Trisomie 21 : Cerba assure la fiabilité du nouveau test de dépistage - l'eugénisme droit devant ?



Le laboratoire Cerba, qui développe en France le nouveau test de dépistage non invasif (DPNI) de la trisomie 21, vient d'annoncer, ce 30 septembre, les résultats de son étude clinique SEHDA (séquençage à haut débit et aneuploïdies) : pour 907 femmes considérées comme ayant un "risque" élevé d'être enceinte d'un bébé atteint de trisomie 21, la sensibilité du test dépasserait les 99%. 

 

Une nouvelle étude doit débuter en janvier 2015, sur un millier de femmes, et devrait s'étendre sur six mois. Selon le site Parents.fr, l'objectif serait d' "étendre ce tests à la population en général". Un élément que ne semble pas confirmer le quotidien La Croix s'appuyant sur le prix élevé du test (650€) et le temps d'obtention allongé des résultats. 

 

Actuellement, pour dépister la trisomie 21, un premier test par marqueurs sériques est effectué. Si la maman est considérée comme à risque, elle se voit proposer une amniocentèse ou une biopsie du trophoblaste. Des gestes invasifs qui peuvent être à l'origine de fausse couche dans 1 à 2% des cas. "L'enjeu, selon Cerba, est donc de réduire le recours à l'amniocentèse en procédant à un test supplémentaire quand le premier, par marqueur, est positif", précise le quotidien La Croix. 

 

Mais cette avancée incontestable sur le plan technique réveille des craintes majeures sur le plan éthique. "Le séquençage du génome sur lequel [le test] se base ne risque-t-il pas d'inciter les médecins à repérer du même coup d'autres anomalies pouvant conduire les parents à refuser l'enfant à naître?" interroge la journaliste de La Croix. Si l'éthicien Xavier Lacroix, membre du CCNE, précise que le risque de "dérive eugénique est fort" il rejoint toutefois l'avis du Comité d'éthique pour qui "le test proposé à partir du séquençage de l'ADN foetal sur sang maternel constituerait un progrès d'un point de vue éthique". 

 

Note de Gènéthique

La philosophe Danièle Moyse, expert Gènéthique, dénonce elle bien plus largement le détournement du diagnostic prénatal au profit d'une sélection de plus en plus élaborée des enfants à naître en fonction de leurs caractéristiques, trisomie 21 en tête, mais pas seulement. Relire son entretien accordé à Gènéthique en avril dernier : Le diagnostic prénatal, arme redoutable de la sélection invisible.


Sources: 

La Croix (Flore Thomasset) 01/10/2014 - Parents.fr 30/09/2014 - Gènéthique