Pologne : Une proposition de loi pour restreindre l'avortement



En Pologne, une proposition de loi visant à restreindre l’avortement a été déposée au Parlement.

 

Pour l’instant, une loi restrictive de 1993 autorise l’Interruption Volontaire de Grossesse dans trois cas :

  • Risque pour la vie et la santé de la mère,
  • Examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l’embryon,
  • Grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

 

Dans le texte présenté, préparé par l’institut juridique Ordo Iuris, l’avortement ne devrait plus être autorisé que s’il est nécessaire pour préserver la vie de la mère, et la peine maximale serait requise contre la personne pratiquant l’IVG. De deux ans de prison actuellement, elle devrait être portée à cinq ans.

 

S’il est probable que le texte recueille les cent mille signatures nécessaires à son examen par le Parlement, et soit adopté par les députés du PiS [1] majoritaires à la Diète, le chef de ce parti, Jaroslaw Kaczynski, estime qu’il serait préférable de ne pas ouvrir un débat public sur cette question.

 

La semaine dernière déjà, le Club des médecins catholiques de Varsovie, qui a demandé au ministre de la santé Konstanty Radziwill d’interdire la vente libre d’un contraceptif d’urgence, a obtenu que cette pilule ne soit bientôt vendue que sur ordonnance.

 

Ces différentes initiatives en faveur de la défense de la vie suscitent la vive opposition des milieux féministes. Pour Kazimiera Szczuka, critique littéraire et membre du Congrès des femmes polonaises, l’adoption de ce texte « serait une violation des droits de l’homme et de la femme ». Elle entraînerait « la naissance de nombreux enfants présentant de graves problèmes de santé, [ce qui représenterait] un coût considérable pour les hôpitaux », un compromis pouvant être admis pour les enfants trisomiques, « plus facilement pris en charge par leurs familles » selon la militante féministe.

 

[1] Parti Droit et Justice au pouvoir actuellement.


Sources: 

TV5 Monde (30/03/2016)