Vers des nouvelles thérapies régénératives pour créer des vaisseaux sanguins in-vivo ?



Face au manque permanent de donneurs d’organes, les chercheurs se penchent sur des alternatives. La bio-impression 3D, « pour construire à l’extérieur du corps des organes entièrement opérationnels », a déjà commencé à faire ses preuves, avec par exemple la création de cornées artificielles transplantables pour l’œil. Cependant la bio-impression nécessite des équipements importants, pour réaliser la culture puis la transplantation.

 

Des chercheurs de l’Université de Fribourg et de l’Hôpital Universitaire de Bâle, en Suisse, ont développé une nouvelle thérapie régénérative, pour « se servir du corps comme d’usine de fabrication », s’affranchissant ainsi d’une grande part des contraintes matérielles de la bio-impression. C’est le corps lui-même qui sert de réacteur in-vivo. Déjà utilisée pour les os, cette technologie a été testée pour la première fois pour produire des vaisseaux sanguins.

 

La matrice extracellulaire (MEC) est le milieu dans lequel évoluent les cellules du corps, elle renferme notamment « les informations vitales qui aident les cellules à se déplacer, à croître et à s’organiser en tissus fonctionnels ». Il est possible de copier certaines propriétés de cette MEC dans un hydrogel injectable, chargé de « transmettre des informations biologiques spécifiques » aux cellules visées. Les chercheurs fabriquent cet hydrogel à base d’agarose, extraite d’une algue rouge comestible, une gelée déjà connue en cuisine comme dans les laboratoires de biologie, où elle sert à séparer l’ADN.

 

« Nous avons créé une formulation unique d’hydrogel qui fournit l’environnement idéal pour que certaines cellules s’organisent en vaisseaux sanguins », expliquent les chercheurs, qui ont modifié l’agarose « en fixant une petite molécule (un peptide) qui pourra dialoguer avec les cellules ». « Nous avons montré que ce même hydrogel injecté dans le muscle peut parler au corps et initier la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Auparavant, seul le cartilage ou l’os pouvait être régénéré dans le corps de cette manière », complètent-ils.

 

Les chercheurs espèrent ainsi ouvrir la voie à une nouvelle classe de thérapies, où des injections pourraient contenir toutes les informations à destination des cellules pour « diriger leur organisation en nouveaux tissus fonctionnels » et où l’hydrogel injecté « pourrait devenir aussi utile que les médicaments pharmaceutiques ».


Sources: 

The Conversation, Aurelien Forget (28/04/2019)