« Réparer le cœur » : un essai réconfortant à base de cellules souches des patients



La start up Cellprothera, « pionnière dans la régénération cardiaque cellulaire», a tenu vendredi une conférence de presse pour faire part des avancées de son essai clinique (cf. Des essais pour réparer le cœur avec les cellules souches des patients) : trois patients ont récemment reçu une injection intracardiaque de cellules souches sanguines destinées à régénérer leur cœur endommagé par un infarctus. Leur état s’est « nettement amélioré ». Au total, l’essai clinique inclura 44 patients, dont 11 composeront le groupe témoin et recevront un traitement standard. Au terme de cet essai, « si les résultats sont conformes aux espoirs, une phase trois sera lancée, avant la généralisation du traitement ».

 

La phase pilote de cet essai clinique (aujourd’hui en phase I/IIb) s’était déroulé de 2002 à 2007. Plusieurs victimes d’un infarctus du myocarde de mauvais pronostic avaient reçu une injection de cellules souches sanguines particulières (CD34). Ce traitement a eu un « un effet très positif », et « tous les patients sont encore en vie », a précisé le Professeur Philippe Hénon, président et directeur scientifique. Le traitement « évite la survenue d’une insuffisance cardiaque secondaire et écarte, dans les formes les plus sévères, la nécessité d’une transplantation cardiaque ».

 

Depuis, la start up basée à Mulhouse a développé « un automate et des kits à usage unique permettant de produire de façon standardisée et industrielle de 50 à 100 millions de cellules souches sanguines CD34, à partir d’une simple prise de sang » du patient. Environ un mois après l’accident cardiaque, ces cellules sont réinjectées au cœur du patient « au moyen d’un cathéter introduit dans l’artère fémorale, sous anesthésie locale, et injectées dans la paroi du ventricule, autour de la zone lésée par l’infarctus ».

 

L’essai en cours se déroule à Nantes et à Newcastle, au Royaume Uni, où ces incubateurs ont été installés. Il pourrait être étendu en 2018 à Singapour et en 2019 aux Etats-Unis et au Canada. Cellprothera fait toutefois état de ses besoins de capitaux supplémentaires : « 28,3 millions d’euros ont déjà été levés, mais les chercheurs auraient besoin de 40 millions pour remplir leurs objectifs et élargir l’essai ».


Sources: 

Le Point, Anne Jeanblanc (28/01/2017); Pourquoi Docteur, Antoine Costa (28/01/2017)

Photo: Pixabay/DR