Projet de loi de bioéthique : l’IMG, à la marge ?


Alors que le sujet n’a pas été évoqué ni au cours de la consultation des Etats Généraux de la bioéthique, ni dans les Commissions qui ont suivi, l’Intervention Médicale de Grossesse (IMG) apparaît dans le projet de loi aux articles 20 et 21. Vendredi 13 septembre, en soirée, ce texte a été discuté par la Commission spéciale de bioéthique l’Assemblée Nationale.

 

L’article 20 veut légiférer sur la réduction embryonnaire : la technique, souvent employée dans le cadre de la PMA, a pour objectif de supprimer des fœtus dans le cas de grossesses multiples. Aujourd’hui, la pratique n’est pas encadrée par la loi sur l’Interruption Médicale de Grossesse, possible au-delà du délai légal de 12 semaines imposé pour une Interruption Volontaire de Grossesse, en fait, jusqu’à la naissance. L’article vise à combler un vide juridique.

 

Dans le texte proposé aux députés, il est précisé qu’ « aucun critère relatif aux caractéristiques des embryons ou des fœtus, y compris leur sexe, ne peut être pris en compte pour l’interruption volontaire partielle d’une grossesse multiple ». Est-ce que c’est vraiment le cas ? Si un embryon est porteur d’une maladie, il est systématiquement sélectionné et détruit.

 

Le projet de loi veut également autoriser la suppression du délai de réflexion pour une IMG en dehors de tout cas d’urgence. Comme le soulève le député Thibault Bazin, que devient dans ce cas « le consentement éclairé » ? La décision n’est pas anodine pour la femme et pourtant la loi veut banaliser un peu plus encore un acte difficile et douloureux.

Le texte va plus loin dans l’article suivant qui concerne les mineurs. Les députés présents adoptent la suppression de la consultation des parents pour pratiquer une IMG en y mettant pour seule contrainte, celle d’être accompagnée d’une personne majeure de son choix. Alors qu’une femme mineure peut être marquée à vie par ces lourdes décisions, ne serait-il pas plus important de prendre des mesures pour la protéger ? 

 

Malgré l'engagement de certains députés, la question de l’IMG, votée à la marge, semble n'être qu'une simple formalité, alors qu’elle confirme les tendances eugénistes d’une société qui oublie d’être avant tout humaine.

 

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