|
Lettre d’information et d’analyse sur l’actualité scientifique |
|||
|
|
N° Précédent |
|
|
|
N°36 - Décembre 2002 |
|||
|
Dans le cadre de l'examen des lois de bioéthique des 29 et 30 janvier 2003 au Sénat, N. About et F. Giraud, président et rapporteur de la Commission des affaires sociales, ont entamé le 4 décembre les auditions de médecins, chercheurs, représentants des religions, et conseillers de la Grande Loge et du Grand Orient. Afin d’en mesurer l’enjeu nous vous proposons ici un parallèle entre le texte voté en première lecture à l’Assemblée nationale en janvier 2002 et l’audition au Sénat de J.F. Mattéi, ministre de la Santé. La recherche sur l'embryon est la clef du débat : recherche sur les embryons surnuméraires, création d'embryons pour la recherche, clonage...
|
|
Le 5 décembre 2002 la revue « Nature » publie l’article annonçant le séquençage du génome de la souris, article signé par plus de 200 auteurs, dont l’équipe de Stylianos Antonarakis subventionnée par la Fondation Jérôme Lejeune. Ce travail a provoqué de nombreuses réactions dans les milieux scientifiques car il est essentiel pour la recherche biomédicale et la compréhension de la génétique humaine. Une souris modèle La
souris est l’animal le mieux connu sur le plan de la biologie et sert de
modèle pour de très nombreuses maladies. Le décryptage du génome
permettra de mieux comprendre la relation entre les caractéristiques
(physiologiques, pathologiques, physiques) et les gènes. Mais c’est
surtout la comparaison du matériel génétique humain et murin qui sera
riche d’enseignement. Car la souris est utilisée de manière intensive
dans la recherche biomédicale qui en produit plusieurs millions chaque
année. Elle a des capacités de reproduction extraordinaires, chaque
femelle pouvant donner naissance de 15 à 150 souriceaux par an !
Ces capacités permettent d’obtenir des lignées très stables et de les
modifier de manière ciblée par sélection ou manipulation génétique.
On peut étudier les réactions d’une souris chez qui on a inséré
plusieurs exemplaires du même gène ou chez qui on a inactivé un gène
(souris ko ou knock-out). Des lignées de souris ont été créées de
cette manière, présentant des maladies connues chez l’homme et servant
de modèles pour la compréhension de ces affections et la recherche de
traitements (cancers, obésités, hyperlipémie, arthrose, trisomies,
etc.) : dans les catalogues spécialisés, il est possible de trouver
plusieurs milliers de types de souris, chacune étant un modèle d’une
maladie différente… Chaque type est parfaitement identifié, toutes ses
constantes biologiques et phénotypiques sont parfaitement connues. Ce
travail est considérable car, si la création d’une lignée mutante coûte
entre 30 000 et 60 000 €, la caractérisation précise
d’une nouvelle lignée est beaucoup plus coûteuse et peut prendre des
années d’efforts. La souris et l’hommeIl
est remarquable de constater que notre lointaine cousine, nos ancêtres
communs remontant à quelques 80 millions d’années, est très
proche de nous dans son génome et dans son fonctionnement. En
attendant de nous aider à comprendre la fonction de chaque gène, le
simple séquençage de son génome nous donne déjà quelques indications
précieuses : L’ADN de pacotille, pas si pacotille... La proportion du génome identique entre la souris et l’homme est plus importante que prévue et ne porte pas sur le seul génome codant pour des protéines (gènes). Pour les portions ne codant pas pour des protéines, l’ADN appelé par certains ADN poubelle ou ADN de pacotille (junk ADN), semble avoir une très grande importance. Il constitue la majorité du génome, 90% chez l’homme. Par exemple le chromosome 21 humain porte un très petit nombre de gènes. Ces gènes sont situés chez la souris sur les chromosomes 16, 17 et 10. Le chromosome 21 humain a été considéré comme un désert sur le plan des gènes, avec 240 gènes seulement et de très larges plages d’ADN non codant. Ces larges plages non codantes se trouvent conservées sur les zones correspondantes chez la souris soulignant l’intérêt de cet ADN dont la fonction est encore à découvrir. Les
progrès continus et rapides autour de la génomique incitent donc les
chercheurs à être de plus en plus optimistes pour découvrir, à côté
de la thérapie génique, de nouvelles voies thérapeutiques, y compris
pour les maladies chromosomiques comme la trisomie 21. |
lettre
mensuelle gratuite, publiée par la Fondation Jérôme Lejeune.
Directeur de la publication et Rédacteur en chef : Jean-Marie Le Méné
Contact :
Aude Dugast - 31 rue Galande 75005
Paris - Tél/Fax : 01.55.42.55.14
contact@genethique.org
|
|