Service sanitaire : vers une reprise en main du gouvernement sur les questions de contraception et d’avortement ?


Dès la rentrée 2018, les étudiants de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, ainsi que ceux des filières concernant les soins infirmiers et celle de masseur-kinésithérapeute, devront effectuer un « service sanitaire » obligatoire. 47 000 jeunes sont concernés.

 

Alimentation, activité physique, addictions, mais aussi santé sexuelle et affectives seront au programme de ce service sanitaire. Cinq thèmes « prioritaires » mais non « exclusifs », explique-t-on. L’objectif est de prévenir les comportements à risques dont la fréquence, estiment Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, « reste élevée en France ».

 

« Il se déroulera en trois étapes, précise Frédérique Vidal. Avec tout d’abord une période de formation, pour donner les outils nécessaires aux étudiants. Ensuite, ces derniers vont les déployer en situation, en menant une action de prévention. Enfin, ils effectueront une restitution dans le contexte académique[1]. »

 

Si la perspective d’actions de prévention concernant l’obésité, ou les addictions semble de bon augure, celle concernant la santé sexuelle est affective ne peut manquer d’interroger. Quel sera le contenu de la formation ? Ces interventions seront-elles l’occasion d’une « reprise en main » des consciences sur des sujets sensibles et clivants comme l’avortement, la contraception soumise à des remises en cause de plus en plus vive de la contraception hormonale, la vie humaine ? Les étudiants pourront-ils bénéficier de l’objection de conscience ou seront-ils pénalisés dans leur cursus ?

 

Des expériences pilotes sont prévues dès le mois de mars à Angers, Clermont-Ferrand, Caen et Dunkerque. Dès 2019, le dispositif sera étendu à l’ensemble de la filière santé (ergothérapie, orthophonie, etc…). Enfin, à terme, il est envisagé que ce service sanitaire s’élargisse aux entreprises, aux Ehpad, aux structures médico-sociales, ainsi qu’aux prisons. Une initiative à suivre.

 

Photo : Pixabay/DR

[1] Le monde : Les étudiants de santé devront faire un service sanitaire dans les écoles