PMA pour toutes : avoir un père serait « daté » ?



L’Académie nationale de médecine a rendu un avis officiel, samedi 21 septembre, remettant en cause les études sur lesquelles se sont fondés les parlementaires, et affirmant que « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure ».

 

Réagissant à cet avis, la ministre de la santé Agnès Buzyn l’a déclaré « daté ». Elle a rétorqué que « considérer qu’il y a un lien direct entre défaut de construction de l’enfant et famille monoparentale est faux».

 

Ce faisant,  la ministre ne fait référence qu’aux familles monoparentales, dans lesquelles le père ou la mère est absent, et non aux familles dans lesquelles le père n’a jamais existé, où « l’enfant est né sans lui », ce qui est tout autre. Par son affirmation maladroite, Agnès Buzyn élude la question de la « rupture anthropologique fondamentale» soulevée par l’Académie de médecine : la création de « familles sans père ». Comme l’a rappelé l’Académie « la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l’enfant comme le rappellent des pédopsychiatres, pédiatres et psychologues ».

 

En outre, entendre la ministre de la Santé dire qu’avoir un père serait « daté» peut surprendre. « L’imaginerait-on dire qu’un enfant n’a pas besoin d’une mère? ». 

 

Pour aller plus loin :

L’Académie de médecine s'oppose à la "PMA pour toutes"

Un psychanalyste prend position à propos de la "filiation sans père"


Sources: 

L’Opinion, Hakim El Karoui (23/09/2019) - «PMA pour toutes: avoir un père est-il “daté”?». La chronique de Hakim El Karoui