude malgré le chagrin. « Plénitude de cet amour gratuit, totalement donné. Plénitude de ce chemin accompli en vérité. Plénitude de cette relation menée jusqu’au bout. » « Aller le plus loin possible dans la relation avec celui qui va mourir, même s’il s’agit d’un enfant à naître, nous a laissé le temps de tout donner, de tout se dire et nous autorise à repartir dans la vie totalement » et Isabelle de Mézerac témoigne : « accepter les limites de la médecine, sans tricher, regarder notre souffrance en face, sans chercher à l’esquiver, affronter la mort à son heure, sans vouloir l’anticiper, c’est tout cela que j’ai appris avec Emmanuel, c’est pour cela que je reprends tout de la vie ! » Elle nous confie aussi la réflexion d’un de ses enfants, le soir de la mort de leur petit frère : « il m’a regardée intensément, à travers ses larmes et m’a assurée qu’il savait maintenant que je l’aurais aimé, lui aussi, comme cela, jusqu’au bout, s’il avait eu un handicap ».
Malaise autour du diagnostic
prénatal
Soins palliatifs en maternité
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L’extraction du nouveau-né, point de départ de sa protection pénale
En
France, la Cour de cassation vient de qualifier d’homicide involontaire le
décès d’un enfant après une extraction tardive due à la faute du médecin
accoucheur. Si cette qualification pénale n’est pas discutable en droit, on ne
peut s’empêcher de comparer la solution retenue à la jurisprudence excluant du
champ d’application de ce délit la mort causée par imprudence à un enfant à
naître, même à terme. Juste avant son extraction, l’enfant n’aurait pas été
regardé comme une personne humaine pénalement protégée, et il est permis de se
demander en quoi la nature humaine d’un enfant change radicalement selon que
l’heure de sa mort a suivi de peu ou précédé sa naissance. Aujourd’hui, en
France, l’enfant à naître est plongé dans le néant pénal : n’importe qui, un
médecin, un automobiliste ou tout autre tiers pouvant causer sa mort en toute
impunité à condition que cette mort survienne avant son extraction. - Cass. Crim. 2 décembre 2003, n° 03-82.840F-D ; Dictionnaire permanent Bioéthique et biotechnologies, bull. 134, février 2004. - Voir aussi Gènéthique n°49 « Amendement Garraud, impossible protection pénale de la femme enceinte ». |
lettre
mensuelle gratuite, publiée par la Fondation Jérôme Lejeune.
Directeur de la publication : Jean-Marie Le Méné et Rédacteur en chef :
Aude Dugast
Contact : - 31 rue Galande 75005
Paris - Tél : 01.55.42.55.14
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