Vers l'état de conscience minimale : des avancées ?



« Les soins donnés aux patients en éveil de coma démontrent que le cerveau conserve des capacités remarquables de plasticité », explique le professeur Jacques Luauté, de l’hôpital Henry-Gabrielle de Lyon dans une tribune publiée dans Le Figaro.

 

Il distingue le « niveau » de conscience, l’ouverture des yeux indiquant « qu’une personne est éveillée », du « contenu » de la conscience, des pensées, qui ne peut être « appréhendé que de façon indirecte par des réponses aux questions posées ».

 

Du coma, un « très bas niveau de conscience et de contenu de conscience », on passe à un état végétatif, « alternance d’ouverture et de fermeture des yeux » qui est le plus souvent « une étape dans l’évolution après un coma », pour arriver à un état « pauci relationnel » ou de « conscience minimale » dans lequel les personnes « commencent à montrer des signes de reprise de conscience ».

 

Le professeur souligne l’importance du « pronostic », encore difficile et incertain à cause de « l’hétérogénéité des patients, notamment en ce qui concerne les lésions cérébrales ». Pour l’améliorer, son équipe cherche à développer « une approche intégrant l’ensemble des informations disponibles à la phase initiale avec des techniques d’intelligence artificielle basées sur le big data ».

 

Un autre enjeu de taille est celui de la « détection de la reprise de conscience lors de la période d’éveil », facilitée par « une évaluation répétée par des équipes pluridisciplinaires formées », « l’imagerie fonctionnelle et des explorations physiologiques » pour « évaluer l’activité cérébrale ». Le professeur Jacques Luauté évoque l’utilisation d’ « interfaces cerveau machines » permettant « dans le futur » et « chez certains patients » de « rétablir une code de communication ».

 

Il insiste sur l’indispensable nécessité d’améliorer « la vitesse et le niveau de récupération », expliquant que « les travaux scientifiques » laissent entrevoir « de nouvelles possibilités thérapeutiques » : ambiance, stimulations, certains médicaments… l’organisation de « la filière de soins, la compétence et le dévouement des professionnels » ainsi que les relations avec la famille demeurant les meilleurs atouts pour les patients.

 

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Sources: 

Le Figaro (14/10/2019) - Coma, états de conscience altérée et états végétatifs : quelles avancées ?