Une proposition de loi pour une « aide médicalisée active à mourir »



Comme annoncé cet été[1], le député Jean-Louis Touraine, soutenu par cinquante-trois de ses collègues[2], a déposé une proposition de loi « visant à permettre au patient ‘en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable’ de demander à un collège de trois médecins un geste actif pour mettre fin à sa vie ». Une « aide médicalisée active à mourir » qui serait pratiquée « soit par le patient lui-même, en présence du médecin, soit par ce dernier ».

 

En 2015, lors des débats sur la future loi Claeys-Leonetti, Jean-Louis Touraine avait déjà déposé un amendement similaire. Aujourd’hui, il « relance le débat », pour « mettre fin à une hypocrisie », dit-il. Il s’appuie sur une étude de l’Ined de 2012 « estimant qu’entre 2000 et 4000 personnes terminent chaque année leur vie en France ‘grâce à l’assistance active à mourir’ ». Il estime que « ces pratiques médicales, aujourd’hui incontrôlables et inavouables, génèrent des inégalités considérables devant la fin de vie ». Le député « ignore dans quel délai son texte pourra être examiné », et « s’il a une chance d’aboutir ». Parmi les députés cosignataires, nombreux sont ceux « qui n’ont pas participé aux échanges sur le thème de la fin de vie qui ont émaillé le mandat de François Hollande ». Ils auraient « accueillis de manière favorable » les revendications de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

 

Pour le docteur Anne de la Tour, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, les demandes d’euthanasie sont « rares » sur le terrain. « Il faut les entendre et les accompagner avec humanité. Face à un cri de désespoir, notre réponse ne peut être de donner la mort mais de soulager et d’entourer. Dans nos services, il y a aussi beaucoup de personnes atteintes d’une maladie incurable » qui ne font pas cette demande, mais leur « parole n’est pas médiatisée », regrette-t-elle.

 

 

[1] Fin de vie : une nouvelle proposition de loi en marche

[2] Principalement des députés du groupe En Marche !, et quelques députés socialistes et radicaux de gauche.


Sources: 

La Croix, Pierre Bienvault (19/09/2017); Le Figaro, Agnès Leclair (19/09/2017)