Vincent Lambert : "Prendre aujourd’hui la décision d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent revient à le mettre à mort"


Qui veut la peau de Vincent Lambert ? Entamée en janvier, suspendue par un recours auprès du Conseil d’Etat, une procédure collégiale – la quatrième – menée par le professeur Vincent Sanchez, du CHU de Reims, vient de se prononcer une nouvelle fois en faveur de « l’arrêt des traitements » administrés aujourd’hui à Vincent Lambert au motif que ceux-ci, vu l’état du patient, relèveraient de l’acharnement thérapeutique. Si cette décision a été saluée par certains membres de la famille de Vincent Lambert, notamment son neveu, qui a toujours milité pour qu’on laisse Vincent mourir, elle a provoqué la colère des membres de son Comité de soutien qui se battent pour qu’il soit maintenu en vie.

 

Ceux-ci rappellent notamment à travers un communiqué « que la situation de Vincent Lambert est positive, qu’il respire de manière autonome, que son état général est stable et qu’il ne relève pas d’une obstination déraisonnable. » Selon eux Vincent, qui est hospitalisé depuis près de dix ans à la suite d’un grave accident de la circulation, « n’est ni sans conscience ni sans relation » et qu’ainsi « on ne peut donc absolument pas dire de sa vie qu’elle est simplement végétative. » Plusieurs fois envisagée, toujours repoussée, faisant l’objet d’une bataille juridique et technique, la décision d’arrêts des traitements implique que cessent aussi l’hydratation et l’alimentation (autrefois considérés comme des soins élémentaires) prodigués au patient, ce qui le condamnerait à brève échéance, même si Vincent Lambert a déjà pu faire preuve dans le passé, dans des circonstances similaires, d’une résistance surprenante.

 

L’issue, cependant, ne ferait cette fois aucun doute puisque, à la suite de plusieurs décisions de justice, l’autorité souveraine et finale a précisément été déléguée à la décision collégiale, ce qui n’était pas le cas lors des précédentes décisions d’arrêt, où des recours suspensifs étaient encore autorisés. « Prendre aujourd’hui la décision d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent revient à le mettre à mort alors que plusieurs établissements sont prêts à le prendre en charge », insistent ses soutiens, parmi lesquels les parents de Vincent Lambert, qui ont toujours souhaité lui faire quitter le CHU de Reims. Et le communiqué de conclure que, « au-delà de Vincent, cette grave décision aura des répercussions sur des centaines de patients dans le même état ».

 

Article publié initialement dans le magasine Valeurs actuelles sous le titre : Vincent Lambert bientôt euthanasié ?