Pour Simone Veil, l'avortement n'a jamais été un "droit"



Alors qu’était votée, la semaine dernière, « une résolution réaffirmant le droit fondamental à l’interruption de grossesse en France et en Europe » (Cf. Gènéthique vous informe du 27 novembre 2014), Pascal Borie, journaliste et consultant éditorial, réagit dans une tribune publiée sur le site d’information du Huffington Post.

 

Alors que tous les journaux mettaient en avant que l’on fêtait, le 26 novembre dernier, les 40 ans du « droit à l’avortement », le journaliste Pascal Borie tient à souligner qu’il y avait, dans cette manière de présenter les choses, un « problème » : « La malheureuse Simone Veil n'étant plus en âge de le faire, personne ou presque n'a fait remarquer qu'il s'agissait au contraire d'enterrer définitivement sa loi, et que tous ces titres relevaient d'un révisionnisme éhonté. A l'occasion de son propre discours devant l'Assemblée le 26 novembre 1974, celle qui était à l'époque ministre de la Santé avait exposé on ne peut plus clairement l'esprit de sa loi : "Si elle n'interdit plus, elle ne crée aucun droit à l'avortement." »

 

Il ajoute que Simone Veil « jugeait inconcevable d'en tirer une quelconque fierté, c'est lui faire la pire injure aujourd'hui que de falsifier ainsi le sens de la loi qui porte son nom, pour la travestir en un "droit fondamental" aberrant : celui de recourir encore et encore à ce qu'elle a toujours considéré comme une tragédie, et de prolonger indéfiniment ce qu'elle espérait n'être qu'une solution d'exception, faute de mieux. Non seulement madame Veil n'a pas mérité ça, mais elle aurait mérité qu'un peu plus de sept voix défendent son réel combat. »


Sources: 

Huffingtonpost.fr (Pascal Borie) 01/12/2014