Sédation profonde et continue : les recommandations de la HAS bientôt publiées



Les recommandations de bonnes pratiques sur la sédation profonde et continue de la HAS[1] devraient être publiées dans les jours qui viennent. Elles ont été présentées le 6 mars par Frédéric Guirimand, président du groupe de travail sur le sujet, à l’occasion de la journée de la coordination régionale de soins palliatifs d’Ile de France.

 

Dans ce document, très attendu, « nous n'allons pas rester uniquement dans un cadre législatif mais ce document colle à la pratique clinique », explique Frédéric Guirimand. Le texte doit en effet prendre en compte le « caractère dynamique et évolutif » de la demande du patient. « La tension éthique réside dans la nécessité de répéter cette demande et de ne pas tarder à la mise en œuvre des moyens nécessaires pour soulager », souligne Frédéric Guirimand qui concède qu’il s’agit « d'une "ligne de crête" entre le dynamisme de la demande et l'urgence de sa mise en œuvre ».

 

Aussi la HAS insiste sur le dialogue avec le patient, met un accent particulier sur la procédure collégiale, souligne des « exigences organisationnelles »… enfin, chacune des « situations précisées dans la loi » — une souffrance réfractaire associée à un pronostic engagé à court terme ; une décision d'arrêt des traitements qui engage le pronostic vital et une souffrance insupportable (arrêt de la ventilation) ; et le cas d'une personne hors d'état d'exprimer sa volonté — est prise en compte, l’une après l’autre.

 

Introduite dans le droit français par la loi Claeys Leonetti de février 2016 (cf. Les députés et les sénateurs adoptent définitivement la loi fin de vie et font entrer dans le droit "la logique euthanasique", Confusion, malentendus et méfiance : les conséquences de la loi Claeys-Leonetti,  [Entretien E.Hirsch] La "mort par sédation" ou le reniement de nos "devoirs d'humanité"  et Loi Claeys-Leonetti, un an après, le débat sur la fin de vie), la sédation profonde et continue jusqu'au décès a entraîné une « grande confusion sur les pratiques sédatives, des amalgames et des raccourcis problématiques », estime Bernard Devalois, médecin au CH de Pontoise (Val-d'Oise) et coordinateur du groupe Sedapall à la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).

 

[1] Haute Autorité de Santé.


Sources: 

Hospimédia (08/03/2018)