« Retrouver le primat de l’homme dans la vie publique et sociale »



« Il s’agit d’une situation très grave ». Interrogé à propos des « choix » auxquels les soignants sont contraints alors que les moyens manquent pour la prise en charge de tous les personnes atteintes du coronavirus, Mgr Paglia plaide d’abord pour faire « tous les efforts possibles pour augmenter et organiser l’équipement médical ». Ensuite, quand le choix s’avère « incontournable », il estime primordial qu’il ne soit pas fondé « sur une différence de valeur de la vie humaine et de la dignité de chaque personne qui sont, elles, toujours identiques et inestimables ». Il doit concerner « plutôt l’utilisation des traitements de la meilleure façon possible, en fonction des besoins du patient et de l’évaluation des bénéfices cliniques prévisibles ». Il rappelle que « l’âge ne peut pas être un critère de choix unique et automatique : c’est là un impératif catégorique ! ». Une telle posture « signifierait alors l’élimination des personnes âgées ». Il ajoute : « De même, il ne faut jamais abandonner le malade, aussi les soins palliatifs et les traitements de la douleur ne peuvent jamais être négligés ».

 

Alors que la pandémie trouve les systèmes de santé exsangues, le prélat considère que les budgets de santé devront, à l’avenir, faire l’objet d’une attention particulière en mettant « au premier plan la défense et le soutien des personnes les plus faibles par rapport à une économie qui regarde d’abord le profit. Cela nécessitera un changement culturel » qui implique à la fois « une solidarité qui soutient la vie » et de prendre « une direction plus humaniste » pour « retrouver le primat de l’homme dans la vie publique et sociale ».

 

Enfin, alors que les circonstances impliquent une surveillance accrue de la population, Mgr Paglia s’inquiète que la limitation des droits civils et de la liberté des personnes ne soient « irréversible ». En effet, explique-t-il, « l’expérience nous a appris que des mesures approuvées en période d’urgence sont devenues routinières une fois passé l’état de nécessité ». Il souligne dans ce domaine, comme dans les autres, du besoin d’une politique conduite « avec intelligence, audace et créativité ».


Sources: 

La Croix, Nicolas Senèze (02/04/2020)