PPL Claeys-Leonetti: les limites de la "mort sous sédation"



Emmanuel Hirsch a réagi au vote du Sénat de la proposition de loi Claeys-Leonetti jeudi 29 octobre (Cf. Gènéthique vous informe du 30 octobre 2015).

 

Il est revenu sur la sédation profonde et continue (SPC) et insiste sur l'importance d'établir des limites précises entre sédation et euthanasie. 

 

La SPC « abolit intentionnellement les critères de réversibilité et de proportionnalité [qui sont] incompatibles avec son caractère constant et irrévocable ». La SPC ne revient donc pas à « mourir dans son sommeil » car il n’y a pas de possibilité de réveil et « qu’aucune forme de présence » ne subsiste. Elle revient plutôt à « mourir en coma ». La comparaison à une « euthanasie passive » à cause de « l’arrêt systématisé de l’alimentation et de l’hydratation » est de nouveau faite (Cf. Gènéthique du 21 octobre 2015) et les « dérives euthanasiques » sont aussi évoquées. Les soignants pourraient en effet « opter d’emblée et de manière routinière, sur simple demande de ‘la personne malade ou en fin de vie’ pour une SPC ».

 

« La SPC peut de la sorte être envisagée comme une phase de transition terminale, sans souffrance, respectueuse de la personne, entre fin de vie et mort » dans la conception du « bien mourir ». Cependant, Emmanuel Hirsch met en garde contre les « indignités insurmontables » que cette « ‘mort sous sédation’ » pourrait engendrer si la loi instaurait un « dispositif sédatif ultime ».