Nanotechnologies : éviter les dérives éthiques par une meilleure écoute des patients



L’exploitation du progrès technologique dans l’espoir de vaincre le cancer pourrait conduire à des dérives dont il est important de se prémunir, explique François Berger, professeur de neuro-oncologie et de biologie cellulaire à Grenoble. Une réflexion menée notamment avec les nanotechnologies, « techniques hybrides entre la médecine et la physique » qui permettraient de délivrer localement un médicament ou d’augmenter l’efficacité de la radiothérapie « grâce à des particules de l’ordre du milliardième de mètre ». Toutefois, ces nanoparticules sont potentiellement toxiques et la difficulté est d’évaluer le rapport bénéfice risque de leur administration à un patient.

 

L’information claire du patient est cruciale avant de recueillir son consentement. Jacqueline Godet, présidente de la ligue contre le cancer, complète : « Ce qui est frappant, c’est que c’est bel et bien le patient qui analyse le mieux sa maladie ». Par conséquent, l’interrogation du patient est centrale, bien plus que l’enthousiasme du scientifique vis-à-vis de son « pouvoir technologique ». Ainsi, « remplacer des membres entiers » a pu être envisagé par des chercheurs, mais « il s’avère que les patients ne voulaient pas d’exosquelette », illustre François Berger.


Sources: 

Sciences et avenir, Camille Gaubert (4/02/2018)