Pour Damien Le Guay, l’euthanasie s’insinue progressivement dans les esprits



A la veille du vote de la proposition de loi Claeys-Leonetti,  Damien Le Guay, philosophe, président du Comité national d’éthique du funéraire, membre du comité scientifique de la SFAP[1] et enseignant à l’espace éthique de l’AP-HP « déplore une instauration progressive de l’euthanasie dans les esprits ».

 

« D’une certaine manière, à force de lassitudes et de petits renoncements, on doit constater, tout en regrettant, qu’après quatre ans de débats, un certain consentement euthanasique s’est installé dans les esprits » écrit-il. Ce consentement « est désormais un peu partout présent » :

 

  • Consentement médiatique : Damien Le Guay dénonce « de nombreuses émissions jamais équitables, rarement contradictoires, toujours pro-euthanasie » et des médias acquis à la cause de Monsieur Romero, président de l’ADMD[2].

 

  • Consentement législatif : le principe de « sédation profonde et continue » inscrit dans la loi « est une sorte de philosophie d’interruption préalable de la conscience, une manière d’absenter une personne avant sa mort », « une antichambre sédative pré-mortuaire ». Avec ce « nouveau droit », « des outils euthanasiques seront entre les mains des médecins. Avec bonne conscience, ils ne s’en serviront pas d’eux-mêmes mais répondront, non sans hypocrisie, aux sollicitations comminatoires du malade ».

 

  • Consentement « déjà présent dans les hôpitaux », où les médecins ont de plus en plus de mal à s’opposer « aux demandes pressantes de mise en œuvre de ce droit sédatif » et doivent, de ce fait, faire face à « des situations inextricables ».

 

 

En outre,  « tout ce qui est donné au consentement euthanasique réduit l’espace d’un authentique accompagnement palliatif ».

 

 

[1] Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs.

[2] Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.

 


Sources: 

Le Figaro (25/01/2016)