PMA pour toutes : "On ne change pas l'anthropologie par décret"



 

Alors qu’ « une frénésie de la réglementation et du contrôle, qui autorise tout un chacun à se faire le médecin, le prêtre ou le nutritionniste de son prochain, se déploie tous azimuts », Elisabeth Levi s’étonne qu’il soit cependant « un domaine de l’existence humaine qui échappe à cette libido de surveillance et de punition, c’est la procréation ». « Faire des enfants, c’est l’affaire de chacun. C’est mon choix ».

 

Au seuil des débats sur l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires, force est de constater que « s’agissant des structures élémentaires de la parenté et des règles de la filiation, c’est-à-dire de la façon dont les noms, les biens et les secrets se transmettent, chacun fait ce qu’il veut. Drôle de conception de la vie en société, si inquisitoriale d’un côté et si libérale de l’autre. Et qui oublie de surcroît qu’on ne change pas l’anthropologie par décret. Ni la biologie d’ailleurs ».

 

Cependant, remarque l’éditorialiste, si on peut décider « par voie législative que des femmes seules ou en couple peuvent avoir des enfants, la recette de base pour confectionner un humain n’a pas changé, il faut toujours un ovule et un spermatozoïde, c’est-à-dire, au départ, un homme et une femme. Un couple de femmes – et a fortiori une femme seule – qui souhaite avoir un enfant est bien obligé de recourir à un prestataire extérieur pour se procurer l’ingrédient manquant. C’est précisément ce qu’il s’agit d’occulter ».

 

La PMA pour toutes ressemble à un « fantasme » qui, en réduisant « la puissance de l’homme » à « un tube à essai », donne l’illusion « qu’on a fait un bébé toute seule, ou entre femmes ». Et Elisabeth Lévy remarque que « de ce point de vue, la GPA, c’est-à-dire le recours aux mères porteuses pour les couples d’hommes, est moins radicale, car elle n’élimine pas la présence féminine »… et elle s’interroge sur les « résultats éducatifs » des familles monoparentales dont le nombre ira croissant sous l’égide de cette nouvelle ouverture.

 

Enfin, elle s’étonne : désir, amour, envie, « la pauvreté des arguments avec lesquels nous sommes conviés à faire le grand saut a de quoi faire peur ».

 


Sources: 

Causeur, Elisabeth Lévy (octobre 2018)