Un outil pour mieux évaluer les patients en état de conscience altérée



Pour évaluer les états de conscience, les travaux, menés par des équipes de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, de l’Inserm et de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière et publiés dans la revue The British Medical Journal, montrent que « l'appréciation des soignants (infirmiers et aides-soignants) concernant l'état de conscience des patients représentait une réelle valeur ajoutée aux diagnostics médicaux et aux examens d’électrophysiologie et d’imagerie cérébrale classiques ».

 

En effet, l’état d’un patient initialement dans le coma peut « évoluer vers un état de conscience altéré tel que l’état végétatif ou l’état de conscience minimale » et il est important de l’appréhender au mieux pour « apprécier l’état du malade », « l’expliquer à ses proches » et envisager aussi l’évolution de son état. Un exercice difficile qui nécessite de recourir à la fois à l’expertise clinique et à la neuroimagerie. Au niveau international, les recommandations insistent « sur la nécessité de répéter les évaluations cliniques en utilisant une échelle spécifique (la « Coma Recovery Scale – Revised »), et l’utilité de les compléter par des examens d’imagerie cérébrale spécialisés (électroencéphalogrammes, potentiels évoqués cognitifs, PET-scan et IRM fonctionnelle) ».

 

Aussi, pour 49 patients hospitalisés, l’étude a cherché à s’appuyer sur « l’expertise du personnel soignant en permanence au contact des patients tout au long de leur hospitalisation », utilisant l’outil Doc-Feeling (Disorders of Consciouness). Une échelle visuelle permet de recueillir le ressenti subjectif des soignants vis-à-vis de l’état de conscience du patient de manière simple et rapide. Ensuite, « la synthèse de l’ensemble des mesures réalisées sur une semaine permet ainsi d’obtenir un score « collectif » entre 0 et 100 ». Sur un an et demi, près de 700 évaluations de plus de 81 soignants ont été réalisées et collectées. L’étude montre que « la valeur médiane des évaluations individuelles réalisées par les soignants était étroitement corrélée aux évaluations cliniques spécialisées approfondies ». De cette façon, il est possible d’augmenter significativement « le nombre d’observations des patients, dont l’état de conscience peut fluctuer au cours du temps », permettant « d’améliorer la précision diagnostique » de leur état de conscience.


Sources: 

AP-HP (22/02/2019)