Trafic d'organes en Chine: des scientifiques demandent le retrait de 400 études



Un groupe de chercheurs australiens a demandé le retrait de plus de 400 articles scientifiques, suite à la publication dans la revue BMJ Open, de leurs travaux révélant qu’une quantité innombrable d’organes humains ont été prélevés de façon contraire à l’éthique sur des prisonniers au cours des dernières décennies, en Chine. 

 

L’étude a examiné des documents de recherche scientifique publiés de janvier 2000 à avril 2017, soit 445 études portant sur 85 477 greffes. Parmi ces études, 92,5% ont omis d'indiquer si les organes provenaient de prisonniers exécutés, tandis que 99% ont omis d'indiquer si les donneurs avaient donné leur consentement pour la greffe. Les chercheurs dénoncent ainsi le défaut d’information sur la réalité des dons d’organes en Chine. « Les dirigeants de la recherche sur la Chine n’exercent aucune pression réelle pour que (ces études) soient plus transparent(e)s », a ainsi déploré Wendy Rogers, professeur d’éthique clinique à l’Université Macquarie et auteur de l’étude. Lui et Matthew Robertson, un autre spécialiste de l'éthique médicale, ont indiqué qu’ « un grand nombre de témoignages crédibles suggèrent que le prélèvement d'organes ne se limite pas aux détenus condamnés, mais inclut aussi des prisonniers de conscience. Il est donc possible - même si ce n'est pas vérifiable dans un cas précis - que des articles scientifiques contiennent des données obtenues via des prisonniers de conscience tués pour leurs organes ».

 

C’est la première fois qu’une étude de cette nature est réalisée. « Un grand nombre de recherches contraires à l'éthique existe maintenant, soulevant des problèmes de complicité, dans la mesure où la communauté de la transplantation utilise et tire profit des résultats de ces recherches », est-il écrit dans la conclusion de l'étude. 

 

 

Pour aller plus loin :

Les trafics d’organes dénoncés par l’ONU

Transplantations d’organes en Chine : bonne évolution ou trafic caché ?