Royaume-Uni : vers une décriminalisation de l’avortement ?



Alors que l’achat de pilules abortives sans ordonnance est illégal en Grande-Bretagne, les ventes en ligne de ces pilules sont en forte augmentation. Les chiffres gouvernementaux montrent que 375 pilules, envoyées à des adresses en Angleterre, au Pays de Galles et en Ecosse, ont été saisies en 2016, contre cinq en 2013[1]. Ces saisies sont effectuées lors de perquisitions annuelles dans des centres postaux.

 

L’avortement est pris en charge par le NHS et « largement disponible » en Grande-Bretagne, jusqu’à 24 semaines de grossesse (et jusqu’au terme pour les IMG). Mais les avortements « illégaux », « sans contrôle médical », sont punis d’une condamnation à perpétuité, quel que soit le moment de la grossesse où est pratiqué l’avortement. Ainsi deux femmes ont été emprisonnées pour cette raison, en 2012 et 2015.

 

Une proposition de loi présentée par le député Diana Johnson et soutenu par le British pregnancy advisory service (Bpas) sera débattu à la Chambre des communes le 13 mars, pour « décriminaliser l’avortement », c’est-à-dire le supprimer du code pénal. « Ces femmes ne sont pas des criminelles qui méritent d’être emprisonnées à perpétuité » arguent les défenseurs du texte, en s’appuyant sur des témoignages de « femmes désespérées ».

 

Mais d’autres voix s’élèvent pour dénoncer la dangerosité de l’achat de pilules abortives en ligne. Considérant les problèmes de santé pouvant advenir, Clara Watson du groupe Life Charity, estime que « c’est trop risqué ».  

 

 

[1] 270 en 2015 et 180 en 2014.


Sources: 

BBC, Chi Chi Izundu (15/02/2017)