Vincent Lambert entre la vie et la mort



« Le coup de force continue, il est encore temps d'arrêter cette folie », ont réagi Me Jean Paillot et Me Jérôme Triomphe, les avocats des parents de Vincent Lambert. Ces derniers ont appris ce lundi par mail que la décision du Dr Sanchez de mettre fin à la vie de leur fils allait être exécutée ce matin même. « C'est une honte, un scandale absolu, ils n'ont même pas pu embrasser leur fils ».

 

Pourtant vendredi dernier, le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) a redemandé à la France de « prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que l'alimentation et l'hydratation entérales » de Vincent Lambert « ne soient pas suspendues pendant le traitement de son dossier par le Comité », tandis que le Défenseur des droits s’est finalement déclaré incompétent pour se prononcer dans cette affaire.

 

Pas moins de 250 personnes se sont rassemblées dimanche après-midi devant le CHU de Reims pour soutenir les parents de Vincent Lambert qui ont demandé que leur fils handicapé soit transféré dans un établissement spécialisé. « On est parti trois jours, on est revenu, il pleurait quand il nous a reconnus. C'est horrible, j'ai toutes ces vidéos, je les montrerai un jour », a expliqué Mme Lambert, éplorée. « On va détruire tous les handicapés ? Ce n’est pas possible. Il y en a 1 700 comme lui, ses compagnons d'infortune qui sont là, avec lui », a-t-elle lancé.

 

Parmi les nombreuses réactions, le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Eric de Moulins-Beaufort, a appelé vendredi à prier pour que la société française « ne s'engage pas sur la voie de l'euthanasie ». Il a rappelé que Vincent Lambert « si dépendant soit-il (...) n'est pas en fin de vie », invitant à « attendre la réponse sur le fond » du CIDPH de l'ONU.

 

« La mise à mort de Vincent Lambert par insuffisance rénale provoquée a commencé », a constaté Jean-Marie Le Méné, le président de la Fondation Jérôme Lejeune, avant d'ajouter, « pourquoi le transfert de Vincent Lambert vers une unité spécialisée n’a pas été obtenue ? La réponse hantera longtemps les complices de ce crime. Il y a des paroles mais aussi des silences qui tuent ».

 

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, a souligné que « derrière Vincent Lambert, c'est la question de notre rapport à l'extrême dépendance qui se joue ». « Si nous entrons dans cette voie dangereuse qui consiste à dire qu'une vie dépendante, une vie fragile, une vie malade, ne mérite pas d'être vécue, alors nous allons construire un monde inhumain et c'est un enjeu majeur des années à venir », a-t-il alerté.

 

Aujourd’hui, Me Paillot a précisé avoir saisi le Conseil d'Etat, la Cour européenne des droits de l'homme et « être sur le point de saisir la cour d'appel de Paris » en vue de contraindre la France à appliquer les « mesures conservatoires » du CIDPH de l’ONU. Il envisage également de saisir le tribunal correctionnel de Reims, afin d’obtenir la radiation du Dr Sanchez. En effet, le dernier rapport d'experts mandatés par la justice rendu fin 2018 mentionnait que la condition médicale de Vincent Lambert « n'appelle aucune mesure d'urgence » et qu’« il existe en France des structures pouvant l'accueillir jusqu'à sa disparition si le maintien au CHU de Reims s'avérait impossible pour des raisons autres que relevant de la simple technique médicale ».

 

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Sources: 

AFP (18/05/19, 19/05/19, 20/05/19) ; Fondation Jérôme Lejeune, Jean-Marie Le Méné (20/05/19) - Scandaleuse mise à mort de Vincent Lambert