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Lettre d’information et d’analyse sur l’actualité bioéthique |
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N° Précédent |
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N°48 - Décembre 2003 |
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Le projet de loi de bioéthique a été adopté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 11 décembre 2003 (voir les explications de la 1ere lecture dans Gènéthique N°38, février 2003).
Recherche sur l’embryon humain Les recherches se feront sur : - les embryons "surnuméraires", conçus in vitro, avec le consentement écrit du couple dont ils sont issus (art. L2151-3), - les embryons et fœtus issus d’interruption volontaire de grossesse, avec le consentement écrit de la femme (art.L.1241-5), - les tissus embryonnaires et fœtaux importés aux fins de recherche ; leur importation, comme leur exportation, est désormais possible avec l’autorisation préalable de l’Agence de biomédecine (art.L2151-3-1). Afin de démarrer ces recherches dès la promulgation de la loi, le ministre de la santé a prévu un régime transitoire.
Clonage "Bébé-médicament " Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est élargi afin de permettre la conception de « bébés médicament » (nouvel art. L.2131-4-1A du code de la santé publique) lorsque « le couple a donné naissance à un enfant atteint d’une maladie génétique entraînant la mort dès les premières années de la vie…»
L’amendement propose au couple de concevoir des embryons et de sélectionner
parmi eux celui qui ne sera pas atteint par la maladie et qui sera compatible
avec l’enfant déjà né, pour le sauver, en prélevant des cellules dans le cordon
ombilical. |
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Embryon humain Cellules souches embryonnaires Les cellules qui composent l'embryon sont appelées « souches » car elles ont la possibilité de fabriquer toutes les autres cellules du corps humain pour produire muscle, peau, nerf… Remarque : Le projet de loi de bioéthique prévoit l’utilisation de ces cellules souches à des fins dites thérapeutiques. Mais cela suppose la destruction des embryons et donc l’instrumentalisation d’êtres humains au profit d’autres êtres humains. Cellules souches adultes Certaines cellules du corps humain adulte sont appelées « souches »car elles peuvent aussi fabriquer un grand nombre d’autres cellules. Ainsi, les cellules nerveuses peuvent générer des neurones ou se transformer en cellules musculaires, les cellules de pancréas se trans-différencier en cellules de foie... (Voir Gènéthique N°32, N°33 et sur www.genethique.org le dossier "cellules souches"). Remarque : à la différence de la recherche sur les « cellules souches embryonnaires », la recherche sur les « cellules souches adultes » ne pose aucun problème éthique tout en étant déjà plus efficace.... Recherche sur l’embryon Envisagée par le projet de loi de bioéthique, elle ne vise pas à soigner un embryon malade, mais à prélever les cellules d’un embryon (en le détruisant) pour les utiliser comme matériau d’expérimentation.
Clonage humain Technique : on enlève le noyau de l’ovule et on le remplace par le noyau d’une cellule (non sexuelle) prélevée sur le corps d’un donneur. On obtient ainsi un embryon « jumeau » du donneur, à quelques années près.
Reproductif ou "thérapeutique" Remarque : Faire un clone pour la recherche, c’est donc créer un embryon qui sera ensuite détruit et utilisé comme matériau de recherche.
Certains
préfèrent appeler le clonage "thérapeutique" « transfert de noyaux de cellules
somatiques » afin de le faire accepter plus facilement. |
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Amendement Garraud, impossible protection pénale de la femme enceinte... |
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Le lobby pro-avortement s’est abattu sur l’amendement Garraud qui créait le délit d’interruption involontaire de grossesse et comblait un vide juridique.
Vide juridique Cette jurisprudence a été abandonnée en 1999 et 2001 et désormais la Cour de cassation ne reconnaît l’homicide involontaire qu’à partir de la naissance de l’enfant (Gènéthique N°39, mars 2003). L’amendement Garraud
Afin de
renforcer la protection juridique de la femme enceinte, l'amendement Garraud,
voté dans le cadre du projet de loi visant « à adapter la justice à la
criminalité », visait à créer le délit d’interruption involontaire de grossesse
ayant entraîné la mort d'un enfant à naître sans le consentement de la mère, en
prévoyant une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende en cas
d’interruption de grossesse causée « par maladresse, imprudence, inattention,
négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence ». Devant
le tollé provoqué par les lobbies pro-avortement, le Garde des Sceaux a décidé
de ne plus soutenir cet amendement qu’il avait auparavant approuvé. Dans le Figaro du 2 décembre, le Professeur Michèle Laure Rassat s'étonne : "on a du mal, devant le bon sens d'une semblable disposition, a comprendre le tollé qu'elle soulève et l'on ne peut que se demander, s'il relève d'une totale méconnaissance par leurs auteurs de ce dont ils prétendent parler ou d'une volonté d'agitation de principe."
S'agissant de l'IVG, le Pr Rassat rappelle l'article 1er de la loi Veil de 1975 : "la loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi". Autrement dit, elle précise que l'IVG est une exception par rapport aux autres règles juridiques. Pour modifier la loi sur l'IVG, il faudrait spécifiquement toucher à cette loi, elle ne peut pas être atteinte "en ricochet".
La Cour européenne au secours de la
femme enceinte ?
Le 10 décembre dernier, une
Française dénonçait le refus par la juridiction française de qualifier
d’homicide involontaire l’atteinte à la vie d’un enfant à naître qu’elle
portait et qu’elle a perdu à la suite d’une erreur médicale (elle a été
confondue avec une femme qui voulait retirer son stérilet). |
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Désaccord des ministres
L’impasse
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lettre
mensuelle gratuite, publiée par la Fondation Jérôme Lejeune.
Directeur de la publication : Jean-Marie Le Méné et Rédacteur en chef :
Aude Dugast
Contact : - 31 rue Galande 75005
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