Soins palliatifs : le cri d’alarme



Michèle Bernard-Requin, « l’une des grandes figures du monde judiciaire français », aujourd’hui accompagnée dans une unité de soins palliatifs parisienne, a envoyé au journal Le Point une lettre « poignante » appelant à maintenir les soins palliatifs, en manque de financements. Dans cette lettre massivement relayée sur les réseaux sociaux, elle exprime en effet son espoir que « le privilège de quelques-uns, les soins palliatifs, devienne en réalité l’ordinaire de tous ». Extrait de son « cri d’alarme » :

 

« Il faut comprendre que le rapport à l'humain est tout ce qui nous reste, que notre pays, c'était sa richesse, hospitalière, c'était extraordinaire, un regard croisé, à l'heure où tout se déshumanise, à l'heure où la justice et ses juges ne parlent plus aux avocats qu'à travers des procédures dématérialisées, à l'heure où le médecin n'examine parfois son patient qu'à travers des analyses de laboratoire, il reste des soignants, encore une fois et à tous les échelons, exceptionnels.

Le soignant qui échange le regard.

(…)

Donc, foin des économies, il faut impérativement maintenir ce qui reste de notre système de santé qui est exceptionnel et qui s'enlise dramatiquement.

J'apprends que la structure de Sainte-Perrine, soins palliatifs, a été dans l'obligation il y a quelques semaines de fermer quelques lits faute de personnel adéquat, en nombre suffisant et que d'autres sont dans le même cas et encore une fois que les arrêts de travail du personnel soignant augmentent pour les mêmes raisons, en raison de surcharges.

Maintenez, je vous en conjure, ce qui va bien, au lieu d'essayer de réduire à ce qui est devenu le lot commun et beaucoup moins satisfaisant. »

 


Sources: 

Le Point (10/12/2019)