Vers une simplification de l’obtention des cellules iPS ?



Depuis 2006, date à laquelle Shinya Yamanaka a découvert une méthode permettant de ramener des cellules différenciées à leur état pluripotent, les scientifiques utilisent sa « recette » pour obtenir des cellules souches pluripotentes induites (iPS). Le protocole repose sur la surexpression de 4 facteurs de transcription : Oct4, Sox2, Klf4 et cMyc (OSKM). Cette technique est fiable mais elle entraine parfois des effets non voulus, ce qui a amené d’autres équipes de recherche à ajuster le protocole.

 

Il y a quatre ans, Sergiy Velychko, étudiant diplômé de l'Institut Max Planck en biomédecine moléculaire, du laboratoire de Hans Schöler, travaillait sur le rôle du facteur Oct4 dans la reprogrammation des cellules murines. En comparant diverses mutations du gène codant pour Oct4 et un contrôle négatif sans Oct4, il s’est aperçu que des cellules iPS pouvaient être générées à partir du contrôle négatif. Quelques années plus tard, et ayant reproduit cette première observation  sur des cellules animales, l’équipe vient de publier ses résultats dans la revue Cell Stem Cell : le facteur Oct4 n’est pas nécessaire à la reprogrammation des cellules.

 

En supprimant le facteur Oct4, la reprogrammation est moins efficace mais plus qualitative, explique les chercheurs. Or « l’efficacité n’est pas importante » commente un de leur confrère : « si la lignée est de mauvaise qualité, le risque que ces cellules souches se différencient en cellules cancéreuses est élevé », explique-t-il.

 

Par ailleurs, l’équipe a testé les iPS obtenues par « complémentation tétraploïde », c’est-à-dire en les greffant sur des embryons précoces de souris et en observant leur développement : ces embryons s’étant transformés en souriceaux, les iPS sont capables de se différencier en tous types de cellules de l’animal, ce qui prouve leur pluripotence.

 

Si les résultats doivent encore être vérifiés sur des cellules humaines, Shinya Yamanaka a d’ores et déjà montré son enthousiasme et affirmé que son équipe testerait cette méthode sur des cellules sanguines humaines et les cellules de peau. « Si cela fonctionne dans les cellules humaines adultes, ce sera un avantage de taille pour les applications cliniques des iPS », a-t-il déclaré.


Sources: 

The Scientist, Emma Yasinski (8/11/2019)