Séquençage du génome : Illumina s’installe en France



Illumina, entreprise « numéro un mondial du séquençage de l’ADN » (cf. Une société américaine décrypte un génome humain en trois jours pour 1000 dollars ) vient d’établir son siège français sur le campus de Genopole (Evry), pour regrouper ses quarante salariés et former hôpitaux et laboratoires français à ses appareils de séquençage. La direction de l’entreprise estime que « le marché français émergent de l’analyse du génome » représente une opportunité pour développer son activité. Elle a notamment été sensible au plan « France génomique 2025 » lancé par le gouvernement qui prévoit « l’installation de 12 centres dédiés au séquençage du génome » (cf. La France lancée dans la course à l’ADN , Marisol Touraine : « Nous avons besoin de connaitre le génome de chaque individu » ). De fait, le gouvernement « vise à horizon 2020 235 000 séquences du génome par an » soutenu par un investissement de 670 millions d’euros sur cinq ans. Et Illumina de son côté commercialise « des machines décryptant le génome du patient pour découvrir d’éventuelles altérations de gènes afin de diagnostiquer ou prédire une maladie [1]». Déjà riche de « plus de 240 clients en France », Illumina envisage d’en former des centaines dans son « centre de solutions ».

 

Ndlr : L’entreprise Illumina commercialise entre autre des dispositifs de dépistage prénatal non invasif de la trisomie 21. Cette technique du DPNI, qui repose sur le séquençage de l’ADN fœtal circulant dans le sang de la mère,  draine des intérêts financiers colossaux (cf. Des intérêts financiers à l’origine des pressions visant à intégrer le DPNI dans le dépistage de la trisomie 21 ? ). Illumina vient s’implanter en France alors que les autorités sanitaires ont publiés il y a quelques mois des recommandations pour son insertion dans la politique de dépistage prénatal, et que son remboursement par la sécurité sociale est imminent (cf. Le DPNI entre dans la « stratégie de dépistage de la trisomie 21 », Dépistage prénatal de la trisomie 21 : la HAS juge rentable les nouveaux tests et valide leur remboursement dans la précipitation).

 

[1] MiniSeq System, MiSeqS, NextSeq


Sources: 

La Tribune, Jean-Yves Paillé (29/11/207)